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François Fillon s'excuse et repart en campagne


Une enquête indique que 68% des Français ne souhaitent pas que le candidat de droite maintienne sa candidature



Fragilisé par les soupçons d'emploifictif de sa femme, le candidat de droite à la pré- sidentielle française François Fillon a reconnu avoir commis une "erreur" en faisant travaillersa famille, tout en tentant de relancer sa campagne, gravement plombée par l'affaire. Les ambitions présidentielles de l'ex-Premier ministre conservateur ont du plomb dans l'aile depuis des révélations de presse selon lesquelles Penelope Fillon aurait perçu plus de 800.000 euros bruts entre 1988 et 2013, pour un emploi présumé fictif d'attachée parlementaire. M. Fillon a également employé deux de ses enfants, qui ont touché 84.000 euros bruts entre 2005 et 2007. "En travaillant avecma femme et mes enfants, j'ai privilégié cette collaboration de confiance qui aujourd'hui suscite la défiance. C'était une erreur, je le regrette profondément, et je pré- sente mes excuses aux Français", a déclaré lundi François Fillon lors d'une conférence de presse, tout en se défendant d'avoir violé la loi. "Tous les faits évoqués sont lé- gaux ettransparents", a répété l'ancien favori des sondages, sous forte pression pour redorerson image à moins de trois mois du premier tour du scrutin le 23 avril. "Mon épouse a travaillé" etsa ré- munération moyenne de 3.677 euros netsmensuels était "parfaitement justifiée", a assuré François Fillon, alors que la justice française a ouvert une enquête pour vérifier la réalité des emplois parlementaires de la famille du candidat. "Je suis honnête.Cette accusation m'esttombée dessus comme un coup de tonnerre", a-t-il affirmé, en dénon- çant "un lynchage médiatique" et accusant de nouveau ses adversaires politiques de gauche d'être à l'origine des révélations le visant. Après avoir chuté dans les sondages à la suite du scandale etface aux doutes de son propre camp, François Fillon s'est aussi montré combatif: "C'est une nouvelle campagne qui commence", a-t-il promis. Il a répété vouloir aller jusqu'au bout et balayé la perspective d'un plan B à droite. Alors que le nom de l'ancien PremierministreAlain Juppé circulait pour le remplacer, ce dernier avait déjà lui-même "clairement et dé- finitivement" écarté cette hypothèse lundi. En plus de l'opinion publique, François Fillon doit convaincre son propre camp aumoment où la droite, donnée gagnante à la présidentielle jusqu'à cette affaire, est maintenant confrontée à la perspective d'une élimination dès le premier tour. François Fillon "s'adresse à son propre camp: vous pouvez faire ce que vous voulez, dire ce qui vous chante (...) je reste.Vous n'avez pas de plan alternatif (...) Raisonnement cynique mais efficace", commente le quotidien Libération (gauche) dans son édition de mardi. Selon un sondage publié samedi, il se classe désormais troisième avec 18% à 20% des intentions de vote, derrière la candidate d'extrême droite Marine Le Pen (25%) et le centriste et ex-ministre de l'Economie Emmanuel Macron (21% à 22%), qui a le vent en poupe. Une autre enquête indique que 68% des Français ne souhaitent pas que François Fillon maintienne sa candidature à la présidentielle. En pleine contre-attaque, l'homme politique a encore essuyé deux coups durs lundi. Pendantsa conférence de presse, le candidat conservateur a donné sa version des propos de Penelope Fillon dans un entretien à un journal britannique datant de 2007, récemment exhumé par une émission de té- lévision française, dans lequel elle affirme n'avoir "jamais été l'assistante" de son mari. "Elle n'a jamais étéma subordonnée"mais une "compagne de travail", a expliqué François Fillon, en assurant que la journaliste britannique qui avait réalisé cet entretien "s'est manifestée personnellement auprès de mon épouse pourlui dire à quel point elle était choquée par l'utilisation qui avait été faite des morceaux de cette interview". "Non M. #Fillon ! Les propos d'Envoyé Special (magazine télévisé français, ndlr) n'ont pas été sortis de leur contexte. Le reportage nem'a pas choquée. SVP. Cessez de m'attribuer ces proposfaux", a rétorqué lundisoir l'intéressée,KimWillsher,surTwitter. Le même jour, le quotidien Le Monde a dévoilé de nouveaux élé- ments d'enquête embarrassants. Les policierss'interrogent notammentsur les circonstances de l'élévation à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur - la plus haute décoration française - d'un homme d'affaires qui a par ailleurs salarié Penelope Fillon dans une revue.

Libé
Mardi 7 Février 2017

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