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Fouad Saadllah: Le cinéma et le théâtre doivent figurer dans les activités scolaires




Fouad Saadllah: Le cinéma et le théâtre  doivent figurer dans les activités scolaires
Il a une jeunesse d’âme manifeste. Fouad Saadllah est très positif dans ses propos, constructif dans ses idées. Il pense sincèrement que l’avenir sera
meilleur mais
il faut travailler correctement pour y aboutir. Il a accordé à Libé un entretien lors
de la Rencontre nationale du
film à Fès.


Libé: Quelle est votre impression sur votre première participation à cette rencontre?  

Fouad Saadllah: Je peux dire que l’organisation était excellente et n’avait rien à envier aux autres festivals nationaux comme ceux de Khouribga, Tétouan, Tanger… On souhaite que cet élan continue jusqu’à ériger cette manifestation en Festival international. Au niveau des projections, il s’agit de courts-métrages à la hauteur, certains d’entre eux ont même participé à d’autres grandes manifestations et réussi à obtenir des prix.

Vous étiez membre du jury. Comment avez-vous accueilli les films programmés?

En effet, j’étais satisfait de prendre part au jury de cette rencontre. L’on a ainsi visionné des films de différents sujets, avec des techniques qui dénotent d’un savoir-faire respectable. Cela reste prometteur dans la mesure où l’âge moyen des réalisateurs ne dépasse pas 23 ans. Le plus surprenant est que nombre de jeunes s’adonnent à de véritables métiers de cinéma, ce qui nous donne confiance quant à l’avenir du cinéma marocain.

La Rencontre de Fès vous a rendu un hommage. Que pensez-vous de cette initiative ?

Effectivement, j’ai eu droit à un hommage de la part des organisateurs qui m’ont honoré à cette occasion. Il faut dire que j’ai été grandement touché par ce geste. Alors que je n’ai jamais eu cette sollicitude à Casablanca, ma ville natale, je viens d’être honoré dans celle de ma mère.

Le message essentiel de cette Rencontre a été le retour aux salles de cinéma. Que vous inspire-t-il?

Je relève un paradoxe quelque peu surprenant. Quand on n’avait pas de production nationale, les gens allaient souvent aux salles de cinéma. Ils venaient voir des films indiens, américains, asiatiques…, maintenant que nous avons une production annuelle d’une vingtaine de films, le public boude les salles dont le nombre se réduit de plus en plus. Le message est clair. Tout le monde est appelé à assumer ses responsabilités à ce sujet. D’abord, nous devons relancer la création de salles, à la faveur de la participation de tous les intervenants, à savoir l’Etat, les collectivités ainsi que le secteur privé qui doit mettre lui aussi la main à la poche. Tout cela devrait se concrétiser dans le cadre d’une stratégie  nationale …

Ne croyez-vous pas que l’éducation au cinéma soit une mission de l’école?

Justement, cette question revêt une importance cruciale. Si les jeunes générations apprennent l’abc du cinéma et du théâtre à l’école, nous aurons certainement des cinéphiles potentiels et du coup, un public qui appréciera les films projetés dans les salles. Nous allons également renforcer le projet de société que nous voulons, à savoir celui de la modernité, de la démocratie et des droits humains. Les ministères de l’Education nationale, de la Jeunesse et des Sports, de la Culture sont ainsi appelés à consacrer une partie de leurs programmes à une telle activité, notamment la formation. Ceci encouragera les jeunes cinéastes et réalisateurs en herbe et partant permettra aux professionnels d’intégrer les techniciens de cinéma dans le domaine de la formation.

Avez-vous des projets en vue?

Je ne peux rester sans projet pour l’avenir. Je vais prendre part à la deuxième partie de «Dart lyyam», une sitcom de 30 épisodes et à d’autres projets que je ne puis révéler pour le moment, les contrats n’étant pas encore signés.

Et si l’on passait au bilan ?

En matière d’événementiel, rares ceux et celles qui veulent vraiment passer au stade d’évaluation. Les éditions se succèdent, et les organisateurs prennent l’habitude d’exprimer un satisfecit trompeur. Comme si personne n’avait rien dit l’année précédente. Parfois on verse même dans des prétextes inadmissibles. Quand on est à la 18-ème édition, on se doit donc de faire montre d’un certain professionnalisme.
L’événement, en tant que tel, est fait pour le public en premier lieu. Dire donc que la Rencontre du film marocain de Fès a choisi de rester dans un cadre intime, un euphémisme qui cache mal l’adjectif «petit», est l’une de ces étranges explications qu’on donne pour justifier l’indifférence du public. Discuter du retour du grand public aux salles de cinéma entre une vingtaine ou une trentaine de personnes, n’augure rien de probant. Une rencontre qui, clôture sans public, a certainement besoin de réviser son programme de communication et ses objectifs.

Repères

Natif de Casablanca en 1953, Fouad Saadllah est lauréat du Conservatoire d’art dramatique de Casablanca en 1974, de la génération de Khadija Assad, Miloud Habachi, Smail Abou Lknater …  Parmi ses professeurs, on peut citer feu Tayeb Laâlaj, feu Farid Benmbarek et le comédien Ahmed Saâri.
Parmi ses œuvres : les pièces de théâtre «Le Carnaval» «Mallak Douira», «Kadi haja», «Maydoum hal», «Le Cadi Hmayti» et plusieurs films nationaux dont les derniers «Fin machi amouchi», «Majed», «Casanegra», «Le clandestin», «Youm Oulila» et des films internationaux «Paris à n’importe quel prix», «Une bonne leçon», «Kaboul kichen»…, et enfin les téléfilms tels «Laâgouba lik» et «Al Fadd TV».

Mustapha Elouizi
Jeudi 14 Mars 2013

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