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Forum international des oasis

L’Appel de Zagora, un plaidoyer pour reconnaître l’agriculture familiale




Forum international des oasis
Une volonté sans faille et un engagement pour des lendemains meilleurs. Telle est la portée de l’Appel de Zagora en faveur de l’agriculture familiale. Sanctionnant les actes du Forum international des oasis qui a pris fin ce dimanche à Zagora, l’Appel se voulait un véritable soutien des efforts des Nations unies, qui a proclamé 2014, Année internationale de l’agriculture familiale. La troisième édition qui s’est tenue sous le thème : «L’agriculture familiale oasienne : opportunités et menaces», aura ainsi tenu toutes ses promesses, selon le chercheur et membre de l’ONG CARI, Jean-Baptiste Cheneval, qui a donné lecture de l’Appel de Zagora.
Trois cents participants, paysans, associatifs, experts, chercheurs et départements publics concernés, se sont penchés, trois jours durant, sur le concept de l’agriculture familiale, en tant que modèle d’activité agricole où la principale force de production reste la famille.
Dans cinq panels, plus de quarante interventions de tous les horizons et de différentes expériences nationales et internationales ont appelé à la reconnaissance de l’agriculture familiale comme le pilier fondamental des oasis, en tant que modèle de développement durable et patrimoine économique, social et culturel.
Ils ont aussi souligné le rôle primordial de l’agriculture familiale dans la préservation de l’agro-système oasien et ses divers bienfaits: moteur de l’économie locale, création d’emploi, garantie de la sécurité alimentaire locale, préservation de la biodiversité, source de valeurs et de savoir-faire dans la gestion durable des ressources naturelles, adaptation aux changements climatiques…
Venus de France, d’Italie, d’Espagne, de Palestine, d’Egypte, de Tunisie et des différentes régions du Maroc, les participants ont préconisé l’intégration des spécificités de l’agriculture familiale oasienne dans les politiques publiques de développement local et national, tout en assurant la synergie entre les différents plans d’action et la coordination entre les différents acteurs concernés : pouvoirs publics, organisation paysannes, société civile, secteur privé, scientifiques, entre autres
Ils ont également appelé à l’appui de l’agriculture familiale, à travers des mesures discriminatoires positives pour l’amélioration des pratiques locales existantes et l’introduction de nouvelles techniques de gestion des ressources naturelles, notamment les techniques d’économie d’eau et d’agriculture écologique
Et pour mettre l’accent sur la nécessité d’améliorer les revenus agricoles familiaux, ils ont appelé à la valorisation des productions locales, au développement des cultures à haute valeur ajoutée, à l’organisation des agriculteurs et à l’appui et la restructuration des filières de commercialisation sur la base des dynamiques locales.
Pour assurer une relève dans les oasis qui vivent sous l’effet de l’exode rural et du départ des jeunes, les participants ont appelé à l’instauration de programmes en faveur des jeunes agriculteurs et à reconnaître leur importance quant à la garantie de la durabilité de l’agro-système oasien, tout comme celui de la femme oasienne dans le bon fonctionnement de l’unité familiale agricole et la préservation des valeurs oasiennes.
Les pouvoirs publics et les autorités compétentes ont été également interpellés pour faciliter l’accès des agriculteurs familiaux aux ressources naturelles notamment l’eau et l’accès aux différents types d’informations relatives à l’adaptation aux changements climatiques, aux aléas du marché, aux aides et subventions publiques et aux techniques écologiques innovantes.

Mustapha Elouizi

Entretien avec Jawad Ennaciri, président de l’Association du FIO

Forum international des oasis
L’agriculture doit figurer dans les agendas des politiques publiques

Après la clôture du Forum international des oasis, Libé a rencontré le président de l’association organisatrice pour faire le point sur les axes de travail, les recommandations et leur mise en œuvre. Entretien.

Libé : Quels sont les défis majeurs que rencontre actuellement l'agriculture oasienne au Maroc ?

Jawad Ennaciri: Les défis que rencontre l’agriculture familiale sont nombreux et je n’en citerai que deux types. D’abord, les défis d’ordre naturel, relatifs aux changements climatiques et leurs répercussions négatives sur les zones arides, et en particulier sur les zones oasiennes, connues pour leur fragilité. Preuve à l’appui, les récentes intempéries ont dévasté en grande partie les zones oasiennes: Tata, Asrir, Taghjijt, Guelmim, Zagora…
On citera également les défis d’ordre humain et spatial, relatifs au mode de gestion de ce genre d’espace. Le facteur humain reste à la fois une cause et une conséquence. Il est la cause puisque l’Homme est responsable d’une manière ou d’une autre de la dégradation de l’écosystème, en raison de ses agissements nocifs contre l’ordre et l’équilibre naturel. La gestion est mise en cause également en raison de l’absence de politiques publiques coordonnées et intégrées. Un tel espace connaît actuellement un certain nombre d’interventions, mais ces dernières ne sont ni harmonisées ni ne s’inscrivent dans le cadre d’une seule et unique stratégie intégrée.

Quel serait le sort des recommandations des trois forums précédents ?

Les recommandations des deux précédentes éditions ont été une feuille de route pour les acteurs publics intervenant dans l’espace oasien. Mais il faut dire que la nature de ces recommandations, étant donné leur généralité et leur globalité, ne permet pas d’avoir une vision susceptible d’être déclinée en mesures opérationnelles. Aujourd’hui, l’heure est venue de passer à la vitesse supérieure et de transformer les visions en plans d’action, en zoomant sur les points sensibles dans les espaces oasiens.
Quant au sort des recommandations de cette édition, nous aurons l’occasion d’abord de diffuser à grande échelle notre rapport détaillé des actes de ce forum, afin de transmettre notre message essentiel aux différents acteurs concernés non seulement au Maroc, mais également dans le monde, notamment la FAO, dont nous regrettons l’absence. Au niveau régional, nous entendons inscrire le sujet de l’agriculture familiale dans toutes les réunions ayant trait à l’agriculture, tout en le mettant sur tous les agendas institutionnels.

L'artisanat des oasis reste un secteur peu valorisé. Quels sont, à votre avis, les moyens à même de le développer?

L’artisanat oasien est l’un des savoir-faire accumulés dans l’histoire des communautés peuplant ces espaces. Il s’agit d’une importante activité socioéconomique supplémentaire et complémentaire à l’agriculture familiale, à même d’atténuer les pressions qui pèsent sur l’espace oasien. Une activité qui fait du mode de vie oasien un mode intégré dans son environnement et assure ainsi la durabilité des revenus et des richesses oasiennes.

Quel serait le thème de la quatrième édition ?

Nous devrons au lendemain de cette troisième édition nous atteler à préparer la prochaine. Nous avons déjà notre sujet fin prêt, à savoir les changements climatiques et leurs impacts sur les oasis. La région a connu au début de cette année agricole des précipitations diluviennes imprévues qui ont causé des dégâts matériels. Comment faire face aux différents aléas et comment contourner tous les défis en la matière? Telles seront les questions majeures à débattre.

Entretien réalisé par E-M

Appel à consolider les politiques agricole et environnementale

Des acteurs du développement des oasis ont plaidé, la semaine dernière à Zagora, pour des politiques agricole, sociale et environnementale en faveur des agricultures familiales oasiennes pour des bonnes pratiques locales durables.
Les différents panelistes, qui intervenaient lors du 3ème Forum international des oasis et du développement local à Zagora, tenu sous le thème «L'agriculture familiale dans les oasis : opportunités et défis», ont appelé à créer un environnement propice et élaborer des politiques publiques à même de promouvoir les zones oasiennes, valoriser et faire connaître les produits du terroir, le tourisme local, l'artisanat, la culture et le patrimoine matériel et immatériel, outre le soutien d'activités économiques et d'innovation des territoires oasiens.
Ils ont aussi appelé à fédérer l'ensemble des acteurs autour d'un projet commun de développement durable des zones oasiennes marocaines, à travers notamment la création d'un nouveau concept pour l'événement, en apportant une approche événementielle innovante, et ce afin de véhiculer une image forte, moderne et dynamique grâce à un dispositif média et hors média maximisant les retombées à l'échelle nationale et internationale.
Il s'agit aussi de promouvoir le dialogue et la coopération internationale et développer des formes de sensibilisation des acteurs en faveur des agricultures familiales en leur facilitant l'accès aux informations et ressources nécessaires pour promouvoir les activités au sein des oasis, ce patrimoine civilisationnel étant témoin de la diversité de la nature originale et singulière.
Soutenant que les oasis sont aussi un levier de développement social, économique et écologique, ils ont plaidé pour des politiques publiques qui fédèrent tous les intervenants concernés, avec des objectifs bien définis.
Les intervenants ont également appelé les acteurs institutionnels du développement durable à préserver cette richesse et promouvoir ses potentiels de développement régional.
Outre les intervenants marocains, les participants venant notamment de la Tunisie, d'Egypte, de France, d'Italie et d'Espagne, ont passé en revue leurs expériences et échangé leurs points de vue sur l'évolution des pratiques et savoirs oasiens, soulignant la diversité des expériences pour des bonnes pratiques locales durables.
Le forum, qui a débuté, jeudi dernier, ses travaux en présence du ministre de l'Agriculture et de la pêche maritime et du ministre du Tourisme s'inscrit dans la stratégie de développement de la province de Zagora, à l'horizon 2020. Il permettra aux différents acteurs (responsables gouvernementaux, élus, société civile, professionnels et institutionnels) de revenir sur les opportunités à saisir et aux défis à relever pour un développement prometteur.
Initiée par l'Association du Forum international des oasis de Zagora, cette édition (18-21 décembre) a mis en valeur les potentialités des zones oasiennes marocaines et a permis aux différents acteurs locaux de revenir sur les opportunités à saisir et aux défis à relever pour un développement durable prometteur.
Cette troisième édition a coïncidé avec la proclamation de 2014 Année internationale de l'agriculture familiale (AIAF 2014) par l'ONU, une initiative visant à rehausser l'image de l'agriculture familiale et de la petite agriculture, en focalisant l'attention sur leurs contributions significatives à l'éradication de la faim et de la pauvreté.

MAP

Libé
Jeudi 25 Décembre 2014

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