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Fort de sa bonne tenue en matière de gestion de la dette : Le Maroc lance un emprunt en euros sur le marché des capitaux




Fort de sa bonne tenue en matière de gestion de la dette : Le Maroc lance un emprunt en euros sur le marché des capitaux
C’est officiel : le Maroc s’apprête à lancer, dans les semaines qui viennent, une émission obligataire en euros sur le marché international des capitaux. Le ministère de l’Economie et des Finances signale, dans un communiqué, que trois banques d’affaires (Barclays Capital, HSBC et Natixis) ont été mandatées, en tant que chefs de file, mener cette opération, sans donner des précisions sur le montant à lever ni sur la période de l’émission.
Il y a lieu de noter que cette levée de fonds sur le marché international intervient, selon les analystes financiers d’Attijari Capital Market, dans un contexte marocain marqué par une envolée de l’investissement public en 2010. La loi de finances 2010 prévoit, par ailleurs, un déficit budgétaire de 4%. De plus, la hausse des besoins du Trésor en termes de financement s’est accompagnée par une légère perturbation du marché obligataire marocain. Les taux primaires ont enregistré, durant ce premier trimestre 2010, une hausse sur le moyen et long terme, renchérissant, du coup, le coût de financement du Trésor sur le marché intérieur.
De l’avis général des spécialistes, le recours au financement extérieur s’avère une carte à jouer par le Trésor pour pallier l’envolée du coût de financement en interne, d’autant plus qu’il ne manque pas d’atouts pour susciter l’appétit des investisseurs étrangers.
Il est vrai qu’près l’annonce en mars dernier de l’amélioration de la note accordée au Maroc par Standard & Poor’s, et le rehaussement du rating du Royaume à l’”Investment grade”, cette émission devrait permettre au Maroc de bénéficier des conditions de financement plus favorables sur le marché international des capitaux, à travers notamment la réduction de la prime de risque. Si l’on en croit les analystes financiers de la Place, cette émission obligataire, qui devrait vraisemblablement se réaliser avant le mois de juin 2010, sur une durée de 10 ans, profiterait sans doute de ce saut de la qualité de la signature souveraine pour soigner de nouveau sa prime de risque.
Attijari Capital Market rappelle dans sa dernière note que «l’expérience du Maroc en matière d’émissions à l’international a déjà été une réussite. Le Trésor avait procédé en 2003 à une émission sans garantie extérieure d’un montant de 400 millions d’euros avec un spread de 215 bps (points de base) sur une maturité de 5 ans, avant de réitérer cette expérience, en 2007, avec une émission à hauteur de 500 millions d’euros avec un spread quatre fois moins élevé à 55 bps sur 10 ans.  
Pour Salah Eddine Mezouar, ministre de l’Economie et des Finances, les conditions se sont nettement améliorées et sont donc propices pour lever des fonds sur les marchés des capitaux à des conditions favorables pour financer les programmes d’investissements et répondre aux besoins de développement économique du royaume. La poursuite de la politique des taux bas chez nos principaux créanciers constitue un élément encourageant à cette sortie du Trésor à l’international et promet à cette opération d’être favorablement accueillie par les investisseurs internationaux. D’ici là, on saura les détails de cette opération qui est en cours de préparation par le ministère des finances. Les 14 plus grandes banques internationales ont déjà été mises en concurrence pour proposer des schémas de cet emprunt libellé en euros.  
Repli de 11% de la dette publique
Cela dit, il y a lieu de noter que le Maroc a bien prouvé son bon comportement en matière de gestion active de sa dette publique. En effet, le  désendettement de l’Etat vis-à-vis de l’extérieur s’est nettement amélioré. L’encours de la dette extérieure publique,  a baissé de 170,9 milliards DH en  2000 à 152,2 milliards DH en 2009, marquant un repli de 11% en dix ans.
Par ailleurs, la structure de la dette extérieure du Maroc est fortement dominée par la part des administrations publiques dans l’encours global de la dette extérieure n’a cessé d’augmenter durant la dernière décennie. Cette part est passée de 27.2% en 2002 à 46.8% en 2009, en raison des chantiers d’investissement dans lesquels le Maroc s’est  engagé au cours des dernières années dans les domaines de l’éducation, de l’environnement, de l’industrie ou du  développement humain, et qui étaient financés en partie par des prêts étrangers. Pour rappel, le Maroc a signé, en mars dernier, un accord de prêt avec le Japon pour la réalisation de projets environnementaux et d’infrastructure, d’un montant global de 2.16 milliards DH. La plus grande partie de ce prêt est allouée au financement d’un projet d’alimentation en eau potable en milieu urbain à hauteur de 1.4 milliard DH.
Cette stratégie conforte la volonté de l’Etat d’attirer suffisamment les flux de capitaux internationaux et disposer des moyens de financement de ses grands projets de développement économique et social.


La dette extérieure du Trésor ramenée à 10.8% du PIB

Les administrations publiques, particulièrement les offices (ONEP, ONE…) se sont davantage endettés de l’extérieur. Le désengagement du Trésor vis-à-vis de ses créanciers étrangers s’est fait graduellement durant la dernière décennie. Sa part dans l’encours de la dette extérieure globale est passée de 69.4% en 2000 à 51.8% en 2009. Parallèlement, en pourcentage du PIB, la dette extérieure du Trésor a pu être ramenée à 10.8% en 2009, ce qui constitue le tiers de son niveau d’il y a 10 ans.  Parallèlement, la dette extérieure du Trésor a pu être ramenée à 10.8% du PIB en 2009, ce qui constitue le tiers de son niveau d’il y a 10 ans. 

Abdelouahed Kidiss
Mardi 20 Avril 2010

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1.Posté par khaji le 20/04/2010 16:57
Concernant l'emprunt en Euros que le Maroc s'apprête à faire;... l'encours est en millions et non en milliards: l'encours est passé de 170,8 Millions DHS à 152,2 Millions DHS

2.Posté par L B le 21/04/2010 13:44
La dette publique du Maroc se compte en milliards. Comme partout au monde, l'endettement se chiffre en milliards et non en millions. Pourquoi alors recourir à l'emprunt (national ou extérieur) sinon pour compenser les défcits et financer les investissements. Si c'était une question de quelques millions, le maroc n'aurait pas à lancer l'émission obligataire libellée en euros. Je dis bien en euros et non en dirhams.
Pour rappel, en 1983, la dette publique du Maroc (interne et externe) représentait un peu plus de 120% du PIB. A ce moment là, le défunt roi avait dit que le pays était menacé de crise cardiaque. S'en est suivi le PAS, le programme d'ajustement structurel, le fameux plan d'austérité et ses conséquences sur les principaux secteurs sociaux (enseignement, santé, emploi, habitat, etc.) Aujourd'hui, la dette publique (càd la dette du Trésor et la dette privée) représente près de 47% du PIB. Celle du Trésor n'en représente que 10% du PIB.
En raison des plans de développement lancés dernièrement (logement social, plan d'urgence pour l'enseignement, plan Maroc vert, halieutis, emergence industrielle... sans oublier la généralisation de l'eau potable et la généralisation de l'accès à l'énergie en milieu rural, les investissements nécessaires pour l'exécution de ces plans se chiffrent en plusieurs dizaines de milliards de dirhams. Le budget de l'Etat n'en prévoit que le dizième des financements. D'où la nécessité de recourir au financements extérieurs, sous forme d'emprunt extérieurs ou d'émission obligataire, comme c'est le cas aujourd'hui.

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