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Football marocain : Bilan et perspectives




Football marocain : Bilan et perspectives
Le football marocain vient de vivre
une année 2010 assez agitée et pleine de
contradictions.
Après une
analyse du bilan 2010, cet article vous présentera
une synthèse des
principaux
événements de
l’année écoulée.

I- Football 2010 : les prémices d’une nouvelle ère
Le  public marocain, en choisissant une nageuse et un sprinter, comme athlètes de l’année, a nettement affirmé son désaveu au football, le sport le plus populaire.
Pour l’année 2010, ce désaveu est amplement mérité car l’équipe nationale n’a réussi à se qualifier ni à la CAN 2010 ni à la CM 2010. Pire, jamais, cette sélection n’a pu calmer les frustrations du public car, tout au long des éliminatoires, elle n’a obtenu aucune victoire.

Le recrutement d’Eric Gerets
Pourtant, les responsables vont trouver la solution miracle pour redémarrer : ils vont recruter un brillant entraîneur, le Belge Eric Gerets, en juillet 2010. Mais il ne prendra ses fonctions qu’au mois d’octobre. Entre-temps, l’équipe est confiée à son adjoint Cupperly qui va faire de l’excellent travail. En utilisant pratiquement les mêmes joueurs qui avaient échoué  aux éliminatoires, Cuperly, en concertation avec Gerets, va rebâtir l’équipe sur de nouvelles bases, en introduisant de la rigueur, de la crédibilité et surtout de la discipline. En clarifiant les règles du jeu et en mettant les joueurs en confiance, les deux entraîneurs vont créer une nouvelle ambiance, plus propice aux victoires.
Les résultats ne se font pas attendre : après un faux-pas contre la République Centrafricaine (0-0, au Maroc), les «Lions de l’Atlas» vont rugir de nouveau grâce à une victoire en Tanzanie et un nul positif contre l’Irlande.

Le nouveau groupe
Il est constitué, essentiellement de professionnels évoluant dans les championnats européens, vu que la Botola nationale ne génère pas encore de joueurs de niveau international.
Même si  Eric Gerets ne veut pas encore l’admettre, son groupe, à deux ou trois joueurs près, est déjà constitué.

Le noyau dur
Lamyaghri (WAC), Basser (Nancy), Benatia (Udinese), Kantari (Brest), Kaddouri (Dynamo Kiev), Hermach (Lens), Boussoufa (Anderlecht), Kharja (Genoa), Ahmadi (Feyenord), Zhar (Salonique), Berrabeh (Pays du Golfe), Hajji (Nancy), El Arabi (Caen), El Hamdaoui (Ajax Amsterdam), Chammakh (Arsenal), Souleimani (Raja),  Belhanda (Montpellier) et Carcela (Standard de Liège).
Joueurs à confirmer (pour une raison ou une autre)
Mohammadina (OCK), Ainy (Raja), Oulhaj (Raja), Boukhriss (FUS), Chadli (Problème de nationalité), Taarabt (déclarations intempestives).

Autres prétendants potentiels
Kawtari (Montpellier), Ait Fenna (Montpellier), Aissati (Arnheim), Adil Karouchy (DHJ), Issam Erraki (Pays du Golfe), Essaidi (Hollande), Zakarya Labiad (PSV Heindhoven), Chahiri (MAS), …

Les perspectives
L’équipe nationale est en bonne voie ; l’ambiance s’améliore, la rigueur et la discipline s’installent et les joueurs sont de plus en plus motivés et combatifs. Et, bien sûr, les résultats suivent. Les deux derniers matches (victoire contre la Tanzanie et nul contre l’Irlande) ont confirmé la naissance d’un groupe sous la houlette d’un staff compétent (Eric Gerets, son adjoint Cuperly et le préparateur physique, Didier Farrugia).
Cette nouvelle sélection est très prometteuse.

II-Les  évènements marquants de l’année 2010
L’équipe nationale féminine est éliminée, dès le premier tour des qualifications pour la Coupe d’Afrique des nations, par le Sénégal (0-0 et 0-1) ;
L’AS FAR est éliminé de la Coupe de l’union nord africaine de football (UNAF), en 16ème de finale par les Algériens de Chabab Belouizdad (1-1 et 0-1) ;
Le DHJ est éliminé de la Ligue des champions d’Afrique par l’Ittihad lybien, aux T.A.B, dès les 16èmes de finale ;
Le Néerlandais Pim Verbeek est désigné comme directeur sportif des équipes nationales des jeunes et comme entraîneur de l’EN olympique ;
Le Wydad de Casablanca remporte le championnat  2010 de la première division ;
Omar Hassi (Wydad de Fès) est sacré meilleur buteur de la D1 en 2010, avec 12 buts ;
La jeunesse de Kasbat Tadla et le Chabab  Rif d’Al Hoceima accèdent  à la première division ;
L’équipe des locaux est écartée, pour la deuxième fois consécutive, de la CHAN, prévue en 2011 au Soudan, après deux matches nuls contre la Tunisie (1-1 et 2-2) ;
Eric Gerets est nommé, le 5 juillet, entraîneur de l’équipe nationale ; il ne prendra ses fonctions qu’en octobre 2010 ;
La sélection des moins de 17 ans est éliminée, dès le premier tour des qualifications pour la Coupe d’Afrique 2011, prévue au Rwanda ;
Mustapha Hajji, le ballon d’or africain de 1998, prend sa retraite footballistique, à l’âge de 38 ans ;
Le Maroc dépose sa candidature pour organiser la CAN 2015 ou celle de 2017 ;
Le Wydad est éliminé en demi-finale de l’UNAF, défait par le Club Africain de Tunis (0-0 puis 3-0) ;
L’AS FAR est éliminée, en demi-finale de l’UNAF, par l’Ittihad lybien (2-1 puis 0-2) ;
Le FUS de Rabat remporte la Coupe du Trône 2010 aux dépens du MAS de Fès (2-1) ;
Le FUS de Rabat s’adjuge la Coupe de la CAF  après avoir défait, le club tunisien, CS Sfax (0-0 puis 3-2).

III- L’équipe  nationale  et les choix des bi-nationaux
Avec la mondialisation, le Maroc est devenu un des pays du monde qui disposent d’une importante communauté à l’étranger (plus de 3 millions, soit, environ 10 % de la population). Si la première génération reste, la plupart du temps, fidèle au pays d’origine, la seconde et les suivantes voient leur attachement s’atténuer  à cause d’un ensemble de facteurs.
Parmi ces facteurs, l’un des plus importants, c’est la double nationalité dont disposent la plupart d’entre eux du fait de leur naissance dans le pays d’accueil.

Une Botola de bas niveau
Aujourd’hui, l’équipe marocaine de football est devenue dépendante des joueurs professionnels évoluant à l’étranger.
En effet, la Botola nationale est, de plus en plus faible et a de grandes difficultés à faire éclore des joueurs performants dignes de défendre les couleurs nationales.

Les illusions du professionnalisme
La mise en place du professionnalisme, dès 2012, bien qu’on en parle depuis 2005, et, malgré tous les espoirs qu’il suscite, risque de décevoir  beaucoup de monde. Ce  grand projet ne pourra  éviter deux problèmes devenus chroniques : un, la mentalité frileuse des dirigeants orientés vers l’obtention de résultats immédiats pour s’attirer l’indulgence du public ;  deux, la valse des entraîneurs devenus  les roues  de secours pour la survie de dirigeants véreux mais aussi, hélas, la source de l’instabilité technique, néfaste à la maturation des jeunes .
La double nationalité et ses dangers pour l’équipe nationale
C’est ainsi que les performances de l’équipe nationale resteront, pour des années encore, dépendantes de la qualité de nos joueurs pros évoluant à l’étranger.
Cette situation met en danger l’avenir de l’équipe nationale de football car, comme on a pu le constater, les joueurs, ayant la double nationalité, ont leurs propres critères de choix qui ne sont pas toujours en phase avec ceux de leur pays d’origine. Et l’expérience récente a montré  que beaucoup de nos ressortissants refusent ou hésitent à choisir le Maroc.  C’est ainsi qu’un grand nombre de joueurs ont opté, sans aucune hésitation, pour le pays d’accueil : Boulehrouz, Rami, Affellay et Kaboul.
Le pire, c’est qu’ils n’ont pas eu à regretter leur choix puisque Boulehrouz (comme remplaçant) et Affelay ont joué la  finale de la Coupe du monde 2010 et Rami est devenu titulaire en équipe de France. Beaucoup ont hésité avant de choisir le Maroc comme le trio de Montpellier (Belhanda, Kawtari et Ait Fenna) ; d’autres hésitent encore comme Chadli,…
Mais, heureusement, pas mal de joueurs ont fait le choix du cœur et sont fiers de porter le maillot de leur pays d’origine, à l’instar de Chammakh, Youssef Hajji, El Arabi, Hermach, Kantari , Benatia ou Carcela.

Quelle politique adopter ?
Les  responsables de la Fédération, tout en essayant de rehausser le niveau du football national par l’instauration du professionnalisme, doivent adopter une politique de séduction à l’attention de nos ressortissants évoluant à l’étranger.
Comment ?
En créant une cellule de prospection qui, en contact avec les championnats européens de jeunes, sera chargée de détecter les  potentialités qui, dans un premier temps, renforceront les sélections de jeunes. Il faut ensuite garder le contact avec eux et  les suivre régulièrement pour que, plus tard, ils puissent alimenter  l’équipe A, le plus naturellement du monde.
Ce qu’il faut absolument éviter, c’est d’attendre qu’ils deviennent des vedettes convoitées par tous, vers l’âge de 20-22 ans, sans aucun contact avec le pays d’origine, car, à ce moment-là, ils auront toutes les raisons d’hésiter à rejoindre le Maroc.
Il faut aussi et surtout éviter d’insister auprès des  hésitants car cela touche l’orgueil  et l’amour propre du public. Le Maroc, c’est un grand pays, avec d’ancestrales traditions et, en tant que tel, il reste au-dessus des états d’âme ou des intérêts individuels, quelque soit leur valeur.

Par Radouane Bnou-nouçair *
Samedi 8 Janvier 2011

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