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Fin d’un conte cinématographique : Décès d’Eric Rohmer




Le cinéaste français Eric Rohmer est mort hier, lundi 11 janvier  à l’âge de 89 ans. Il était l’une des figures de proue de la Nouvelle vague française, mouvement cinématographique qui avait bousculé dès la fin des années 50, les modes de production, tournage et de narration du cinéma. De son vrai nom Jean-Marie Maurice Scherer, Eric Rohmer est le type même du cinéma d’auteur. Il est venu au cinéma par la littérature. Enseignant les belles lettres, il commença à rédiger des textes critiques qui vont le faire rencontrer ce qu’on appellera plus tard les « jeunes turcs » du cinéma français, Claude Chabrol, Goddard,  François Truffaut …groupe qui sous la houlette du père de la cinéphilie André Bazin, va s’emparer de la revue parisienne Les cahiers du cinéma et la transformer en machine de guerre contre l’apathie, l’académisme et tout ce que Truffaut avait pointé du doigt dans son célèbre pamphlet « Une certaine tendance du cinéma français ». C’est dans cette revue que le nom d’Eric Rohmer va apparaître. Il  va en être le rédacteur en chef de 1957 à 1963. Ses premiers films passent inaperçus, à l’ombre de titres célèbres comme « A bout de souffle » de Godard, « Les 400 coups » de Truffaut, prix de la mise en scène à Cannes ou encore « Le beau Serge » de Claude Chabrol. Rohmer se concentre alors sur son travail critique, publie un livre de référence avec Chabrol, sur Hitchcock. On sait que le maître du suspense avait marqué la carrière des cinéphiles et des cinéastes de la Nouvelle vague…
Il travaille ensuite à un vaste projet : préparer ses films en fonction d’un cycle. Homme de lettres, il emprunte ainsi la voie d’écrivains classiques, aborder la condition humaine, sur plusieurs tableaux, à l’image de Balzac. Rohmer ouvre cette démarche par cycle avec une série de contes moraux axés sur un même thème, la base d’un même argument narratif : tandis que le narrateur est à la recherche d’une femme, il en rencontre un autre qui accapare son attention jusqu’au moment où il retrouve la première…
Il travaille ensuite sur comédies et proverbes, une autre série qui nous donne un film inoubliable, « Pauline à la plage » ; ou encore « Le rayon vert » dédié à Rimbaud « Ah ! Que le temps vienne/ où les cœurs  s’éprennent ».
Ce fut ensuite, le tour de « Quatre contes des quatre saisons » où les personnages discutent des possibles machinations ou d’impossibles décisions.
Ce projet en cycle prend fin avec le cycle de l’histoire où il aborde son sujet de prédilection, la littérature confrontée à l’histoire avec des films comme « L’anglaise et le Duc » où il expérimente aussi le tournage numérique.
Cette œuvre, au sens fort du mot, est portée par une véritable économie de production et de style. C’est une esthétique minimaliste qui privilégie les extérieurs et les décors naturels, des équipes réduites, le tournage souvent en 16 mm et des acteurs fidèles.
En 1972, Eric Rohmer soutient sa thèse de doctorat consacrée à l’organisation de l’espace dans le Faust de Murnau. Cinéaste qui est pour lui le seul à avoir su organiser l’espace de ses films de la façon la plus rigoureuse et la plus inventive. 

Mohammed Bakrim
Jeudi 14 Janvier 2010

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