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Film transsaharien de Zagora : Les nomades marocains dans un documentaire russe




Film transsaharien de Zagora  : Les nomades marocains dans un documentaire russe
Les organisateurs de la 7ème édition du film transsaharien ont bien fait de programmer le documentaire russe «Le dernier des chevaliers». Et pour cause, son thème principal: le mode de vie nomade dans le sud-est marocain. Ceux et celles qui ont pris part à cette œuvre avaient l’opportunité de se voir en images et d’évaluer leur travail.
L’ancien diplomate russe Sergey Yastrzembskiy qui avait occupé les postes de conseiller de Boris Eltsine et porte-parole de Vladimir Poutine, s’était rendu à Zagora, Mhamid El Ghizlane, Erfoud, Merzouga et Rissani en 2008 pour les prises de vue de ce documentaire qui lui tenait à cœur. Objectif : filmer la vie des nomades, mais surtout leur histoire, leur culture, leurs coutumes et aspirations. Le tout sous forme d’entretiens avec des spécialistes du désert et de la vie nomade, tels le Dr Mohamed Skounti, anthropologue marocain, lui-même fils d’une famille nomade des Aït Me 1rghad et petit-fils d’un militant de première heure contre l’occupation française à Jbel Baddou. Ce tour d’horizon permet de comprendre la vie quotidienne, les conflits intertribaux, entre nomades et sédentaires, la portée de l’eau dans la vie nomade, le processus de sédentarisation et la tente en tant qu’espace de vie. L’on a ainsi vu comment plusieurs familles nomades se sont reconverties en guides de désert, chameliers de méharées, aubergistes et bazaristes. Ali L’bard est l’un de ceux qui ont pris la parole durant ce documentaire. Chamelier depuis l’âge de quinze ans, il raconte, sur un ton humoristique rare chez les sédentaires et citadins, que sa tribu, les Aït Sfoul, s’est depuis deux siècles dispersée dans la région de Drâa, Ghris, Ziz et tout au long de la chaîne Bani. Sous les effets de la sécheresse et de la mise en place des frontières fixes et contrôlées après la période des indépendances, plusieurs tribus ont réduit leurs mouvements et ont été contraintes d’abandonner ce mode de vie pour une sédentarisation devenue incontournable.  
Mais, les écrits sur la vie nomade ne suffisent pas, il fallait quelqu’un pour raconter toutes les facettes de cette vie particulière. Du haut de ses 86 ans, Hadj Nouâmani se remémore encore cette vie pleine d’activités, de mouvements, de conflits, de fêtes nocturnes, de longs voyages. «Nous avions des dromadaires, des esclaves et différentes tentes et nous étions plus libres, plus durs, plus actifs, mais nous étions contraints de quitter ce mode de vie, vu les pâturages qui se sont rétrécis du fait des frontières », dit-il, dans un langage hassani, comme un « âaribi » qui se respecte. Les fils de tous ces nomades se sont reconvertis en opérateurs touristiques. Ils connaissent  bien le désert et organisent ainsi des méharées (caravanes en dromadaires), des bivouacs et des excursions en 4x4. Eux seuls connaissent les secrets de ces espaces difficiles et splendides en même temps. Un peu plus au nord, l’équipe russe allait faire la rencontre des Aït Atta, et plus particulièrement les Aït Khebbach. Les anciens nomades ont choisi Tafraout N’Aït Khebbach pour s’y installer. Certains exercent encore le semi-nomadisme, alors que d’autres ont opté pour la transhumance. Pour la jeunesse de la région, elle s’est reconvertie en contrebandiers. Des motos existent partout. Leurs traces mèneraient facilement à des pistes allant vers l’est. L’Algérie n’est pas loin. Elle est à une soixantaine de kilomètres. La cigarette enrichit les uns et fait survivre les autres. Mieux que rien, affirme un ancien contrebandier devenu chauffeur touristique à Ouarzazate. Mais, le réalisateur a voulu aussi montrer les coutumes traditionnelles en présentant un mariage khebbachi, où l’animation est assurée à la fois par une troupe amazighe locale et une troupe gnaouie de Remlia. Ce dernier est un douar où vivent encore les fils des anciens esclaves ramenés de l’Afrique subsaharienne lors des grands voyages caravaniers. On a beau dire que ce temps est révolu, ses traces sont toujours vivaces. 

S-A
Vendredi 4 Juin 2010

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