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Filles hallal, filles haram

Comment se fait-il que des jeunes nés et scolarisés en France portent des jugements de valeurs sur des filles appartenant à leur groupe, leurs voisines de pallier, voire leurs sœurs, cousines ou amies ?




Filles hallal, filles haram
Celui qui me parle de filles hallal et de filles haram n’est ni un fondamentaliste, ni un intégriste, ni même pas un musulman barbu, portant « foukia » et sandales à  l’instar de tous ces fous de dieu que les médias se plaisent à nous les montrer régulièrement au Pakistan, en Afghanistan, et dans d’autres contrées où une conception rétrograde de la religion tient lieu d’idéologie. Celui qui me tient ce discours est bel et bien un jeune moldave, âgé de vingt ans, qui vient de passer son bac professionnel au mois de juin à Strasbourg. Il est l’ami d’une jeune allemande fille de mes hôtes qui habitent l’Alsace. Etonné, je lui ai demandé la signification de ces propos, et il m’a expliqué que les filles hallal sont les jeunes filles maghrébines de bonnes familles, qui ne boivent pas, qui ne fument pas, et qui ne fréquentent ni garçons ni discothèques. Par contre les filles haram sont celles qui se comportent comme les européennes, qui s’émancipent, fréquentent les garçons et mangent du porc. Il m’a appris aussi que ce sont les jeunes maghrébins, ses collègues au lycée, qui lui ont appris cette différence.
Signalons que à la périphérie de la ville de Strasbourg, juste un peu plus loin de la ville allemande Khel et le pont de l’Europe, là est concentré dans des immeubles un grand nombre de maghrébins, un ghetto des temps modernes. Ces jeunes garçons  issus de l’immigration sont connus pour leurs manifestations régulières qui se soldent par des centaines de voitures calcinées, leurs « révoltes » contre leur marginalisation et leur situation difficile. Leur repli identitaire et leur refuge dans la religion de leurs ancêtres sont une autre manifestation de leur marginalisation.  
Mais comment se fait-il que des jeunes nés et scolarisés en France, dont la plupart appartiennent à la troisième génération, arrivent-ils à faire de telles discriminations, tiennent de tels propos, et portent des jugements de valeurs sur des filles appartenant à leur groupe, leurs voisines de pallier, voire leurs sœurs,  cousines ou amies ? Non loin du parlement européen on tient sans gène un discours rétrograde, et on catégorise arbitrairement des êtres humains de sexe opposé suivant les bonnes ou mauvaises mœurs, suivant des tabous périmés qu’on croyait disparus à jamais?  D’autant plus que cette discrimination et cette distinction sexuelle ne reposent sur aucun fondement religieux. Le coran fonde ses critères sur les caractéristiques humaines, et non sur une hégémonie du mâle sur la femelle, hégémonie qui tend à rendre la femme l’esclave eternel de l’homme.
Cette anecdote est à rapprocher d’un autre fait que j’ai rencontré durant mon voyage en France le mois de juin écoulé. Me promenant dans un de ces marchés fréquentés en grande majorité par des étrangers à Mantes la Jolie, j’ai eu l’occasion de parler à un marchand barbu, originaire d’Oujda. Après quelques palabres et sans transition, il me dit : « ah, ces chiites qui tuent les sunnites… ». Je l’ai arrêté sur le champ en lui rétorquant : «  Ecoutez monsieur, votre discours est celui des chaînes satellitaires financées par les pétrodollars, et qui oeuvrent pour des objectifs et des politiques connus de tous. Au Maroc il n’y a que des musulmans, et  l’islam que nous y pratiquons est la tolérance même. Occupez-vous de votre commerce et priez comme vos ancêtres l’ont toujours fait. Ne regardez  plus les chaînes propagandistes qui vous matraquent jours et nuits par des absurdités qui divisent le monde musulman. Au revoir ». Je suis resté consterné  par la naïveté de ces gens qui ont passé une grande partie de leur vie en Europe, et qui n’ont rien compris à l’esprit de la laïcité de la République, ni à la tolérance de l’Islam.
La première remarque est que la communauté maghrébine en France est atteinte par tous ces courants « takfiristes » actifs au sein de l’Europe, et qui veulent RE ISLAMISER à leur manière des musulmans par toutes sortes de violence.
La deuxième remarque : qui finance et protège des mouvements qui incitent au meurtre et à la haine de tous ceux qui n’adoptent pas leurs points de vues.
Qui est derrière la propagation de cette idéologie fasciste qui entrave la marche du progrès de l’homme,  qui entrave la connaissance, la liberté, l’égalité, le libre choix et la tolérance?
Ces mouvements actifs qui enseignent de telles discriminations ne peuvent échapper à la vigilance des services secrets. Pourquoi les laissent-ils agir au vu et su de tout le monde, et seulement dans les quartiers à haute population immigrée?
N’est-ce pas de ces quartiers-là que partent tous ceux qui veulent s’appeler djihadistes et qu’on retrouve en Afghanistan, au Mali, en Libye, en Syrie et ailleurs ?
Les réponses sont claires, elles sont même devenues des évidences. Mais un adage aussi vieux que le temps nous rappelle que « celui qui sème le vent, récoltera la tempête ». C’est juste une question de temps.

Par Mohamed Aboulasse
Mardi 5 Novembre 2013

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