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Festival Tifawine: Hoba Hoba Spirit enflamme les spectateurs tafraoutis




Festival Tifawine: Hoba Hoba Spirit enflamme les spectateurs tafraoutis
La soirée du 25 juillet au Festival Tifawine à Tafraout est exceptionnelle. En montrant encore une fois, combien les tristes clivages linguistiques et leurs clichés discriminatoires Chleh/ Arbi, se sont effondrés, laissant place à une spectaculaire et exemplaire convivialité entre les deux cultures. Hoba Hoba Spirit, la seule troupe chantant en arabe de cette cinquième édition, qui s’est produite à la place Tifawine devant plusieurs milliers de spectateurs amazighs en majorité, a eu droit à tous les honneurs de l’invité de marque. En effet, il a suffi que les camarades de Réda Allali entrent sur scène pour déclencher une salve de youyous, signe de la traditionnelle joie d’accueil chez les Chleus. La foule enthousiaste, ne cesse pas de crier à tue-tête :« Hoba Hoba Hoba… ». Il a fallu qu’un membre du tonitruant groupe invite les jeunes enflammés et indomptables au calme pour pouvoir entamer le spectacle. Et, juste le temps de finaliser les dernières mises au point de la sono, la troupe casablancaise renvoie l’ascenseur. Dans un surprenant accent berbère, Réda scande: « Aît Tfraout, Aît Oumanouz, Aît Ouamlne, Azul Fllawen !». C’est beaucoup pour quelqu’un ne pige pas un mot en amazigh !. Après un bref prélude, pour mettre au diapason les instruments, les artistes, principale figure de proue de la Hayha, entament, leur show par la fameuse « Hoba’s back ». Lorsque Réda ressasse : Nmout Ana 3la Alhiha Al Maghribia », des milliers de V sont d’un seul coup, pointés vers le ciel. Le courant passe. La première troupe de fusion marocaine a ensuite visité les meilleurs tubes de son large répertoire composé d’une cinquantaine de chansons traitant de différents thèmes de la vie sociale des Marocains. Notamment, « Blad schizophrene », une œuvre à succès, lors de sa sortie en 2005, Lh’rig et « Bienvenue à Casa » qui a surtout dilaté la rate des spectateurs, ayant apprécié ses paroles cocasses et crues. Mais devant un public qui connaît par cœur les chansons de son groupe fétiche, celui-ci n’avait pas les coudées franches pour passer librement d’un morceau à l’autre. Les jeunes spectateurs en Aqchab et Tamlhaft, habits traditionnels de la région, sollicitent vivement chaque fois, à haute voix, des titres.  « El Caid MotorHead, El Caid MotorHead… !». Réda, malgré les décibels de la sono mise à fond, s’efforce de ne pas manquer de « happer» les messages des spectateurs. Sans transition, il a suffi qu’il lance un discret signe conventionnel à ses camarades, pour que l’air de la chanson soit entamé. Et que les jeunes spectateurs, reprennent en chœur à la place de la troupe : « Galikoum El caid Hdaw Hdaw Hdaw… ». Une très belle chanson du deuxième album de Hoba Hoba Spirit, qui se moque de l’antique approche autoritaire ayant sévi très longtemps chez nous et ses déboires incarnés par cet ubuesque agent d’autorité. Mais, le moment fort de la soirée : un jeune spectateur est parvenu à tromper la vigilance des agents de sécurité et accéder au-devant de la scène pour y brandir le drapeau amazigh. Déclenchant ainsi la joie et le délire de la foule, qui devrait avoir du mal maîtriser à ses émotions. Avant, de passer le drapeau portant l’emplème du tifinagh sur fond de couleurs de tamazight, à l’un des membres de la troupe sur scène qui l’étendra à son tour sur un baffle. Le jeune est pris par la suite par deux agents qui l’ont reconduit gentiment à sa place. L’ambiance festive continuera après dans la sérénité et la symbiose totale. Vers la fin du spectacle, les nombreux fans de Hoba Hoba Spirit, ont bissé à plusieurs reprises leurs idoles : des « A3id », « A3id », retentissent de partout, même après l’exécution d’un dernier morceau à la demande des spectateurs. Avant de céder la scène à la chanteuse amazighe, Aîcha Tachinwit. Signalons que le Festival Tifawine a drainé lors de cette édition, selon les organisateurs, plus de 20 mille spectateurs, venus des quatre coins du Royaume et même de l’étranger, notamment parmi la diaspora tafraoutie. A l’instar des éditions précédentes, le Festival a réussi à assurer la sécurité, sans incident aucun, offrant ainsi un espace convivial aux milliers de familles. Par ailleurs, l’organisation est sans faille. Grâce, aux efforts méritoires du duo infatigable : Abdellah Ghazi, fondateur et actuellement directeur du Festival, et le président de l’Association de la manifestation.

IDRISS OUCHAGOUR
Mardi 27 Juillet 2010

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1.Posté par bakanzize mohamed le 06/08/2010 11:38
Festival réussi sur tous les plans, ce qui montre que les organisateurs sont vraiment de vrais professionnels.La musique est un moyen de symbiose entre les différentes langues. Le choix des troupes est un facteur déterminant de la réussite des festivals. Félicitations aux organisateurs.

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