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Fenêtres … 2010 : pour une apologie du Beau




Le nouvel an est bien là. Le 21ème  siècle fête déjà son 10ème anniversaire. Le siècle n’est certes pas vieux, mais il semble l’être en raison de la barbarie humaine qui continue de peser lourd sur le globe. Le monde entier s’apprête à accueillir l’an 2010. Il y voit un an autre, tout à fait autre, car il s’agit pour lui de tourner la page du passé et d’ouvrir celle du futur. Ainsi, aussi nombreuses et aussi différentes que les attentes et les aspirations des citoyens du monde soient-elles, leurs ambitions convergent vers la même finalité : vivre heureux. Vivre heureux est aussi légitime comme désir. Cependant, peut-on vivre heureux sans penser promouvoir la vie culturelle et esthétique ? Peut-on vivre heureux sans faire valoir le Beau dans toute sa portée philosophique ? Le monde actuel a bel et bien besoin d’une renaissance culturelle et esthétique afin de réduire l’écart, fort abyssal, existant entre individus et cultures.  Il est tout naturel pour tout un chacun de formuler des vœux pour le nouvel an, il est tout naturel d’avoir des aspirations, mais il est aussi tout urgent de penser sauver l’humain, le collectif, le commun qui n’est autre ici que le Beau et son admiration. La crise du monde actuel repose essentiellement sur le retour de l’individualisme et du solipsisme comme modes de vie. Les intérêts politiques et économiques rendent de plus en plus profondes les distances interculturelles. D’où les identités meurtrières. D’où le dérèglement du monde, pour reprendre les titres des deux essais capitaux d’Amin Maalouf. Hormis l’éloge du Beau, l’homme moderne n’a aucune chance d’être racheté de sa tragédie d’être. Le Beau est à entendre ici dans le sens de création artistique et littéraire. Il s’agit de ce qui résulte immédiatement de l’expérience humaine sensible au Beau et à ses mystères. La musique, tout comme la peinture, la poésie ou d’autres registres de la création artistique humaine, bat en brèche la logique de l’appartenance territoriale et crée les mêmes sensations chez le récepteur quel qu’il soit et là où il se trouve du fait que son langage et sa matière de base sont universels. Partant, qu’on admire une toile de Pablo Picasso, qu’on écoute une sonate de Jean-Sébastien Bach, qu’on lise un opus d’Abdellatif Lâabi ou un texte d’Herta Müller, c’est toujours l’humain qui réagit et qui interagit en nous, car son essence se sublime et se satisfait à l’effet du Beau. La sensibilité humaine, sa capacité de s’extasier vis-à-vis du Beau, ne diffère point d’une culture à une autre dès lors qu’elle relève de l’universellement admis.  Le Beau est ce qui étonne, ce qui crée la surprise chez le récepteur. Il est révélation de l’ésotérique et opérationnalisation du sensoriel et du cathartique. Le Beau élimine tout fonctionnement spatio-temporel pour s’inscrire dans l’éternel. Sa leçon primordiale, il en a d’autres, demeure la connaissance des énigmes de soi et celles de l’autre. Aussi est-il que, contrairement aux visions chimériques et eschatologiques émises par des voix hostiles aux valeurs nobles de la vie, la bonne logique nous invite à faire l’apologie du Beau, à libérer les potentialités de la créativité humaine afin de faire surgir l’humain des décombres de l’inhumain. L’apologie, la perception et l’admiration du Beau sont prometteuses de jouissance esthétique, de plaisir d’être et de refonte des anomalies du monde. 2010 ouvre grandement ses portes, et nous, ouvrons généreusement nos cœurs et aimons la vie… 

Atmane Bissani
Jeudi 31 Décembre 2009

Lu 566 fois


1.Posté par abddelkbir jourji le 31/12/2009 12:05
Merci M. Bissani pour vos chroniques du jeudi. Merci également au journal Libération qui les publie. Continuez, vous avez maintenant un lectorat.

2.Posté par khadija oubadaoud le 23/01/2010 22:16
étant une ancienne étudiante de M. Atmane BISSANI cette rubrique me permettra de rester une lectrice fidèle de ce chère professeur avec lequel nous avons gouté la littérature, nous avons toujours souhaité que les 3 ans soient plus afin d'en profiter de votre savoir littéraire, et voilà, maintenant et grâce au journal "Libération" nous pouvons demeurer vos étudiants à jamais sauf que l'endroit ce n'est pas la salle 5. Merci et bonne continuation Monsieur ...

En lisant votre article Monsieur je me sens en classe au cours de l'une de vos séances de critique littérature, c'est très bon comme sentiment, hélas ça ne reviendra jamais....

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