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Fenêtre : Un autre Maroc




Fenêtre : Un autre Maroc
Poète de renommée universelle, Abdellatif Laâbi demeure fidèle à sa mission historique d’intellectuel engagé. « Un autre Maroc » (La Différence, 2013) est l’un de ses derniers textes écrits avec mille et une interrogations. Il s’agit en fait d’une lettre adressée à ses concitoyens. Lettre ayant pour sujet principal la relance d’un débat public sérieux, fructueux et responsable sur les affaires du pays. Tout se passe dans la lettre d’Abdellatif laâbi comme s’il voulait rappeler à son lecteur le rôle historique qu’ont joué les intellectuels tout au long de l’histoire du Maroc.
Tout porte à croire que l’intelligentsia a pratiquement démissionné de la scène publique, ce qui permet aux usagers (spécialistes) du discours saugrenu de renaître de leurs cendres (phénix). Corriger le parcours de la pratique politique au Maroc nécessite la responsabilisation des intellectuels qui croient au labeur de la raison loin du dogmatisme idéologique, loin des penchants métaphysiques et loin du fatalisme maladif. Le texte d’Abdellatif Laâbi pose toutes les questions sans pour autant prétendre y répondre.
Du politique à l’économique tout en passant par le culturel, le social et le sociétal la lettre de Laâbi se propose de rappeler aux Marocains que « ce dont nous souffrons, (…), c’est de l’absence d’une vision, d’un projet politique et de civilisation porteur de changements qualitatifs pour lesquels nous pourrions nous mobiliser avec détermination, comme nous nous étions mobilisés pendant la nuit coloniale… » (p.13) Un projet de société n’est pas l’apanage des seuls décideurs politiques ; un projet de société est avant tout un débat de société qui mobilise toutes les sensibilités de la nation.
Que l’on soit d’accord ou non avec Abdellatif Laâbi, il a du moins, en sa qualité d’intellectuel, mis le doigt là où il fallait le mettre : ouvrir un vrai débat de société qui puisse nourrir les espoirs dans un avenir meilleurs.
Or, un vrai débat de société sur les affaires de la société a d’abord besoin d’une véritable révolution culturelle, une révolution de la raison contre l’esprit des « fatwa », les Lumières contre l’obscurantisme.
Si cette révolution culturelle et ce débat de société peinent à avoir lieu, c’est à cause de cette incompatibilité historique qui a toujours existé entre, d’une part, les voix absolutistes qui voient dans la pratique politique un prolongement des pratiques sacrées, et, d’autre part, les voix relativistes qui voient dans la pratique politique un prolongement des pratiques profanes. Entre le sacré et le profane, la profondeur est si abyssale que vouloir la sonder nécessite toutes les énergies de la Science et de la Connaissance.    

Par A. Bissani
Mardi 8 Octobre 2013

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