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Fenêtre : Technique et Histoire




Fenêtre  : Technique et Histoire
Le mode arabe change. C’est là un fait incontestable. La chute du régime tunisien instauré par Ben Ali, la révolte actuelle en Egypte contre le régime de Moubarak montrent que le monde arabe marque une transition historique de taille : le passage de l’Etat postcolonial à l’Etat post- indépendant. Il s’agit là de la fin d’une période marquée par le despotisme à une période qui, elle, sera marquée par la mise en œuvre du rôle des institutions. En d’autres termes, il s’agit d’un passage historique du régime militaire gouverné par les lois de l’absolutisme au régime civil gouverné par les lois de la modernité. Les changements en cours résultent, entre autres, de l’entrée des sociétés arabes à l’âge de la « technique. » D’ores et déjà, la technique acquiert sa juste valeur au sein des sociétés arabes : elle ne sert pas à faire passer le temps, mais à comprendre le temps et à dompter le temps. Face aux idéologies caduques, face à la régression du rôle historique des partis politiques et face à la démission malheureuse des intellectuels dans le monde arabe, une nouvelle forme de penser et de réagir juvénile commence à gagner le terrain vacant depuis des lustres : la technique. La génération du facebook, la génération du numérique a renversé toutes les valeurs et toutes les prévisions. Grâce à cette génération une dynamique hors pair perce les horizons de la stagnation politique pour promettre un nouvel avenir dans les pays où le totalitarisme est encore en exercice. La nouvelle génération conditionne merveilleusement le devenir de sa société et impose à tout un chacun d’être à son écoute. L’usage de la nouvelle technologie a pour longtemps été pris pour nul et non avenu par les anciennes générations. Or il s’est avéré que le bon usage de la nouvelle technologie marque le début d’une rupture épistémologique et méthodologique avec  le passé fort ténébreux des régimes totalitaires arabes. Tout se passe ici comme si la technique conditionne désormais la vie politique, économique et culturelle. D’où le conditionnement démocratique de la vie politique, économique et culturelle. Tout va de soi ici si l’on considère la démocratisation technique que connaît le monde moderne. Fille de la modernité, la technique ne négocie pas ses potentialités révolutionnaires avec les retardataires de l’histoire ou avec ceux qui n’y croient même pas ; elle chemine et ne fait que cheminer. C’est bien évidemment sur la lumière réfléchie de la technique que l’histoire trace sa loi et impose sa logique en ce début du XXIème siècle. La technique est démocrate puisqu’elle permet à tout le monde d’en faire usage. Tel demeure un des points forts et positifs de la mondialisation. Si la technique est aujourd’hui mondialisée, la démocratie doit l’être illico. Le fonctionnement logique de l’histoire impose aujourd’hui plus que jamais aux pays arabes  de s’inscrire dans sa logique ou d’être dépassés à jamais. « Métaphysique achevée», selon Martin Heidegger, la technique a réussi, sans permission,  à gagner toute la planète et d’en faire un seul espace-temps obligé de se nourrir selon l’atmosphère générale dominante. Et comme le monde actuel est inscrit, idéologiquement, dans le discours des « limites », les anciennes formes de pensées sont condamnées à disparaître. Face à cette nouvelle société qu’est par excellence la société de la technique et de la consommation, les valeurs du « fait accompli » ont tendance à reculer devant les valeurs de « droit » et de « devoir. » Dans ce sens, la technique inhume les valeurs de l’omerta et de black-out en faveur des valeurs de la transparence et de la démocratisation. Ceci étant dit, il est dorénavant édicté de penser le mouvement de l’histoire en concomitance avec la stipulation de la technique. Si l’histoire ne revient pas sur ses promesses, la technique, quant à elle, ne revient point sur ses principes. L’histoire promet le déclin, tôt ou tard,  des régimes tyranniques, la technique, elle, promet de préparer ce déclin. L’histoire et la technique ne doivent pas se penser en dehors de la modernité, dès lors que celle-ci est originairement le produit de la logique de l’histoire et de la technique. L’histoire chemine et la technique prépare ce chemin. Sont trompés alors ceux qui croient faire face à l’essor de cette nouvelle métaphysique et idéologie qu’est la technique par des moyens d’antan. La conjoncture du monde actuel oblige, les décideurs sont obligés à la démocratisation de leurs pays, bien que la démocratie soit un projet universel à venir et en devenir… 

PAR Atmane Bissani
Mercredi 2 Février 2011

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