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Fenêtre... : Rêver




Le rêve a toujours accompagné l’être humain dans sa croisière existentielle. L’être humain a toujours fait du rêve le lieu de sa délivrance de l’insoutenable poids de la vie. Il y voit un droit, certes. Mais ce droit n’est possible que si le rêveur pense son rêve. Nos rêves ne sont pas toujours réalisables car ils ne sont pas toujours pensés au préalable. Il y a tout de même des rêves qui se pensent et là ils deviennent des désirs, des souhaits à vivre. Par contre, il y a des rêves qui ne se pensent pas mais qui surgissent inconsciemment et qui fonctionnent comme lieu de déstabilisation psychologique chez l’individu. Psychologues et psychanalystes ont leur mot à dire là-dessus en ceci que le rêve tient des rapports forts étroits avec l’inconscient. Bien que ses propos soient remis en question par le philosophe Michel Onfray (« Le crépuscule d’une idole », Grasset, 2010), Sigmund Freud, par exemple, considère le rêve comme étant « la voie royale » qui mène à l’inconscient. C’est dire, à partir de là, que le rêve est une porte ouverte sur les portes fermées vis-à-vis du conscient. Tout se passe ici comme si, une fois soumis à la science de l’interprétation des rêves, le rêve révélait les anomalies de la psychologie de l’individu. Il peut bien s’agir de désirs refoulés, ou d’interdits et de manques occultés dans les recoins les plus sombres de l’inconscient. Ceci étant dit, notre propos n’est pas de revenir sur le rêve tel que Freud l’a déployé dans ses écrits. Notre propos se veut le traitement du rêve dans d’autres contextes liés plus au social qu’au psychologique. Il existe en effet d’autres types de rêves, d’autres manifestations du refoulé et du prohibé. Ses rêves sont de l’ordre du social, du politique ou encore de l’économique et du culturel. Certains rêvent de justice sociale, d’autres rêvent de stabilité politique, d’aucuns rêvent d’épanouissement économique et culturel. S’il ne guérit pas du déficit, le rêve peut tout au moins rendre supportable l’attente que vit l’individu dans le monde. Rêver c’est croire en l’avenir, c’est tisser des liens avec le devenir. Rêver c’est être en vit, capable de sourire lorsque le sourire s’avère difficile à dompter. Le rêve accompagne l’optimisme, car si l’être ne rêve pas, il ne vit pas. C’est pendant les moments les plus atroces qui soient, c’est pendant l’épreuve d’angoisse la plus terrible que l’être puisse vivre que le rêve s’impose comme s’il était un cri d’espoir, ou une lueur de lumière venant  illuminer la nuit du désespoir dans laquelle l’être se trouve plonger. Il n y a pas de rêve sans espoir dès lors qu’il n’existe plus d’espoir sans rêve. L’être rêve car il tient à la vie ; il espère car il y croit. Le rêve n’a pas de limites. Il ne connaît pas d’obstacles car il se nourrit de l’espoir. Tout comme l’espoir, le rêve est une force, une énergie qui survient aux moments des grands désespoirs comme moteur de réanimation et de chargement des batteries érodées et usées par trop être laissées à la merci de la mélancolie. Que se soit individuel ou collectif, le rêve conditionne le devenir des sociétés parce que les individus et les sociétés qui ne rêvent pas n’ont pas d’avenir. Toujours est-il que ceux qui ne rêvent pas ne fabriquent pas leur futur. Seuls ceux qui font du rêve une arme solide réussissent à dessiner les contours de leur devenir. Lorsqu’il émane d’une véritable volonté, le rêve, tout comme la poésie, fait des miracles. Tous les grands changements qui ont touché à l’Histoire humaine ont été motivés par la logique du rêve. Et comme le rêve est au fond une aventure d’être, il nécessite une action-socle qui puisse le soutenir. Le rêve est en fait une action qui vise le passage d’un état à un autre. Le rêve forge la volonté d’être. Il n’induit jamais en erreur quand ses buts sont bien définis. Le rêve est un acte. Rêver de liberté, rêver d’amour ou rêver de démocratie est au fond un acte, un engagement vis-à-vis de soi et vis-à-vis de la société et de l’humanité. Le rêve reste la seule et unique pratique qui n’est pas interdite à l’être. Il lui est permis de rêver comme bon lui semble, mais sans pour autant nuire aux rêves des autres. A chacun ses rêves, à chacun ses désirs. Or, le meilleur des rêves/désirs, demeure celui qui se fait en faveur de toute l’humanité. C’est un rêve/désir simple et profond à la fois. Un rêve/désir qui se soulève contre le despotisme, contre la famine et contre la guerre. Un rêve dont la devise n’est autre que bonheur et paix pour tout le monde…

Atmane Bissani
Jeudi 27 Janvier 2011

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