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Fenêtre… : La logique de la Ville




Née dans la Grèce antique, la cité et son organisation traduit le génie de l'homme qui s'est vu dans l'obligation d'ordonner sa vie suivant une logique : la logique de la cité. Toujours est-il que la notion de la ville est le produit de l'âge adulte de l'humanité. Elle est le fruit de l'intelligence humaine consciente de la gravité des transformations qui ne cessent de toucher à l'homme en tant que structure en devenir. Autrement dit, la ville et sa logique sont la production des grands changements historiques qui ont atteint le style de vie de l'homme. L'homme avait effectivement besoin de définir son devenir permanent par rapport à l'espace dans lequel il vit. La ville est à concevoir de prime abord comme espace relatif à la structuration de la vie des groupes humains. Elle est le lieu qui organise les relations interindividuelles sur la base des droits et des devoirs. Ceci veut dire qu'historiquement la ville avait pour principale fonction de garantir le fonctionnement souple et bénéfique des affaires de l'Etat et des citoyens. La ville dans ce sens se veut la manifestation de la civilité de l'homme. La ville marque le retrait d'une ancienne culture et son remplacement par une autre. Elle est venue d'une volonté propre à l'homme policé visant la sortie d'une mentalité tribale et rigide à une mentalité citadine et laxiste, c'est dire une mentalité fondée essentiellement sur la liberté de pensée et d'expression. Ainsi, croire à la logique de la ville c'est au fond croire en une mentalité nouvelle qui cautionne la différence en tant que moteur sine qua non à la vie moderne. La ville implique la modernité en ceci qu'elle bat en brèche la vie tudesque et primitive guidée plutôt par l'instinct de force. La sociologie de la ville étudie dans ce sens la logique qui fonde la culture de la ville. Tout se passe comme si cette branche de la sociologie se proposait de répondre à la question : comment s'organisent les villes ? La ville est créée pour répondre aux besoins urgents de l'homme de l'agglomération, signe majeur des temps modernes. Ceci dit, la ville moderne est plurielle. En effet, commerçants, politiciens, intellectuels, épicuriens, etc. ont chacun sa propre conception de la ville. Dans ce sens, la ville devient la métaphore de droit à la différence. La ville ne va pas sans conception d'un espace public habilité à assurer à chaque citoyen le droit de vivre sa différence parallèlement à celles des autres. La ville en tant que forme de civilisation se charge de gérer les rapports de force entre citadins. Ainsi conçue, la ville est décidément une culture. Elle éduque le goût et amadoue les conflits car, pour se consolider, elle se confie à ses institutions. Via ses institutions, la ville justifie sa logique et favorise sa dynamique, ce qui laisse entende que les institutions de la ville sont en principe le socle d'une citoyenneté assumée. L'absence des institutions s'avère être la négation de la ville et de la citoyenneté. Le citoyen qui accepte la logique de la ville, défendra volontiers ses institutions dès lors qu'elles le protégent et protégent ses droits. Concomitamment à son approche sociologique, philosophiquement la ville peut être conçue comme le lieu de l'errance ontologique de l'être des temps modernes. La ville est le lieu de son écrasement existentiel du fait qu'il y oublie son essence et s'y réduit à une machine programmée par le temps qui domine. Labyrinthique par excellence, la logique de la ville étouffe le social et assène le psychologique. Capharnaüm, la ville fonde sa logique sur le fonctionnement matériel des objets qu'elle contient. Pense-t-elle ses objets ? Les classe-t-elle ? Sa logique va plus loin car il réussit à opérer le passage de l'être à l'étant. Suivant la logique de la ville, l'homme moderne est métamorphosé en statue insensible à son essence bafouée entre les reliefs de la ville qui ne fait que nourrir les sentiments de solitude, d'esseulement et de mystification. La logique de la ville fait de l'individualité une référence et du solipsisme un mode de vie. Le stress est son apanage, l'angoisse est son exclusivité. La logique de la ville peut rendre malade comme elle peut rendre fou. Sa sagesse, si elle en a une, s'avère être le couronnement des valeurs de la ville telles que le sens de l'amitié, le sens de la différence et le sens de la cohabitation. Poétiquement, la ville a d'autres secrets. Les nocturnes en sont convaincus…  

Atmane Bissani
Jeudi 28 Octobre 2010

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