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Fenêtre... : La Musique, cette métaphore de la vie…




«La vie sans musique serait une erreur », disait le philosophe allemand F. Nietzsche. Un tel propos traduit la sagesse nietzschéenne et non pas sa folie, car la véritable folie est bel et bien celle qui déconsidère le sens et l’essence de la musique comme moteur et comme catalyseur des sentiments les plus nobles qui soient. La musique est le prolongement naturel de la nature en tant que musique pure. Il ne s’agit pas là seulement de la seule production des sons, mais il s’agit  aussi et surtout de la traduction des sentiments et des émotions de l’être. Tout comme  la nature, l’homme scande et rythme son domaine de vie par des sons qui expriment à la fois son bonheur et son malheur d’être. Si la nature est une symphonie qui décrit et traduit son fonctionnement interne et externe, la musique que produit l’homme est également une symphonie qui extériorise ce qu’il intériorise. De sa profondeur abyssale, la musique réconcilie l’être avec le monde. Elle l’aide à réduire l’écart entre ce qu’il est et ce que le monde/la réalité est. La musique permet à l’être de comprendre le monde tout en prenant conscience de sa situation d’être humain, c'est-à-dire une intériorité, une structure profonde à dévoiler, à nourrir, une âme à éclore. La musique se veut cette transe interne qui transcende les gouffres de l’âme malade pour en faire des lieux de jouissance extrême. Toujours est-il que la musique est une victoire sur la morale des négativistes. La musique traduit la volonté d’être libre des fardeaux du quotidien, du sentiment d’être tragique, des traumatismes psychiques et de bien d’autres gênes liées à la condition humaine. La musique permet à l’être de vivre au diapason du bonheur et de l’amour. L’esprit de la musique demeure à plus forte raison sa capacité d’étonner, de faire germer le doute dans l’âme du récepteur avide d’accéder à la vérité du monde et des choses. Synergie, voire syncrétisme bien ordonné et bien organisé de toute la sensibilité humaine et naturelle, la musique est un voyage spontané de l’âme dans les cieux de l’absolu. Tout comme le mot/verbe poétique, la note musicale a une origine divine. D’où son secret essentiel : la musique est une quête de l’infini. De sa finitude imparable, l’être quémande son infinitude dans la trace/l’œuvre musicale. En fait, la quête de l’infinitude a toujours été une doléance ontologique qui définit l’expérience de l’être dans le monde. Doué de ses rêves, doué de sa nostalgie et de sa mémoire, l’artiste compose des sonates et joue des opus. Il est l’être de la transcendance qui, à travers sa musique, véhicule le bonheur de toute l’humanité. La musique s’avère être le seul et unique langage que produit l’homme à travers le monde entier et qui n’a aucunement besoin d’être traduit car il est universel. La musique est donc le langage humain le plus sacré qui soit, du fait qu’elle traduit l’énigme d’être sans pour autant avoir besoin d’une traduction. Son saisissement est intrinsèquement lié à la nature humaine. Elle est la chose énigmatique et secrète qui dit l’être. La musique est le langage humain qui ne triche pas avec l’humain. La musique apprivoise le mal. Elle est un besoin. Elle est un hymne humain, une force interne de laquelle jaillira son avenir éclairé et illuminé. La musique abroge les frontières entre pays et cultures. Elle est une religion qui réunit les humains. Telle l’eau, tel l’amour, elle se fraie le chemin de la paix et de la mansuétude. La musique engendre la morale de pardon, de tolérance et de partage. Elle rassure. Elle guide spirituellement. Elle dénonce. Elle élève. Entrer en musique c’est faire valoir le sens de  l’intimité, de l’amitié et de la familiarité au sein même de l’étrangeté. De sa généalogie cosmopolite, la musique garantit la survivance de l’altérité dès lors qu’elle humanise l’homme en défendant ses valeurs. La musique, cette source d’énergie et d’ardeur, cette berceuse pour esprits mouvementés, demeure indubitablement la preuve que l’homme est en vie. Tant que la musique demeure, l’homme demeure. Le jour où la musique disparaîtra de la scène humaine, celle-ci sera vouée aux gémonies. « La vie sans musique serait une erreur », disait Nietzsche, quant à nous, contentons-nous de dire que la musique est la métaphore de la vie, et que la vie est un opus à admirer…  

Atmane Bissani
Jeudi 5 Août 2010

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