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Fenêtre... : De l’Harmonie




N’en déplaise aux dictionnaires, n’en déplaise à l’histoire des langues, le mot le plus ancien et le plus profond de toutes les langues du monde serait le mot « Harmonie.» De son origine grecque, « harmonia », ce mot signifie arrangement et ajustement. Son adaptation est d’ordre musicale, certes, puisqu’il concerne essentiellement l’accord des notes et des sons relatifs au discours musical. Toutefois, l’harmonie peut s’ouvrir d’autres horizons de la vie humaine pour engendrer des phrasés propres, cette fois-ci, à l’existence et à l’être en tant  qu’expériences. Toute harmonie est une expérience qui réunit deux ou plusieurs éléments et qui vise la création d’un accord entre eux. L’accord donc serait le mot d’ordre qui définirait l’essence de l’harmonie. Depuis son avènement au monde, l’être a toujours essayé de rendre harmonieuses les relations qui existent entre son corps et sons âme, entre sa raison et sa foi, entre sa nature et sa culture, entre l’homme et la femme, etc.  Ainsi, Philosophiquement, l’harmonie est-elle un concept qui fonctionne selon deux régions fondamentales. S’agissant de la première région, l’harmonie développe un rapport horizontal entre l’être et le monde/réalité. L’être dans cette optique s’essaie à être dans l’application  systématique de ses capacités intellectuelles afin de vivre en accord dans un monde condamné incessamment aux changements climatiques, sociologiques, économiques, etc. Pour trouver sa place dans un tel environnement, l’être est invité vivement à s’adapter aux conjonctures du réel. S’agissant de la deuxième région du schéma proposé, l’être essaie de comprendre son existence et ce en s’essayant à la déconstruction du métaphysiquement amphibologique. L’harmonie fonde ce rapport technique et métaphysique liant le monde/réalité et la mise en pratique de l’intelligence de l’être. Au demeurant, être intelligent revient à chercher l’harmonie dans son contraire, c'est-à-dire aller au-delà du désordre afin de faire naître l’ordre, aller au-delà de la haine pour fonder l’amour, aller au-delà de la bêtise pour faire jaillir la sagesse. L’harmonie est un mot qui neutralise le mal et favorise le bien. L’harmonie s’avère être une quête de l’impossible comme accomplissement de l’aventure d’être comme possible. L’harmonie soude et cimente le lien entre le « je » de l’expérience de l’existence et le « il », le lieu de son application. Elle ranime et colmate la fontanelle de l’âme errante au fin fond des ressources de l’erreur. L’harmonie n’est pas un idéal ; elle tout simplement un rêve qui puisse guérir l’être  des superstitions de la fausse grandeur et de l’existence kitsch. Entre être et paraître, effectivement, l’harmonie se dissout dans les ténèbres du mensonger. Pourquoi ? Pour la simple raison que l’être harmonieux est celui qui vit en accord avec son propre être. C’est celui qui s’accepte avant de chercher son acceptation par autrui. L’être harmonieux c’est celui qui nourrit l’essence de l’expérience d’être et non son apparence. C’est l’être de la simplicité par excellence. C’est l’être qui, avec art, sait faire de la lumière un outil pour cheminer dans la voie du perfectionnement et non un outil pour favoriser le croupissement. De la complexité qui structure l’ère actuelle émane un nouveau concept révélateur d’une possibilité de restructuration du complexe. Il s’agit de la « simplexité » qui, dans une certaine mesure, définit les temps postmodernes. La simplexité, telle qu’en parle Alain Berthoz (La simplexité, Odile Jacob, 2009) demeure cette faculté qu’a le cerveau à trouver des solutions malgré la complexité des processus naturels et en faisant recours à la simplification. Tout porte à croire que la stratégie de la simplexité n’est autre que faire simple ce qui ne l’est pas, cela s’appelle « faire de l’harmonie », rendre possible, gérer le désordre et stipuler l’ordre. L’harmonie est donc cette énergie occultée de l’être qui, ou bien, aménagerait son existence si elle est récupérée, ou bien pérenniserait son tragique si elle reste refoulée. Par trop être simple et facile, la vie des sages est harmonieuse. Par trop être compatibles avec le réel, les désirs des petites gents favorisent l’harmonie de leurs vies. Qu’en est-il des nostalgies futures ? Les temps changent, les hommes aussi. Or, par trop être fidèle à sa nature, l’« harmonie » demeure propre et immuable…

Atmane Bissani
Jeudi 9 Septembre 2010

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