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Faut-il ouvrir les frontières africaines ?




Faut-il ouvrir les frontières africaines ?
Le fondement historique de l’Union africaine a son origine dans l’Union des Etats d’Afrique, une confédération créée par l’un des plus grands hommes de l’Afrique, Kwame Nkrumah dans les années 1960, ainsi que dans les tentatives ultérieures pour unir l’Afrique, y compris l’Organisation de l’unité africaine (OUA), qui a été créée le 25 mai 1963 et la Communauté économique africaine, en 1981.
Les critiques ont fait valoir que l’OUA, en particulier, a peu fait pour protéger les droits et libertés des citoyens africains de leurs propres dirigeants politiques, en la surnommant souvent le « Club des dictateurs » (BBC, le 8 Juillet, 2002). L’année 2002 a vu l’abandon d’une lettre de l’OUA, et l’on s’attendait fort à ce que cela signale aussi la fin de l’ère du « club des dictateurs ». Le monde et, bien sûr, les Africains avaient hâte que naisse enfin une organisation beaucoup plus responsable et axée sur les populations. Les africains ont été encouragés par le fait que l’UA semblait être sur la voie du modèle de l’Union européenne non seulement du point de vue des similitudes évidentes dans les nomenclatures, mais aussi du point de vue de son idéologie et des projets futurs.
Ils s’attendaient à ce que, avec la formation de l’Union africaine, le continent africain soit une économie sans frontières qui séparent les pays membres, sans restrictions au commerce entre les pays membres et devienne en substance le point culminant de la paix apportée par un commerce et une liberté de mouvement intra-africains sans frontières.
C’est loin d’être le cas. Dans la pratique, en dépit d’une préférence générale pour le protectionnisme, les pays africains commercent en effet davantage avec les autres pays qu’avec les voisins africains. Il ne faut pas chercher bien loin la raison ultime de cette situation : ce sont les mêmes pays qui offrent des subventions et de l’aide à leurs partenaires commerciaux africains. Quand on regarde le volume des échanges de chaque pays africain avec son principal partenaire commercial, on trouve une corrélation positive entre le commerce et l’aide. Plus il y a d’aide de la part d’un pays donné, plus le commerce avec ce pays est important.
Prenez par exemple la Chine. La relation sino-africaine est à un niveau sans précédent dans l’histoire. La Chine est depuis devenue le partenaire commercial de l’Afrique le plus important après les Etats-Unis. Logique : les aides de la Chine à l’Afrique ont également augmenté. L’UA a besoin de regarder derrière la main tendue de celui qui donne pour comprendre que, en recevant de l’aide, l’Afrique donne en fait beaucoup plus de ressources minérales. Dans l’accord avec la RDC, les Chinois vont recevoir près de 60 milliards de dollars de ressources en échange de 9 milliards de dollars en espèces et des projets en RDC. Nous gagnerons à négocier en tant que partenaires égaux avec le reste du monde.
Plus de 50 ans d’indépendance ont montré que l’aide n’est pas la voie vers la prospérité de l’Afrique. Si elle avait abouti à la prospérité de l’Afrique, nous en parlerions ici comme d’une stratégie économique à adopter, mais c’est loin d’être le cas.
L’Afrique reste le continent le plus pauvre dans tous les sens du terme. Avec une population d’à peu près un milliard de personnes, l’Afrique compte en effet le septième de la population mondiale. Si l’Afrique représentait cette même fraction du commerce mondial, ce serait le continent le plus riche du monde. Si nous disposons d’un septième de la population mondiale, cela signifie simplement que nous avons les ressources humaines pour la production. Il est évident que nous avons un marché pour les produits et les services et avec nos ressources minérales, nous n’avons en aucune façon besoin de tendre nos mains pour demander à être alimentés par l’aide étrangère. L’intégration économique est donc ce sur quoi l’UA doit désormais se concentrer, pour le sort futur des africains ordinaires, plutôt que sur des discours interminables et creux dans des réunions en grande pompe.
Il est temps pour l’UA de se pencher sur son document de création, pour vérifier si en tant qu’organisation, elle est proche de ses objectifs affichés quand ils ont été mis en place. S’il y a une organisation responsable du destin futur de l’Afrique, c’est bien l’Union africaine. Et s’il y a une organisation de toute évidence mal équipée pour l’amélioration future de l’Afrique, c’est également l’Union Africaine. Mais elle peut changer : les dirigeants africains doivent faire face à leurs propres échecs et défis, ou à ceux de leurs voisins, tout en encourageant les Africains ordinaires à user de leur ingéniosité pour bâtir leur propre avenir, à travers le respect des droits de propriété, l’état de droit et les libertés économiques.
 
* Japhet J. Omojuwa est 
chercheur-associé à IMANI. Franklin Cudjoe est président d’IMANI et rédacteur en chef du projet AfricanLiberty.org
Article publié en 
collaboration avec www.imanifrancophone.org

Par Japhet J. Omojuwa et Franklin Cudjoe *
Jeudi 29 Mai 2014

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