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Fatima Maghnaoui, coordinatrice de la commission de l’organisation du 6ème Congrès de la femme Ittihadia

«Le parti attend de nous une grande implication dans ses stratégies futures»




Fatima Maghnaoui, coordinatrice de la commission de l’organisation du 6ème Congrès de la femme Ittihadia
C’est demain que
le 6ème Congrès national de la femme Ittihadie ouvrira ses travaux
à Rabat.
Un événement
de grande envergure qui réunit quelque 500 femmes de toutes
les régions du pays
et qui se poursuivra jusqu’au dimanche 19 décembre
prochain. Venues,
en masse, participer aux multiples débats sur les questions relatives
au rôle
de la femme dans l’action politique
au sein du parti
et dans les instances élues du pays,
les militantes sont convaincues de leur importance dans
les tissus
sociopolitiques,
culturels
et économiques du pays. C’est pourquoi, les congressistes s’attendent à des journées bien
chargées et des débats fructueux
et chauds. Dans une interview exclusive
à Libé, Fatima Maghnaoui,
coordinatrice
de la commission
de l’organisation
du 6ème Congrès
de la femme Ittihadie,
a fait le tour
de la question
féminine dans
les secteurs politiques, sociaux, économiques
et culturels.

 Libé : A la veille du 6ème Congrès national de la femme Ittihadie, quel est votre bilan de la période précédente ?

Fatima Maghnaoui : Le bilan est en somme positif. Surtout que nous avons poussé les débats à des limites inattendues auparavant, à savoir la place de l’organisation féminine dans les instances du parti en tant qu’organisation de proposition, de plaidoyer et de prise de décision, la gestion des relations au sein du parti et la question de la représentativité féminine. Notre quota est passé à 25% ces dernières années. Ce qui est un bon début pour atteindre la parité, soit 50%. Ce qui est primordial pour le devenir du parti qui parie sur la participation féminine dans l’action politique globale qui englobe à la fois les réformes juridiques, politiques, sociales, économiques et culturelles. Mais avant d’atteindre notre objectif de 50% de représentativité dans les instances du parti, nous allons appeler lors du prochain congrès à améliorer nos quotas pour atteindre en premier lieu 33% des instances du parti en vue de la parité. Ce qui est légitime vu notre participation très active dans les différentes actions du parti. La femme Ittihadie ne veut plus être un décor dans les instances du parti ni un compte de voix électorales. Elle a montré qu’elle est capable de jouer des rôles de leadership. Surtout que nos rangs sont soudés et que notre motivation et notre engagement nous favorisent à prendre part aux décisions ultimes du parti et pourquoi pas du pays.

Quelles sont les contraintes que vous voulez surmonter lors de la prochaine étape ?

Notre première contrainte est la mentalité masculine. Et là j’ouvre la parenthèse pour comparer la mentalité masculine comme l’huile qui surgit à chaque fois sur la surface de l’eau. Les élections de 2007 et 2009 en étaient l’exemple. Si les femmes Ittihadies s’associent au mouvement féminin national pour instaurer une liste nationale et le quota soit dans les instances du parti ou dans les instances électorales, la gestion de ces mécanismes de discrimination positive est effectuée par les hommes. Et la liste nationale était la dernière à établir. Nous avons considéré que la dynamique des réformes législatives va créer les meilleures conditions pour améliorer la place des femmes au sein du parti d’abord mais ce n’est pas automatique. Je suis consciente que le combat des femmes est un combat de génération. C’est un processus constant.  
Nos multiples efforts penchent dans ce sens pour prouver aux hommes que la femme peut jouer des rôles avancés dans l’action politique. Surtout que l’expérience l’a prouvé dans différents secteurs d’activité. Donc il faut abolir certaines idées archaïques qui refusent d’admettre que la femme est devenue un partenaire sociopolitique incontournable. C’est là où réside d’ailleurs le rôle des médias qui ne focalisent pas trop leur attention pour améliorer l’image de la femme et refléter son combat, ses acquis, les contraintes et les défis, sa place dans la société que les partis sous-estiment lors des échéances électorales. Et pourtant les électeurs font davantage confiance aux élues femmes au même niveau que les hommes. Dans certaines régions du pays, les constats sont en faveur de la femme qui a pris les rênes de la gestion de la chose locale où elle a excellé.

Donc on peut dire que l’intervention de Fathallah Oualaalou au conseil national vous réconforte. Surtout que le membre du Bureau politique a déclaré que le parti parie sur la femme dans la prochaine période.
 
Certainement. Le fait que le Bureau politique approuve l’idée d’associer la femme aux grandes stratégies du parti est en quelque sorte une reconnaissance à tous nos efforts fournis durant toutes ces années. C’est ce qui nous motive davantage à prouver à toutes les instances du parti notre capacité et notre savoir-faire. L’enjeu est de taille : le parti attend de nous une grande implication dans ses stratégies futures. Nous sommes appelées à réussir le challenge de proximité et en même temps à restructurer les sections féminines du parti et les préparer à la prochaine étape, celle des réformes politiques, juridiques, sociales, économiques et culturelles. Ceci dit, nous sommes à l’épreuve. Et peut-être les femmes Ittihadies à mon avis vont contribuer à la restructuration du parti. Ce qui est la base de la construction démocratique. 

Qu’entendez-vous faire donc pour assurer la prochaine étape ? 

Notre challenge réside tout d’abord dans la réussite de notre congrès. C’est une étape cruciale pour le devenir de la femme Ittihidia. Nous œuvrons également à unir davantage nos rangs à l’échelle nationale comme nous envisageons la même chose au niveau international où nos militantes se sentent un peu à l’écart. Elles militent certes de leur côté, mais nous devons unir nos forces pour faire entendre la voix de la femme MRE auprès des politiques et des différentes composantes sociales, économiques et culturelles du pays. Par ailleurs, nous voulons mettre en place un mécanisme de travail adéquat en collaboration avec nos consœurs à l’étranger pour qu’elles deviennent ambassadrices de la cause féminine et nationale du pays à l’échelle mondiale. Ce volet international de la diplomatie féminine est d’une extrême importance. C’est pourquoi nous nous sommes toutes mobilisées au niveau de la section féminine de l’USFP afin de réussir ce challenge qui s’ajoute à d’autres qui ne manquent non plus d’importance. Au niveau national, nous allons poursuivre notre combat pour consolider les acquis et  éliminer toutes les discriminations basées sur le genre et surtout institutionnaliser les égalités des genres. Les femmes Ittihadies ont besoin d’un courage exceptionnel pour répondre aux attentes de la conjoncture et aux différents enjeux; à savoir la reprise de la confiance en la politique et dans les  partis et favoriser la participation à la vie politique.
Comment donc capitaliser nos expériences féminines en matière de réseautage et de plaidoyer avec toutes les composantes de la société marocaine (section des femmes dans les partis politiques démocratiques), associations des droits des femmes et celles des droits humains ? Il est central de revenir à cet élément fédérateur important pour imposer nos revendications au sein de nos partis et vis-à-vis des décideurs politiques.

Au niveau de l’organisation du 6ème Congrès, quelle est votre feuille de route organisationnelle ?

Notre projet de plateforme organisationnelle va se pencher sur la problématique de la continuité en vue davantage d’intégration et de parité. D’où le noyau dur des débats de ce congrès. Ceci dit, ce challenge demande l’opérationnalisation de notre vision organisationnelle du 5ème Congrès national des femmes Ittihadies. Et ce, par la mise en place de mécanismes régionaux et locaux de proximité et de travail sur le terrain avec les femmes, à côté d’elles et pour elles en matière d’analphabétisme, de lutte contre la violence et la pauvreté, le renforcement de leurs capacités afin de les encourager à la forte participation politique, la diffusion de la culture de l’égalité, de la citoyenneté et de la solidarité. Et bien entendu, l’éducation à la démocratie en tant que processus continu pour l’enraciner dans notre société.
D’autre part, et afin de démocratiser davantage l’organisation féminine, nous avons mis l’accent sur des principes de transparence, moralisation, partenariats et de proximité et des contrats, d’audit, des critères de candidatures à la présidence et au secrétariat national, à savoir le background et l’expérience des candidates dans le militantisme politique. Ainsi, chaque candidate doit présenter un mini-projet sur sa vision de la gestion de cette organisation. Ce qui est une première à l’échelle nationale. Par ailleurs, nous avons qualifié le congrès national comme étant l’instance suprême de décision, le conseil national des femmes, le secrétariat national des femmes, et les mécanismes de coordinations régionales et des comités fonctionnels locaux.
L’actuel défi est de réussir le congrès dans un cadre démocratique et transparent. Et ce pour élire une nouvelle équipe dynamique capable d’assurer les attentes de la femme marocaine, du parti et de tout le pays.  

Entretien réalisé par Rida ADDAM
Jeudi 16 Décembre 2010

Lu 931 fois


1.Posté par Bouatlaoui Otman le 19/12/2010 17:45
Mini projet pour méga cause, un conseil: évitez d'évincer les femmes lorqu'elles ne sont plus photogéniques . Sous des djéllabas dorment des volcans en latence, sous les djellabas et la démarche fatiguée, sont des femmes qui ont fait de ce pays un pays ouvert aux autres.
Attention aux effets de modes, attention à la politico show. tous les dirigeants socialistes je dis tous et sans exception, doivent penser à toutes ces femmes qui ont tant donné à notre société, et qui sont malheuresement oubliées, ou sous utilisées, lorsque je vois des femmes à un âge bien avancé, ici en europe, qui tiennenet un rôle important dans la société: Simone veil,... je dis que nous au Maroc, nous sommes les premiers à mettre en place une autre chappe sur la femme Marocaine, les hommes s'accaparent de tous les pouvoirs, les femmes doivent penser à mini projet, pour une mega exploitation. Merci à toutes les FEMMES MAROCAINES.

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