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Fatima Ezzahra, énième victime de la violence aveugle

La jeune femme de 22 ans a payé de sa vie




Fatima Ezzahra, énième victime  de la violence aveugle
A Sidi Moumen, l’histoire de Fatima Ezzahra est encore sur toutes les lèvres. Tout le quartier est sous le choc. Et pour cause, cette jeune femme âgée de 22 ans a trouvé la mort, mardi dernier,  dans un accident tragique en tombant du balcon de son logement. Le doute plane sur les circonstances de sa mort. Suicide ? Meurtre ? Rien n’est encore clair. Mais les nombreux témoignages parlant de traces de violence voire de brûlures sur son corps en disent long sur le calvaire qu’elle a dû subir. Le mari de la victime a été arrêté jeudi soir pour les besoins d’enquête.
C’est la conséquence logique d’un long parcours de violence. En effet, pour la famille de la défunte et son entourage, cette fin tragique était quelque part prévisible. Mariée depuis deux ans, la vie de F.Z  a été un véritable enfer. Vivant avec sa belle-famille, elle n’a eu de cesse d’être maltraitée. Bon nombre de fois son mari l’a menacée de divorce. C’est ce qui ressort également des propos du frère de la victime. Contacté par Libé, il pointe du doigt, la belle-mère qui, selon lui, est  une véritable marâtre qui mène à la baguette tout son entourage et devant elle, son fils perd ses moyens. «Le mariage a duré deux ans. Mais dès le deuxième mois, Fatima Ezzahra a commencé déjà à être maltraitée», raconte-t-il. Et d’ajouter : «Chaque fois que je m’interposais pour régler la situation, elle m’empêchait de prendre les mesures qui s’imposent  notamment en déposant plainte contre ses tortionnaires. Pour elle, il n’est pas question de traîner son mari dans les commissariats». Pourtant, elle était assignée à une sorte de résidence surveillée et a même été privée d’un téléphone personnel. Il lui fallait attendre le retour de son mari pour contacter ses parents sous son contrôle. Les jours passent et l’étau se resserre de plus en plus, mais elle n’a jamais voulu entendre parler de divorce, préférant chaque fois trouver un compromis. «Le poids des traditions, le tabou qui continue à  entourer la femme divorcée l’ont acculée à  faire de grands sacrifices et au final à payer de sa vie», regrette amèrement le frère de la défunte. Ainsi c’est un autre nom qui s’ajoute à la liste ô combien longue des victimes de la violence faite aux femmes. Mais ni son frère ni son entourage ne comptent taire cette affaire. Emus, les habitants du quartier sont sortis nombreux dans un élan de soutien et de protestation. Ils se sont dirigés vers la maison de la belle-famille de la victime pour dire toute leur colère. Ils demandent que toute la lumière soit faite sur  ce drame. 
Par ailleurs et suite au recours de  la famille de la défunte concernant les résultats du rapport d’autopsie, le procureur du Roi a demandé d’établir un nouveau rapport.   Une demande qui tarde encore à voir le jour puisqu’aucune action n’a été entreprise dans ce sens. En effet, le corps de Fatima Ezzahra repose encore à la morgue de Rahma. Elle a laissé  derrière elle un enfant de huit mois…   

Nezha Mounir
Mercredi 21 Mai 2014

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