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Fatiha Morchid : “L’écriture est une thérapie”




La traduction n’est pas chose aisée comme certains pourraient le penser. Elle est beaucoup plus difficile et plus complexe  que l’écriture du fait qu’elle fait appel à des paramètres qui doivent tenir compte de certaines conditions. 
Fatiha Morchid, poétesse et romancière en sait quelque chose, elle, qui baigne dans l’écriture et dont certains écrits et poèmes sont traduits. Cela ouvre, indéniablement, de nouveaux horizons, surtout quand il s’agit de rencontres avec des textes dont les auteurs ne partagent pas les mêmes visions  que celles du traducteur. Fatiha Morchid a vécu cette expérience en rencontrant une poétesse et traductrice chinoise.
 « J’estime qu’une traduction est une rencontre avec un texte et pour le traduire, il faut tout d’abord, l’aimer. J’avais rencontré la poétesse et traductrice chinoise June Yang, l’année d’avant au Festival international de poésie et de céramique en Chine, elle avait traduit quelques-uns de mes poèmes pour le festival. C’est ainsi qu’a commencé l’histoire d’une rencontre, entre deux personnes, deux cultures, deux langues. Et puisque traduire est un voyage à la rencontre de l’autre et par de là, de soi-même, Mme June Yang est venue au Maroc et nous avons passé deux semaines ensemble à travailler sur la traduction. C’était important pour elle afin de saisir davantage ma sensibilité poétique et d’approcher ma vie quotidienne”. 
Certes, pour traduire, il faut se mettre à la place de l’auteur et bien cerner ses centres d’intérêt, faute de quoi, la traduction manquerait d’âme et d’essence.
 Fatiha Morchid explique que le fait que la traductrice se soit proposée, est déjà une sorte de garantie.
“ Le fait que ce soit June Yang qui devait assurer la traduction, était pour moi “la rencontre amoureuse” entre elle et mes poèmes.  Je pense que traduire, est un acte de générosité extraordinaire. 
Je savais donc que la beauté de la langue arabe serait sublimée par la traductrice dans sa propre langue. D’ailleurs lors du Festival, les poètes chinois l’ont tous félicitée pour la qualité de son travail “.
Le poème traduit en chinois appelé “Unspoken” est un long poème que Fatiha Morchid a écrit de façon fragmentée, ce qui veut dire qu’il s’agit de morceaux indépendants qu’on peut méditer séparément. Sur le choix de ce titre, elle explique qu’il y a toujours une part du non-dit qui prête à confusion, car elle véhicule plusieurs interprétations qui créent le drame dans une relation humaine. Je pense que tout ce que nous écrivons, constitue cette part d’Unspoken en nous , car seule l’écriture avec la marge de liberté  tolérée permet de dire des choses qui constituent notre essence propre, notre vérité. L’écriture est une thérapie, je crois en la capacité du mot , en son pouvoir de construire et de détruire aussi”.
Une expérience très riche pour Fatiha Morchid qui voit son imagination, ses rêves et ses pensées, traverser le globe pour résonner dans la sensibilité d’une culture aussi séculaire que la culture marocaine.

A. KHATIB
Samedi 17 Septembre 2011

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