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Fathallah Oualalou devant l’I.S : “Les socialistes doivent promouvoir une approche social-démocrate de sortie de crise”




Fathallah Oualalou devant l’I.S : “Les socialistes doivent promouvoir une approche social-démocrate de sortie de crise”
Fathallah Oualalou, Premier secrétaire adjoint de l’USFP, a prononcé
le  discours suivant devant le XXIVème Congrès de l’Internationale socialiste tenu au Cap, en Afrique
du Sud, du 30 août au
1er septembre 2012 sous
le thème : «Pour un nouvel internationalisme
et une nouvelle
culture de solidarité».
«Monsieur le Président,
Chers camarades,
Je voudrais dire au départ combien nous sommes heureux de  participer à ce 24ème Congrès de l’IS qui se tient au Cap Town, accueilli par nos amis de l’ANC que je remercie pour leur hospitalité. Je saisis cette occasion pour féliciter tous les militants de l’ANC alors qu’ils s’apprêtent à fêter le  100ème anniversaire de leur mouvement.
L’USFP elle-même issue d’un mouvement de libération national avant de se transformer en un parti socialiste est fière du travail accompli par ses fondateurs dont notre martyr Mehdi Ben Barka qui avaient accompagné d’une façon solidaire la lutte du peuple sud-africain sous la direction de Nelson Mandella héros de toute l’Afrique.
Notre parti exprime aussi sa fierté de la décision unanime prise avant-hier par l’Internationale socialiste des femmes d’élire à sa tête Ouafa Hajji, une grande militante socialiste marocaine. C’est une lourde responsabilité pour elle. Je sais qu’elle a toutes les compétences pour réussir ; c’est aussi un hommage à la femme africaine pour sa contribution aux combats pour l’égalité entre les deux sexes ; c’est également un message de solidarité aux femmes arabes qui, après l’élan du Printemps arabe, luttent aujourd’hui contre toutes les dérives qui pourraient affecter leurs acquis en matière de droits humains.
Les trois thèmes de votre congrès sont intimement liés : définir aujourd’hui la réponse social-démocrate à la crise économique implique aussi d’œuvrer pour l’élargissement de la démocratie dans le monde et promouvoir une nouvelle culture de solidarité.
J’ai eu le plaisir de participer le mois dernier à Samos au travail de la commission qui a préparé pour le Congrès, sous la direction du président Papandreou, la feuille de route de notre réponse à la crise.
La crise financière puis économique affecte depuis 2008 les secteurs les plus fragiles et les personnes les plus démunies partout dans le monde.
Au point de départ, il faut toujours le souligner, c’est la financiarisation excessive de l’activité économique au détriment de l’économie réelle et de l’économie du labeur qui a été la cause de ce processus régressif de la crise.
Il est donc important d’œuvrer pour réguler la sphère financière tant sur les plans mondial que national pour arrêter les dérives.
La crise est née comme en 1929 au cœur même du système capitaliste avant de traverser l’Atlantique et s’installer en Europe.
La situation actuelle en Europe nous concerne tous. Elle nous concerne nous les Méditerranéens et nous les Africains. Une Europe affaiblie veut dire pour nous moins de demande à nos produits, moins de transferts de nos immigrés, moins de recettes touristiques, moins de flux de capitaux et donc moins de croissance et plus de chômage et de pauvreté.
C’est pour cela, et nous le disons nous Africains, que nous avons besoin ensemble d’une Europe forte, efficiente, solidaire, généreuse et non d’une Europe à deux vitesses : géographiquement entre son Nord et son Sud, socialement entre les couches aisées qui vivent de la spéculation et les couches les  plus démunies victimes du chômage.
De même, l’Europe a besoin d’une Afrique et d’une Méditerranée plus fortes et plus solidaires capables d’adhérer à une logique de coopération Sud-Sud pour changer les rapports Nord-Sud. L’Afrique et la Méditerranée n’ont pas à rester l’objet de compétition autour de leurs ressources naturelles mais des acteurs agissant au sein d’une action anticrise et d’un projet de co-développement avec l’Europe voisine et avec l’ensemble des grands pôles régionaux.
Aujourd’hui, comme au départ de la crise en 2008, les effets de la crise provenant des pays développés ont des conséquences néfastes sur les pays les plus pauvres qui vont de la hausse des produits énergétiques aux spéculations sur les produits alimentaires.
A nouveau, le risque de la famine guette aujourd’hui des pays du Sahel africain, c’est cela aussi la solidarité.
C’est à ce niveau que se situent les conséquences de ce qu’on a appelé  le « Printemps arabe » avec ses prolongements en Afrique et dans la région Sud Méditerranée.
Oui, ce fut un moment d’un élan de jeunesse et de générosité, un appel pour la fin des despotismes politiques et de l’économie de rente et du népotisme.
Aujourd’hui, il y a de nouveaux risques. A nous les sociaux-démocrates de rester vigilants. Nous constatons les risques des guerres civiles, des guerres de religion, la montée du tribalisme, de la dislocation des entités nationales et des tentations séparatistes. Tout ceci, nous l’observons de la Syrie au Mali.
C’est clair, ce n’est pas avec ces dérives et courants néfastes que nos pays pourraient lutter contre la crise, répondre aux défis de la mondialisation et participer à la promotion d’un développement durable et d’une culture solidaire dans le monde.
La crise dans le Nord, les soubresauts  dans le Sud constituent, chers camarades, une opportunité pour nous les socialistes, pour promouvoir une approche social-démocrate de sortie de crise, une culture d’ouverture sur la modernité, de solidarité et de progrès ; dès lors une action sérieuse est exigée aujourd’hui plus qu’hier pour instaurer la paix dans le monde, notamment en ce qui concerne les droits fondamentaux du peuple palestinien.
Ainsi notre Congrès pourrait être un congrès d’espérance dans ce lieu magique du monde, le Cap d’Espérance, comme vient de dire notre camarade Ségolène Royale.
Je vous remercie».

Libé
Vendredi 7 Septembre 2012

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