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Fatéma Ouchay : “Je n’arrive pas à comprendre cet engouement pour la production TV durant le Ramadan”




Fatéma Ouchay : “Je n’arrive pas à comprendre cet engouement pour la production TV durant le Ramadan”
Tous les Marocains vous le diront, Fatéma Ouchay est une artiste-née. Parfaitement à l’aise dans les rôles les plus complexes, elle jouit tout naturellement de la reconnaissance et de l’attachement du public.  

Libé: Quel regard portez-vous, d’une manière générale, sur la situation de l’acteur marocain ?

Fatéma Ouchay: Comme chacun le sait, l’acteur marocain ne dispose d’aucune garantie pour une vie décente. Il n’a même pas de couverture sociale.  Il n’a pas de revenu stable qui lui permette d’affronter les aléas de la vie. Dans pareille situation, quoi de plus normal que d’accepter certains rôles,  uniquement pour subvenir à ses besoins.  Il faut bien se rendre à l’évidence : même certaines stars du cinéma marocain ne sont pas tout à fait à l’abri du besoin.  C’est une situation qui n’a rien de comparable avec celle de leurs confrères à l’étranger.

Comment expliquez-vous cette profusion d’acteurs qui ne brillent pas particulièrement par leur talent sur la scène artistique marocaine ?

Ceci relève à mon avis du foisonnement des maisons de production. Certaines personnes, qui n’ont aucun lien avec le monde de l’art, sont devenues du jour au lendemain producteurs de cinéma. Allez savoir dans quelles conditions ! Ce sont des producteurs autoproclamés, qui se sont lancés dans ce domaine, pour des raisons purement mercantiles.  Ces pseudo-producteurs ne se fatiguent  pas trop pour dénicher de vrais artistes, la  seule chose qui compte pour eux, c’est le bénéfice matériel.
Le comble, c’est que les acteurs, ou la plupart d’entre eux, sont sous-payés par ces producteurs, quoi que l’on dise. Dans le meilleur des cas, et quand le producteur se montre vraiment «généreux» et sympathique,  le cachet d’un acteur, dans une série télévisée, ne dépasse pas les  120.000 dirhams. Et je parle là, bien entendu, des acteurs qui sont bien en vue et qui jouissent d’une certaine notoriété.

Certains acteurs travaillent actuellement derrière la caméra en tant que metteur en scène. Quel est votre point de vue ?

Je n’ai rien contre cette «conversion». Je dirai même que je la vois d’un bon œil. Car un comédien chevronné a, en principe, toutes les qualités requises pour mener à bien une mise en scène. Je saisis même cette occasion pour saluer mes collègues Abdellah Ferkouss et Rachid El Ouali qui ont réussi ce formidable exploit. Je suis moi-même tentée par l’expérience. Et il m’arrive même de penser à fonder une école spécialisée dans les métiers du cinéma.

Que pense Fatéma Ouchay des séries télévisées qui foisonnent durant ce mois sacré?

  Je n’arrive toujours pas à comprendre cet engouement pour la production TV durant le mois de Ramadan. Et uniquement durant ce mois sacré. Pour moi, la création artistique doit s’étaler sur toute l’année, sans périodicité aucune. Mais malheureusement, les gens attendent l’approche de ce mois pour travailler dans la hâte et produire des séries improvisées de toutes pièces. J’essaie de comprendre les véritables motivations de ces producteurs, mais je n’y arrive pas, je l’avoue. Peut-être cherchent-ils à détourner les spectateurs  de la production artistique locale.
En fait, pour mener à bien un film ou une série télévisée, l’on devrait disposer du temps nécessaire et des moyens adéquats. Et la production devra être supervisée par des gens intègres, et non par des personnes dont la cupidité est la principale «motivation».
A cet égard, je peux vous affirmer que nombre de projets méritants, proposés par des artistes marocains, sont toujours enfermés dans les tiroirs de certains responsables, pour des raisons obscures. Alors que d’autres projets dont la médiocrité est avérée, sont acceptés sur un simple appel téléphonique.
Alors qu’on ne vienne pas nous dire que le choix de séries turques et mexicaines est uniquement dicté par la médiocrité et le manque de compétitivité de note production nationale.

Propos recueillis par MEHDI OUASSAT
Mercredi 8 Août 2012

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