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Fatéma Chahid : Une poétesse comblée




Fatéma Chahid est l’une des poétesses les plus en vue. Pour elle, la poésie est plus qu'un agencement de vers et de rimes, mais une façon d'être, une façon de voir le monde. C'est pour cela que la poésie est venue à elle alors qu'elle n'avait que 9 ans. Issue d'une famille de Taroudant, une famille conservatrice, elle a eu toutefois la chance d'avoir un père ouvert. Un père qui était convaincu que la seule voie de vaincre le protectorat, était l'école. C'est pour cela qu'il ne s'était jamais opposé à ce qu'elle aille à l'école et qu'elle fasse des études. Mais quitter la chaleur familiale pour aller à l'école, voilà ce qui relève du défi surtout pour une fille. Fatéma est alors allée à Rabat à l’âge de neuf ans, pleine de rêves. La solitude, le manque d'affection et la découverte d'un nouveau monde, Rabat, une grande ville, ont poussé Fatéma Chahid dans ses derniers retranchements. Et il n'y avait que les mots pour l'aider à s'évader de ce monde combien agressif et de cette ambiance morose. Son poème circule au lycée comme une traînée de poudre et voilà que tout à coup ses camarades et professeurs parlent d'elle. Elle avait réussi sa première escapade. « J'ai toujours aimé écrire des poèmes, donc je le fais, c'est ma manière à moi de m'exprimer, d'être et de me protéger contre les agressions ambiantes », aime-t-elle à rappeler. Et comme elle était toujours studieuse, elle n'avait pas de problème à jongler avec les mots. Il faut dire qu'à l'époque, il n'y avait que la lecture pour passer le temps pour une fille. Ce handicap, si l'on peut dire, l'a beaucoup aidée et elle s'est entièrement consacrée par la suite à l'acte d'écrire. Certes, elle a eu une première expérience conjugale qui n'était pas très réussie, mais elle s’est vite ressaisie pour retrouver les rimes et la satisfaction que lui procure l'écriture. Après le lycée, la voilà à la fac de droit et de lettres, dans les années de braise. On s'agitait à côté d'elle, elle remarquait l'effervescence mais elle estimait que cela ne la concernait pas ou que ce n'était pas fait pour elle. Même de nos jours, Fatéma Chahid dira la même chose. « Je ne mangeais pas de ce pain-là, la politique, les manifestations, les joutes oratoires ne me séduisaient guère », se rappelle-t-elle. Mais, elle écrivait des poèmes pour « déshabiller mon cœur ». Des recueils, elle en a beaucoup fait : « Imago » en 1985 et « Songes de hautes terres notamment ». Des romans, elle en a écrit aussi mais c'est toujours la poésie qui prend le dessus car elle lui procure un sentiment de liberté ; cette liberté qu'elle a recouvrée après le divorce de son premier mariage. D'ailleurs, après cette séparation, elle est retournée au bled chez sa mère, troquant le bien-être et l’aisance contre sa liberté. Elle s'est remariée par la suite. Elle a eu trois enfants, tous cadres d'entreprises ou médecins aujourd'hui. On ne peut pas dire que la boucle est bouclée, puisque Fatéma Chahid continue  son œuvre sur le plan familial, au moins on dira qu'elle a réussi la même mission que son père, de fort belle manière.           


Libé
Samedi 27 Février 2010

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