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Familles coréennes : L'ère des rencontres furtives touche à sa fin




Depuis plus de 20 ans, Shim Goo-Seob organise de dangereuses réunions en tête à tête pour les familles divisées par la guerre de Corée (1950-53). Aujourd'hui, il est près de tirer un trait sur ce travail confidentiel.
Renforcement des contrôles aux frontières, envolée des coûts, le nombre de ces réunions non officielles a plongé à 10 en 2014, contre près de 300 en 2003. En 2015, aucune famille n'a pu se rencontrer en privé.
"Franchir la frontière est devenu bien plus dangereux, plus cher. Nos opérations sont quasiment au point mort", explique M. Shim à l'AFP. Des millions de personnes ont été séparées pendant le conflit qui a scellé la partition de la péninsule. La plupart d'entre elles sont mortes sans avoir jamais pu revoir les êtres chers ni même savoir ce qu'ils devenaient, les communications transfrontalières étant interdites.En 1985, les deux Corée avaient organisé la première réunion des familles. Mais la deuxième n'avait eu lieu que 15 ans plus tard.
Dans l'intervalle, certains esprits entreprenants ont monté des sociétés privées pour mettre en contact les familles sud-coréennes avec leurs parents du  Nord, voire organiser des rencontres dans des pays tiers, principalement en Chine: en 1990, 35 rendez-vous privés avaient eu lieu et plus de 220 en 1993.
M. Shim, qui a lui-même pu revoir son frère nord-coréen en Chine en 1994, a  créé quatre ans plus tard sa propre organisation. Il a fallu mettre en place un réseau clandestin de "facilitateurs" en Chine  et en Corée du Nord pour établir le premier contact, après quoi les démarches  pour organiser un rendez-vous en Chine ont pu commencer.
En raison des restrictions imposées par la Corée du Nord sur les  mouvements, intérieurs comme extérieurs, pots-de-vin et faux papiers étaient  indispensables. "C'était principalement une question d'argent car pour faire sortir et  rentrer les gens de Corée du Nord, il fallait en verser beaucoup", dit M. Shim,  et "c'était comme une opération risquée d'espionnage. Les facilitateurs comme  les familles nord-coréennes prenaient beaucoup de risques personnels". Il dit  avoir connaissance de quatre cas d'emprisonnement de "facilitateurs". Lui-même a été arrêté deux fois par la police chinoise mais s'en est sorti  en versant des espèces sonnantes et trébuchantes.
Depuis 15 ans, les sociétés comme la sienne sont soutenues financièrement  par le gouvernement sud-coréen. Entre autres, les familles reçoivent sept  millions de wons (5.700 euros) pour les aider à contacter leurs proches. "Nous avons augmenté continuellement les financements au fil des années  (....) et continuerons à offrir notre aide", dit Ha Moo-Jing, directeur du  département des familles séparées au sein du ministère de l'Unification.
La plupart de ces réunions se tiennent dans des planques près de la frontière entre la Chine et la Corée du Nord. "Elles durent plusieurs jours, que les familles passent généralement terrées à l'intérieur, à dormir et manger  ensemble", raconte M. Shim.

Mercredi 2 Décembre 2015

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