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Faites-vous plaisir... parlez de vous!




Faites-vous plaisir... parlez de vous!
Deux psychologues et auteurs britanniques ont réalisé une batterie d'expériences variées pour démontrer que l'humain aime avant tout parler de lui-même. Le LA Times raconte cette expérience menée par les auteurs Diana Tamir et Jason Mitchell. L’objectif premier était de déterminer si le processus de divulgation de ses propres pensées était intrinsèquement gratifiant. Dans chacun des cinq tests réalisés, les participants ont été invités pour discuter de leurs propres croyances et opinions ("Aimez-vous pratiquer des sports d’hiver comme le ski?"), pour spéculer sur les croyances et les opinions d'une autre personne ("Pensez-vous que Barack Obama aime skier?"), ou pour répondre à une question type "vrai ou faux" ("Leonardo da Vinci a peint la Joconde").
Grâce à l’utilisation d’un IRM, les psychologues ont observé que les régions du cerveau associées à la récompense scintillaient comme un arbre de Noël dès que les participants étaient amenés à parler d’eux. Ainsi, les questions personnelles sont jugées merveilleuses, celles sur les autres sont perçues comme ennuyeuses et enfin, les questions de culture générale sont appréciées de manière aléatoire.
Je parle de moi parce que je le vaux bien (et je suis modeste)
Pour confirmer leur découverte, les psychologues ont attaché une valeur monétaire à chaque type de question. Ainsi, répondre à une question personnelle rapportait aux participants 1 cent contre 4 cents pour les questions se rapportant aux autres. Même si les sommes à gagner étaient minimes, le résultat démontre que les participants ont perdu entre 17% et 25% du gain maximal potentiel pour pouvoir parler d’eux. Ils étaient même prêts à donner de l'argent quand ils pensaient que leurs réponses (soit sur eux-mêmes ou d'autres) seraient partagées avec une autre personne.
Les chercheurs résument leurs résultats ainsi : "Tout comme les singes sont prêts à renoncer à des récompenses en fruits pour voir des femelles dominantes, tout comme les étudiants sont prêts à donner de l'argent pour voir des membres attrayantes du sexe opposé, nos participants étaient prêts à renoncer à de l'argent pour penser à eux-mêmes et parler d'eux".
Dans leur article, les auteurs expliquent que la propension humaine à parler de soi et faire partager ses expérience commence jeune. Dès l'âge de 9 mois, les enfants "commencent à essayer d’attirer l'attention des autres sur certains aspects de l'environnement qu'ils trouvent importants". En somme, un bébé qui essaie de vous montrer tout est comme un ami qui vous parle d'une nouvelle chanson qu'il vient d'entendre et qu’il trouve formidable : il cherche juste à ramener l’attention sur lui.
Un pour tous et tous pour moi
Au moment où ces bambins peuvent parler, environ 30% à 40% de leur discours est uniquement consacré "à informer les autres de leurs propres expériences subjectives". Et lorsqu’ils peuvent enfin les raconter comme ils le souhaitent, c’est 100% du temps de parole qui sert à parler d’eux. On en revient ainsi au cliché selon lequel les adolescents seraient égo-centrés. Cette propension augmente avec le temps et surtout avec les médias sociaux. Les auteurs estiment que 80% des posts publiés sur les sites de médias sociaux, comme Twitter ou Facebook, sont constitués d'annonces sur des propres expériences personnelles immédiates. Par exemple : "J’ai lu un super article sur les gens qui ne parlent que d’eux, sur Gentside".
Avantage de ces réseaux sociaux : la diffusion d’une information personnelle est plus rapide et vaste que par la parole, tout en permettant de renforcer les liens interpersonnels. De plus, c’est un gain de temps dès lors que les autres le font pour nous. Surtout, ils permettent aux gens de mieux vous connaître et de savoir comment vous vous sentez. En fait, de savoir tout sur vous sur tout ce qui peut avoir un lien avec vous.
Les auteurs terminent leur article par une anecdote précieuse. Il y aurait certains faits qui prouvent que toutes nos actions se rapportent à nous, comme le choix d’une profession ou d’un lieu de résidence. Ainsi "Dennis est plus susceptible de devenir un dentiste que Phillip, qui est plus susceptible de vivre à Philadelphie que Dennis".

Gentside.com
Mardi 15 Mai 2012

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