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Fahd Benchemsi : «Je ne passerai pas derrière la caméra avant d’avoir roulé ma bosse en tant que comédien»




Fahd Benchemsi : «Je ne passerai pas derrière la caméra avant d’avoir roulé ma bosse en tant que comédien»
Juriste de formation, Fahd Benchemssi est devenu musicien amateur, avant de se consacrer entièrement à sa véritable vocation, celle de comédien.

Libé: Vous êtes diplômé en droit international. Ce qui ne vous a nullement empêché  de devenir comédien.

Fahd Benchemssi: Cela s’est passé un peu par hasard. Après des études de droit, je suis rentré au Maroc, où je devais logiquement travailler dans le domaine juridique. Mais comme je faisais partie, en même temps, d’un groupe de musique, on a passé le printemps et l’été en tournée, et cela s’est très bien passé, autant sur le plan artistique que financier. Et puis vint la saison de la pluie et comme vous le savez, c’est une saison morte pour les musiciens. Il fallait donc trouver un autre moyen de subsister. Et je devais choisir à nouveau entre un poste  de juriste et une carrière d’artiste. J’ai opté pour cette dernière, à mes risques et périls. Et c’est ainsi que  je suis devenu accessoiriste stagiaire. Ça a duré 4 ans. Et puis j’ai rencontré Noureddine Lakhmari, un jour de chance, et il m’a donné l’opportunité de passer devant la caméra et ça ne s’est plus arrêté depuis.

En fonction de quels critères choisissez-vous vos rôles de comédien?

J’accorde beaucoup d’importance à l’étoffe du personnage que je dois incarner. Je ne raisonne pas en termes de présence à l’écran. Pas du  tout. Mais en termes de pertinence. Je peux parfaitement accepter un petit rôle, si toutefois je le trouve attachant. Comme je peux refuser un rôle où le personnage est plat,  et sans qualité, même s’il est beaucoup plus présent à l’écran. En d’autres termes, je préfère jouer un vrai rôle au lieu de me contenter «d’être là», tout simplement.

Quels sont vos rapports à la censure?

Il y a d’abord une certaine forme d’autocensure, bien entendu. On doit tout le temps faire attention car les gens qui nous regardent à la télé n’aimeraient pas nous entendre dire des grossièretés. C’est vrai que les grossièretés, ils en ont plein les oreilles dans la rue, à longueur de journées mais ils ne les supportent absolument pas à la télé.  Disons que pour nous, comédiens, il ne s’agit pas vraiment d’autocensure. Nous devons juste faire gaffe pour ne pas offenser les téléspectateurs.

Et pour les films cinématographiques?

Non, ce n’est absolument pas le même ordre d’esprit.   

Beaucoup d’acteurs marocains ont été tentés par la mise en scène. Qu’en est-il pour vous ?

Je vais être tout à fait clair là-dessus. Je ne passerai pas derrière la caméra avant d’avoir roulé ma bosse en tant que comédien. Il me faut au moins 45 ans de métier pour cela. Vous pouvez donc me croire sur parole. Je ne me « convertirai » pas en metteur en scène avant ce délai de 45 ans. C’est le moins qu’on puisse dire. Car je tiens d’abord à maîtriser mon métier de comédien. Les « virages » inopinés, ce n’est vraiment pas mon truc.     

Que pensez-vous des séries que l’on nous propose durant le mois sacré?

D’habitude, durant le mois de Ramadan, je regarde beaucoup la télé marocaine. Je ne laisse rien m’échapper. Cela depuis quatre ou cinq ans. Mais en dehors de ce mois, je m’intéresse  essentiellement aux chaînes satellite.
Actuellement, ce qui me met un peu hors de moi, c’est le fait de devoir subir des séries télé turques, à n’en plus finir. Cela m’oblige à zapper car ça devient insupportable. Mais quand je tombe sur un téléfilm marocain, je le vois en totalité. Je ne comprends pas pourquoi les gens nous imposent ces fameuses séries turques, alors que le peuple marocain ne manque pas de potentiel. Et nous avons suffisamment d’artistes doués pour produire nos propres séries télé.
 
Et que pensez-vous des séries et des sitcoms marocaines ?

Je ne peux pas juger avec précision. Dans une même sitcom, il y a des comédiens doués qui me font rire aux larmes et d’autres qui me déçoivent. Certains acteurs sont capables de briller par leur talent dans n’importe quelle sitcom, et quel que soit le niveau technique et artistique de celle-ci.  Je reste persuadé que notre problème au Maroc, c’est d’abord un problème de scénario. Nous avons de très bons réalisateurs, d’excellents comédiens mais le manque se fait sentir en ce qui concerne les scénaristes.  

Propos recueillis par MEHDI OUASSAT
Jeudi 16 Août 2012

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1.Posté par Marwan le 07/12/2015 14:08 (depuis mobile)
fahd #Awesom"

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