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Fadila El Gadi ou quand la fille du peuple expose d’une capitale à l’autre




Le vêtement sous toutes ses formes, c’est, semble-t-il l’essence de l’exposition de la créatrice Fadila El Gadi qui aura lieu jusqu’au 13 juillet à l’Institut français de Rabat. Au programme, des œuvres  qui présentent plus de quarante modèles qu’elle a conçus, mais aussi les accessoires et la maquette de sa future école de broderie à Salé et les pièces inspirées du travail de plusieurs artistes marocains, notamment Mohamed El Baz, Hassan Hajjaj et Chourouq Hriech.
Fadila El Gadi semble attachée à ses origines et n’oublie pas le milieu où son talent a vu le jour. C’est pour cela qu’elle a fondé l’Association «Conservatoire des arts de la broderie de Salé», pour accueillir des hommes et des femmes des quartiers populaires et leur apprendre le métier de la broderie traditionnelle marocaine, art séculaire en voie de disparition. Autant d’ambitions ne pouvaient rester confinées dans un espace aussi étroit que le milieu de la mode nationale. Sa lancée artistique se voit épanouir à Naples, l’ancienne capitale du royaume hispano-italien des Deux-Siciles.   C’est là où l’intelligentsia italienne prendra connaissance de cette touche singulière. Chemin faisant, l’éclat de cette propulsion séduira à Rome, puis à Paris, sans pour autant oublier que le retour aux origines reste la grande source d’inspiration pour les artistes qui reflètent l’âme intrinsèque de la vie. 
C’est à Rabat que convergent aujourd’hui les inspirations de Fadila nées de ses voyages, l’ultime destination de la Route de la soie, en passant par Tokyo, de la Route du cachemire qui traverse New-Delhi, du cuir de Smara, du fil d’or d’Istanbul et du coton du Caire, soulignent les organisateurs dans un communiqué de presse.  
Et d’ajouter qu’à New York, Londres, Moscou et Washington, les femmes du monde s’habillent selon les modèles intemporels de Fadila, alliant le savoir-faire artisanal de la broderie marocaine et les matières les plus fines du monde, mariées par l’intuition et l’habileté de la créatrice. Le vêtement n’est certes pas la dernière frontière de Fadila, son talent et sa créativité s’exercent aussi sur le travail du cuir, de la bijouterie, du parfum et même la conception de ses boutiques.
Sahraouie du côté paternel, Slaouie par sa mère, Fadila est l’expression réelle de cette Marocaine qui puise dans un Maroc à la fois pluriel et uni. Fadila aurait pu suivre la voie de la réussite sociale par la production quantitative, mais elle a choisi ce parcours délicat, entre art et artisanat, création et travail fait main, difficile et précaire, consacrant sa vie à la mise en œuvre de son inspiration née de ses lectures, ou en visitant musées, galeries, marchés et ateliers d’artisans. Mais elle tient à rester modeste et ouverte, tout en défendant le caractère, d’une femme indépendante qui ne doit sa réussite qu’à elle-même.




Mustapha Elouizi
Lundi 16 Mai 2016

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