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Face à la contestation sociale le gouvernement tunisien en appelle à la patience


La vie semble reprendre son cours malgré quelques violences sporadiques



Le Premier ministre tunisien Habib Essid a appelé samedi à la "patience" après une semaine d'une contestation sociale inédite depuis la révolution de 2011, n'annonçant aucune mesure immédiate de lutte contre le chômage et l'exclusion.
Après l'instauration vendredi d'un couvre-feu nocturne sur tout le territoire, pour une durée indéterminée, le calme prévalait en journée dans les principales villes touchées par les troubles, selon des correspondants de l'AFP.
S'exprimant à l'issue d'un conseil des ministres extraordinaire, le Premier ministre n'a de son côté annoncé aucune mesure concrète immédiate, exhortant ses compatriotes à "comprendre qu'il y a des difficultés".
La Tunisie est "en danger malgré les choses positives que nous avons accomplies, surtout au niveau de la transition démocratique", a estimé Habib Essid, évoquant de nouveau les défis "sécuritaire, économique et social" du pays. "Les solutions existent mais il faut un peu de patience et d'optimisme", a-t-il plaidé.
Essid a assuré que le conseil des ministres resterait mobilisé pour étudier la situation du pays, à la fois pionnier et unique rescapé du "Printemps arabe" de 2011 mais qui ne parvient pas à s'extirper du marasme économique.
Le ministre Kamel Jendoubi (société civile et droits de l'Homme) a, lui, affirmé que le chef du gouvernement ne tarderait pas à annoncer des mesures pour "la jeunesse, l'emploi et la prise en charge des situations difficiles".
A Kasserine, dans le centre défavorisé du pays d'où est parti le mouvement de contestation, la vie a repris son cours samedi. La veille, des habitants, dont de nombreux jeunes, avaient lancé une campagne de nettoyage des traces des heurts.
A Sidi Bouzid, non loin de là, quelques lycéens ont mis le feu à des pneus mais il n'y a pas eu d'autres incidents.
C'est dans cette ville que le vendeur ambulant Mohamed Bouazizi s'était immolé par le feu fin 2010, un geste qui avait déclenché la révolution contre le régime de Zine El Abidine Ben Ali, chassé du pouvoir en janvier 2011.
Les troubles sociaux ont débuté le 16 janvier à Kasserine, lorsqu'un chômeur de 28 ans, Ridha Yahyaoui, est mort électrocuté après être monté sur un poteau. Il protestait avec d'autres contre son retrait d'une liste d'embauches dans la fonction publique.
Vendredi soir, dans une allocution télévisée, le président Béji Caïd Essebsi a reconnu que la contestation qui s'est ensuite propagée était "naturelle", et appelé le gouvernement à élaborer un plan contre le chômage. La nuit précédente, dans certaines villes, des postes de police avaient été incendiés et des "saccages" s'étaient produits dans une banlieue populaire du Grand Tunis.
Pour toute la journée et la nuit de vendredi, 261 personnes ont été arrêtées pour troubles et 84 pour violation du couvre-feu, a indiqué le ministère de l'Intérieur.
Après ces violences, les autorités ont décrété un couvre-feu nocturne, arguant du "danger" que représenterait la poursuite des "atteintes contre les propriétés publiques et privées (...) pour la sécurité de la patrie et des citoyens".
Le chef de l'Etat a mis en garde contre la récupération de la contestation par "des mains malveillantes", évoquant des partis politiques sans les nommer ainsi que le groupe jihadiste Etat islamique (EI), qui a revendiqué les trois attentats meurtriers majeurs ayant frappé la Tunisie en 2015.
La France, où le Premier ministre tunisien se trouvait en visite vendredi, a de son côté annoncé un plan de soutien d'un milliard d'euros sur cinq ans, visant "à aider les régions défavorisées et la jeunesse, en mettant l'accent sur l'emploi".
Le chômage en Tunisie atteint plus de 15% au niveau national, et plus de 30% chez les diplômés. Ces chiffres sont encore supérieurs dans les régions de l'intérieur du pays.

 

Libé
Lundi 25 Janvier 2016

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