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FDT et opposition parlementaire dénoncent les dérives du ministre de la Justice : La guerre entre Ramid et les magistrats prend une nouvelle tournure




FDT et opposition parlementaire dénoncent les dérives du ministre de la Justice : La guerre entre Ramid et les magistrats prend une nouvelle tournure
S’il est une caractéristique qui marque le plus l’action du gouvernement Benkirane depuis son investiture, c’est bel et bien sa nette propension à entraver, autant que faire se peut, les libertés syndicales, fût-ce par un recours excessif à la répression. Une répression dont l’une des dernières manifestations a été son intervention musclée contre le personnel de la justice qui ne faisait qu’exprimer pacifiquement ses doléances à l’intérieur des Cours de justice.  
Autre fait marquant, l’entrée  dans la danse de l’inspecteur général du ministère de la Justice et des Libertés qui a révélé que 37 plaintes ont été déposées par des citoyens contre des magistrats dont 31 d’entre eux ont été déférés devant le Conseil supérieur de la magistrature.
 
 

Abderrahmane Azzouzi adresse une lettre au chef du gouvernement : FDT et opposition parlementaire dénoncent les dérives du ministre de la Justice

S’il est une caractéristique qui marque le plus l’action du gouvernement Benkirane depuis son investiture, c’est bel et bien sa nette propension à entraver, autant que faire se peut, les libertés syndicales, fût-ce par un recours excessif à la répression. Une répression dont l’une des dernières manifestations a été son intervention musclée contre le personnel de la justice qui ne faisait qu’exprimer pacifiquement ses doléances à l’intérieur des Cours de justice.
Cet état de fait a créé un mécontentement jamais égalé au sein de la classe laborieuse. A telle enseigne que la Fédération démocratique du travail (FDT) s’est trouvée contrainte de saisir le chef du gouvernement et de poser une question d’actualité devant la Chambre des conseillers.
Dans sa lettre à Abdelilah Benkirane, le secrétaire général de la FDT, Abderrahmane Azzouzi,  a exprimé « sa  profonde consternation face à la situation  dans le secteur de la justice qui a pris une tournure grave et dangereuse après le débrayage préventif  de trois jours organisé depuis lundi. « Cette situation dramatique était à son paroxysme quand les forces de l’ordre sont violemment intervenues dans l’enceinte des différents tribunaux du Royaume  pour mettre fin aux sit-in pourtant pacifiques organisés par les membres des bureaux syndicaux », peut-on lire dans ladite lettre.
« La FDT qui s’est montrée compréhensive  en  prenant en  considération la situation difficile que traverse le Royaume, et ce dans un contexte international et régional, également complexe, considère les entraves à l’exercice du droit  syndical et aux  protestations pacifiques comme une violation de la loi et des règles organisant et régissant l‘action syndicale », souligne la centrale dans sa correspondance.
Pour toutes ces considérations, la FDT demande l’intervention immédiate du chef du gouvernement pour un retour à la situation normale et mettre fin à la décision d’opérer des prélèvements sur les salaires des grévistes.
Pour sa part, Mohamed Daidaa, membre du Groupe fédéral de l’unité et de démocratie à la Chambre des conseillers, a tenu à rappeler  lundi au nom du Groupe dans le cadre d’une interpellation sur les libertés syndicales que l’actuel gouvernement a « marqué la nouvelle rentrée sociale par une grande offensive  contre les droits économiques et sociaux de la classe ouvrière et par les entraves aux libertés syndicales dans de nombreux secteurs dont celui des collectivités locales, de la justice, de l’agriculture, des finances, du tourisme, de l’emploi et de la formation professionnelle ainsi que du secteur privé à Fès, Tanger, Marrakech, Agadir, Sidi Slimane, El Gharb, Casablanca et Ouarzazate.
Concernant l’incident qui a marqué la séance des questions orales de mardi à la Chambres des conseillers, Mohamed Daidaa  nous a déclaré  que cinq groupes parlementaires, à savoir le Groupe fédéral, le Groupe socialiste, et ceux du  PAM, du RNI et de l’UC ont décidé d’adresser une plainte au chef du gouvernement contre ce qu’ils ont qualifié d’humiliation ressentie du fait du comportement de Mustapha Ramid.  L’opposition au sein de la deuxième Chambre est en train de réfléchir aux moyens appropriés en vue de prendre des mesures légales de nature à « bloquer » ce dernier lors de sa présence à la Chambre des conseillers, soit durant les séances plénières ou à l’occasion de la réunion des commissions parlementaires.

                                                                                                            LARBI BOUHAMIDA

L’inspecteur général du ministère de la Justice entre dans la danse : La guerre entre Ramid et les magistrats prend une nouvelle tournure

37 plaintes ont été déposées par des citoyens contre des magistrats dont 31  d’entre eux ont été déférés devant le Conseil supérieur de la magistrature, a indiqué Abdellah Hamoud,  l’inspecteur général du ministère de la Justice et des Libertés, lundi à Rabat lors d’une réunion de la Haute instance du dialogue national sur la réforme de la justice, axée sur la moralisation du secteur. Selon lui, les plaintes reçues ont été renvoyées aux directions compétentes, à l’exception de celles dénonçant des pratiques contraires à la morale et à la déontologie, des fraudes ou des erreurs professionnelles graves qui auraient été commises par des magistrats ou des fonctionnaires de la justice.
Selon certaines sources, la sortie médiatique de l’inspecteur général suscite plusieurs questions notamment au niveau de son timing. D’après eux, la divulgation de ces chiffres vient à point nommé pour faire passer au second plan  le conflit opposant Moustafa Ramid, ministre de la Justice et des Libertés, aux magistrats.  « L’Inspection générale du ministère de la Justice et des Libertés a toujours entouré son travail de la plus totale discrétion. A preuve, l’absence totale de  rapports généraux et annuels des inspections », nous a précisé une source qui a requis l’anonymat avant d’ajouter qu’« il y a eu une première tentative de publication qui date de 2007 mais qui n’a pas abouti faute de chiffres clairs et précis. Le ministère  a dû faire marche arrière vu  l’inquiétude et les réticences des magistrats ».
Abondant dans le même sens, notre source nous a indiqué que  l’intervention de l’inspecteur général est un message implicite adressé aux magistrats soulignant que le ministère  détient des dossiers et qu’il a les magistrats sous sa coupe. En effet, les rapports relatifs aux tribunaux faits par l’inspection générale sont transmis au ministre de la Justice qui peut ordonner leur transmission aux directions ministérielles compétentes, en vue de prendre les mesures nécessaires. « Je ne pense pas qu’Abdellah Hamoud puisse prendre seul l’initiative de révéler ces chiffres. Il y a certainement l’ombre de Ramid. Tout le monde sait que M. Hamoud est un homme réservé et peu communicatif. Et je crois que son intervention a été initiée sous la pression de son ministre de tutelle », nous a-t-on précisé.
En effet, notre source estime que le ministre mène une guerre contre les magistrats et les greffiers. Et ces révélations font partie de sa stratégie qui ne semble pas du goût de son chargé de communication qui a, selon notre source,  démissionné de son poste en signe de désapprobation de cette stratégie offensive contre les magistrats et les greffiers.
Même son de cloche de la part de ce membre du Syndicat national de la justice (SDJ) qui nous a indiqué sous le sceau de l’anonymat  que pareilles statistiques restent rares voire inexistantes. Mais, il estime que leur publication s’inscrit dans le contexte d’une guerre entre le Club des magistrats du Maroc qui rassemble une palette importante de jeunes  juges contre la  fameuse Amicale Hassanienne des juges dont les membres les plus influents sont de longue date confortablement installés dans les arcanes de l’administration judiciaire. « Il y a un conflit générationnel en cours et ces chiffres en font partie», nous a-t-il confié.
De son côté, Abdellatif Chentouf, secrétaire général du Club des magistrats, nous a affirmé que  s’il est vrai que le travail de l’Inspection générale du ministère de la Justice et des Libertés est entouré de discrétion, on ne peut pas juger les intentions de son inspecteur général qui exerce ses fonctions sous l’autorité du ministre de la Justice. « Il est difficile d’accuser tel ou tel autre de préméditer la publication de tels chiffres. Mais notre souhait à nous au sein du Club des magistrats, est que chacun puisse faire son travail comme il  faut », a-t-il conclu.

                                                                                                    Hassan Bentaleb

Libé
Jeudi 18 Octobre 2012

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