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FDT, CDT et UMT en conclave pour décider de la suite à donner à l’invitation du chef du gouvernement

300.000 participants ont pris part à la Marche du 6 avril




FDT, CDT et UMT en conclave pour décider de la suite à donner à l’invitation du chef du gouvernement
Comme attendu, des dizaines de milliers de travailleurs ont manifesté, dimanche à Casablanca, à l’appel de la FDT, de la CDT et de l’UMT. 
Baptisée «Marche nationale pour la défense du pouvoir d’achat, de la dignité, de la liberté et de la justice sociale», cette manifestation qui a eu pour objectif de lutter contre «la dégradation» des conditions sociales et économiques de la classe ouvrière et des salariés, est un évènement qui fera date et replacera la lutte syndicale unitaire dans son véritable contexte, à savoir celui de catalyseur décisif de l’incontournable lutte contre les tergiversations du gouvernement Benkirane et les multiples atteintes qu’il a portées aux droits sociaux et au pouvoir d’achat des citoyens.
Avant le lancement de la marche, des orateurs ont fustigé la politique menée par le gouvernement Benkirane, lui reprochant ses pseudo-réformes.
Des milliers de participants ont scandé des slogans contre le blocage  du dialogue social, le retard accusé par le gouvernement quant au règlement des questions et préoccupations des salariés et travailleurs, dénonçant l’indifférence de l’Exécutif face aux revendications justes et légitimes de la classe ouvrière, ainsi que le manque d’une volonté réelle d’ouvrir des négociations collectives devant déboucher sur des accords concrets au profit de la classe ouvrière.
Les manifestants ont également déployé des banderoles appelant, entre autres, à apporter des solutions aux dossiers en suspens, appliquer dans sa totalité l’accord du 26 avril 2011, protéger les libertés syndicales, associer les travailleurs à la réforme du système de  retraite et de la Caisse de compensation et préserver le pouvoir d’achat de la classe ouvrière.
D’ailleurs, le mémorandum que ces centrales syndicales ont remis le 11 février dernier au gouvernement comporte plusieurs revendications similaires et dont certaines sont relatives au pouvoir d’achat et à la hausse des salaires. D’autres concernent les libertés syndicales. Le mémorandum réitère ainsi les revendications syndicales visant l’amélioration de la situation des salariés et des fonctionnaires pour leur permettre de vivre dignement et de pouvoir faire face au coût de la vie, le respect des libertés syndicales, l’augmentation des salaires, la protection sociale, ainsi que les relations professionnelles et les libertés.
La FDT, la CDT et l’UMT ont, par ailleurs, appelé le gouvernement à assumer ses responsabilités et à mettre  en œuvre, en premier, le reliquat de l’accord du 26 avril 2011 qui comporte un train de mesures destinées  à améliorer les traitements des fonctionnaires et le salaire minimum dans le secteur privé.
Mais au lieu d’ouvrir un débat sur ces questions avec les syndicats, le chef du gouvernement s’est contenté de leur adresser une lettre dans laquelle il leur a promis d’entamer le dialogue sans en fixer la date, ni les modalités, ni l’ordre du jour, et encore moins la finalité. Il aura fallu que les syndicats appellent à la Marche du 7 avril pour que l’Exécutif daigne bouger.
Trois réunions pourraient ainsi être programmées à partir de la deuxième moitié du mois courant à Rabat entre les représentants de l’Exécutif et les partenaires sociaux (la première réunion regroupera Benkirane avec les représentants de l’UMT, la CDT et la FDT, la seconde avec l’UGTM et la troisième avec l’UNTM) ; chacune de ces centrales a présenté son propre mémorandum. C’est du moins ce qui ressort d’une déclaration publiée par le quotidien arabophone du PJD. Selon une source citée par ce journal sous le sceau de l’anonymat, un comité de coordination aurait été désigné par la Primature pour prendre contact avec les départements concernés, étudier chaque doléance et préparer les réponses appropriées.
Concernant cet appel, «la lettre qui nous a été adressée ressemble à une convocation plus qu’à une invitation. Nous ne sommes pas des annexes rattachées à des départements ministériels», a clamé Miloudi Moukharik, secrétaire général de l’Union marocaine du travail (UMT). Les syndicats décideront de leur participation après la marche, a-t-il dit.
Contacté par nos soins, le secrétaire général de la FDT, Abderrahmane Azzouzi, nous a déclaré qu’une réunion aura lieu au cours de cette semaine, et ce pour évaluer cette marche qui a connu un succès retentissant et discuter de la décision à prendre concernant l’invitation que le chef de l’Exécutif a adressée aux syndicats relative à la reprise du dialogue social et d’envisager les actions à entreprendre au cours des prochaines étapes. 

Ils ont dit

Abderrahmane El Azzouzi : Renforcer les capacités de la classe ouvrière à relever les défis
 
Dans son intervention lors de la Marche du 6 avril, le secrétaire général de la FDT, Abderrahmane El Azzouzi, a mis l'accent sur «l'importance de cette étape de lutte pour réaliser l'unité syndicale et renforcer les capacités de la classe ouvrière à relever les défis en vue de faire aboutir ses revendications justes», invitant le gouvernement à «faire une lecture objective et positive du message que lui adresse aujourd'hui l'ensemble des fonctionnaires et salariés, et à reprendre de manière sérieuse et responsable le processus des négociations relatif aux dossiers revendicatifs». «Les travailleurs, a-t-il poursuivi, aspirent à un dialogue réel et non formel, devant déboucher sur des résultats à la hauteur des attentes de la classe ouvrière».
Il a, par ailleurs, souligné que cette marche a bénéficié d'un grand soutien de la part des organisations de la société civile et politique nationales.
 
Abdelkader Zaïr : Un message de la classe 
laborieuse au chef du gouvernement
 
Quant au secrétaire général adjoint de la CDT, Abdelkader Zaïr, il a appelé le gouvernement à «tirer les enseignements de cette marche ouvrière qui constitue un message de la classe laborieuse au chef du gouvernement appelé aujourd'hui à répondre aux revendications de cette classe à travers la négociation et la satisfaction de ses revendications», ajoutant que le chef de l'Exécutif «doit donner l'exemple en adoptant une politique d'austérité au lieu de demander à la classe ouvrière de faire cet effort».
 
Miloudi Moukharik: Les revendications 
de la classe ouvrière sont légitimes
 
Pour sa part, le secrétaire général de l'UMT, Miloudi Moukharik, s'est  félicité du succès  de cette marche de protestation qui a réuni des représentants de tous les secteurs d'activités venus de toutes les régions du Royaume, à leur tête les provinces du Sud, relevant que les revendications de la classe ouvrière sont légitimes et portent sur l'augmentation des salaires, la préservation du pouvoir d'achat, la majoration du SMIG et sa généralisation aux ouvriers du secteur agricoles, ainsi que la revalorisation des pensions de retraite, la généralisation de la couverture sociale, la révision et la réactivation du Code de travail et la protection des libertés syndicales.
 Tout en appelant le gouvernement à reprendre le dialogue social, il a fait remarquer que la marche de Casablanca a eu des échos aux niveaux national et international comme en témoignent le niveau de participation et les messages de soutien adressés, selon lui, aux centrales syndicales par différentes organisations syndicales internationales.
 
Fouzia Assouli : Un grand nombre de femmes 
victimes de violence et de discrimination
 
La présidente de la Fédération de la Ligue démocratique des droits des femmes et coordinatrice de la Coalition civile pour l'application de l'article 19 de la Constitution, Fouzia Assouli, a pour sa part indiqué que la participation d'organisations féminines à cette marche traduit leur soutien à la classe ouvrière qui compte un grand nombre de femmes victimes de différentes formes de violence et de discrimination.
 
Abdelali Mastour : Garantir 
une vie digne pour les citoyens
 
 De son côté, Abdelali Mastour, acteur associatif et président du Club de la citoyenneté, a indiqué que cette marche vise à rappeler au gouvernement ses engagements et ses responsabilités sociales à l'égard des travailleurs et de la classe ouvrière, ajoutant que cette manifestation a été marquée par la coordination entre les syndicats et une présence populaire, à travers la participation de plusieurs acteurs sociaux civils venus appuyer les revendications sociales et les droits des travailleurs.
 Il a relevé, à cet égard, les manquements du gouvernement quant à la mise en oeuvre de la Constitution et l'application de ses dispositions et la lutte contre la corruption via l'adoption d'une stratégie nationale et des mécanismes et institutions clairs, outre une mobilisation populaire. Ces manquements, a-t-il dit, apparaissent aussi en ce qui concerne les engagements de l'Exécutif à l'égard des catégories sociales, de la protection de leurs droits et de la garantie d'une vie digne pour les citoyens.  

Larbi Bouhamida
Mardi 8 Avril 2014

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