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Evénements de Sidi Bouzid : La Chabiba solidaire avec les manifestants tunisiens




Evénements de Sidi Bouzid : La Chabiba solidaire avec les manifestants tunisiens
« A bas la dictature!», « Tunisie libre!», «Laissez le pain aux pauvres!». Tels sont quelques-uns des slogans qui ont été scandés par des centaines de militants qui se sont rassemblés, jeudi 6 janvier courant à la Place des Innocents à Paris, pour dénoncer la violence contre les manifestations en Tunisie. Des militants tunisiens exilés, des Tunisiens résidant en France, des députés français, des syndicalistes et associatifs ont tous répondu  à l'appel du comité de soutien aux victimes des événements de Sidi Bouzid. Pour sa part, la jeunesse de l'USFP a été représentée lors des allocutions par deux jeunes ittihadis, Montassir Sakhi et Taoufik El Alami, qui ont exprimé leur solidarité avec le peuple tunisien et dénoncé « la barbarie avec laquelle les forces de l'ordre ont riposté à des manifestations populaires ». La manifestation parisienne survient après trois semaines du déclenchement des manifestations. Malgré la répression, le pays de Bourguiba continue à rassembler les manifestants dans les rues et dans différentes villes. Ces mouvements de protestation, comme nous l'ont signalé les manifestants tunisiens à Paris, traduisent la réalité sociale délicate que connaît la Tunisie. « C'est la voix d'un malaise social profond qui traverse notre pays » précise un militant exilé en France. Ainsi, au centre des revendications du mouvement populaire aujourd'hui, les manifestants réclament le droit au travail, la liberté d'expression et dénoncent la cherté de la vie.  Retour sur les événements. Vendredi 17 décembre dernier, un jeune diplômé chômeur, Mohamed Bouazizi, tente de s'immoler et de mettre fin à sa vie en plein centre-ville de Sidi Bouzid. Le lendemain, ils sont des centaines de manifestants qui se sont rendus au siège du gouverneur pour protester contre le chômage. Pour disperser les foules en colère, la police a usé de matraques et gaz lacrymogènes. Quatre jours après, Houcine Nejji, un autre jeune chômeur crie : « Je ne veux plus de la misère et du chômage » avant de se suicider sous les yeux des manifestants à Menzal Bouzayane, en s'accrochant à une ligne électrique. Par la suite, des centaines de jeunes participent à des manifestations. Ils ont incendié les bureaux du Parti de Ben Ali, trois voitures de police, un poste de la garde nationale, etc. Le 24 décembre, la police tire sur la foule et tue Mohamed Ammari qui vient de souffler ses 18 bougies. D'autres décès se succèdent les jours sui ants.
Ensuite, d'autres villes se sont embrasées. Ainsi, Sfax, Bizert, Regueb, Kairaouan, Tunis et autres, ont connu l'organisation de sit-in de protestations et de solidarité. Des universités ont été fermées pour empêcher les manifestations estudiantines et des lycées transformés en casernes des forces de l'ordre. Des journalistes ont été arrêtés et l'information fut verrouillée. Seul « Facebook » est devenu le relais des jeunes Tunisiens pour s'exprimer et informer la communauté internationale sur les atrocités commises à travers des vidéos. Par ailleurs, deux avocats ont été arrêtés, des localités ont été placées sous couvre-feu et des blessés ne peuvent être transportés aux hôpitaux. Très attendu par les Tunisiens, Zine El-Abidine Ben Ali, au pouvoir depuis 23 ans, a fait une sortie médiatique le 28 décembre pour adresser un discours menaçant la « minorité des extrémistes instrumentalisée par certaines parties contre les intérêts de leur pays ». Bien qu'il « comprenne les circonstances et facteurs psychologiques » de la révolte des chômeurs, le président à 74 ans explique que la violence dans la rue « découragera les touristes et les investisseurs ». Loin du discours officiel, des côtes touristiques et des chiffres officiels d'une économie fragile, sans être encadrées politiquement par une opposition muselée tout au long de deux décennies de répression et de corruption, les villes tunisiennes bouillonnent de rage et de frustrations. C'est une révolte qui a besoin de  soutien politique pour devenir une révolution !
Paris, correspondance particulière

Libé
Lundi 10 Janvier 2011

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