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Et de cinq pour le Cameroun


Explosion de joie à Yaoundé



Le Cameroun a remporté son cinquième titre de champion d'Afrique de football en battant 2 à 1 (0-1) l'Egypte, déjà sept fois vainqueur, en finale, dimanche, à Libreville.
Les Camerounais, couronnés pour la dernière fois en 2002, ont marqué par l'intermédiaire de Nicolas Nkoulou (59e) et Vincent Aboubakar (88e), Mohamed El Neny (22e) ayant ouvert le score pour l'Egypte, de retour au plus haut niveau après avoir manqué les deux dernières éditions.
"Comme dans un rêve": Yaoundé s'est embrasée dimanche soir dès le coup de sifflet final après la victoire du Cameroun en Coupe d'Afrique des nations, marquant la réconciliation de tout un peuple avec ses "Lions".
Hommes, femmes et enfants dans la rue, bars bondés, concerts de klaxons et de casseroles, un taxi qui perd sa vitre arrière dans ce débordement de joie populaire.... la capitale politique du Cameroun a célébré la cinquième victoire des Lions dans une CAN, la première depuis 15 ans, a constaté un correspondant de l'AFP, relevant la présence d'un dispositif de policiers et de gendarmes.
"C'est comme dans un rêve non seulement pour le Cameroun mais pour toute l'Afrique centrale qui n'avait pas beaucoup de représentants dans cette compétition", a déclaré un supporter, Charly Alain Ndjepel.
"Nous sommes surpris par cette fabuleuse performance de notre équipe", se réjouit Idriss Guépi.
"Quand les Egyptiens ont marqué le premier but, je me suis dit que tout était perdu, mais nos joueurs ont été extraordinaires. C'est à peine croyable", renchérit Christelle Atangana.
Peu de Camerounais misaient sur les chances de leur équipe et de leur sélectionneur belge Hugo Broos en début de compétition.

Accueil triomphal pour les Etalons à Ouagadougou

Des centaines de milliers de personnes sont sorties dimanche sous un soleil de plomb pour accueillir les "Etalons", de retour au Burkina Faso après leur médaille de bronze samedi à la CAN-2017 au Gabon.
Par groupes, sifflets et vuvuzelas à la bouche, ils étaient des centaines de milliers à s'être massés dès le lever du jour aux abords de l'aéroport international de Ouagadougou jusqu'à la place de la Nation, la plus grande de la capitale pour accueillir leurs héros.
Les agents de sécurité ont semblé débordés face aux milliers de supporters se bousculant derrière les barrières métalliques et cherchant la meilleure place pour voir l'équipe victorieuse.
Vêtus de tee-shirts verts, les joueurs, accueillis à leur descente d'avion par le Premier ministre burkinabé Paul Kaba Thiéba et tout son gouvernement, sont ensuite montés sur un bus à impériale pour se rendre à la place de la Nation où les attendaient des supporters en liesse.
"Je suis fière des Etalons. Ils nous ont rendu heureux. Ils ont rehaussé le drapeau du Burkina. Plus personne ne va se moquer de nous en matière de football. Je meurs d'envie de les voir, de les toucher un à un si c'est possible", s'extasiait Raïssa Ouédraogo, une jeune fonctionnaire, vêtue d'un tee-shirt aux couleurs du pays.
Chef d'entreprise et dirigeant sportif, Ahmed Diallo s'est rendu à Libreville où il a suivi tout le parcours de l'équipe nationale du Burkina, "l'une des meilleures du tournoi" d'après lui.
"On ne vendait pas chère la peau des Etalons avant l'entame de la compétition. Aujourd'hui, il va falloir nous compter parmi les grandes nations du football africain et pour ça j'éprouve un sentiment de joie et de fierté", déclarait-il, son écharpe "Allez les Etalons" nouée au cou.
"Nous éprouvons un sentiment de joie pour le peuple burkinabé. C'est vrai qu'on est arrivé à la CAN avec des objectifs beaucoup plus modestes. On voulait montrer une bonne image du football burkinabé en s'extirpant du premier tour. Les quarts de finale dans nos objectifs de départ étaient un bonus pour nous mais au vu de la compétition, on s'est rendu compte qu'il y avait un bon coup à jouer", a indiqué le président de la Fédération burkinabée de football (FBF), le colonel Sita Sangaré.
"Nous avons une très bonne équipe, nous pensons pouvoir faire mieux dans les prochaines éditions", s'est félicité le dirigeant. Les Etalons ont également été reçus en début de soirée au palais présidentiel par le chef de l'Etat Roch Marc Christian Kaboré. Joueurs et encadrement technique ont été décorés de la médaille de "Chevaliers de l'ordre national", l'une des plus hautes distinctions au Burkina Faso.
"Valeureux Etalons, je voudrais au nom du peuple du Burkina Faso, au nom du gouvernement, au nom de l'ensemble des institutions vous féliciter pour la victoire que vous avez accomplie en ramenant la troisième place de la CAN-2017", a dit le président Kaboré
Le ministre des Sports, Tahirou Bangré s'est lui aussi réjoui de cette performance. "Pendant cette CAN, on a vu des équipes comme la Côte d'Ivoire, le Sénégal, la Tunisie, de grandes nations de football qui ont été très tôt éliminées. Nous, nous avons été difficilement éliminés par une équipe égyptienne que nous avions les moyens de battre, donc on se sent satisfait du travail accompli, on peut être fier de notre médaille de bronze", s'est réjoui l'ancien international. Le Burkina Faso a battu le Ghana 1 à 0 samedi lors du match pour la 3e place de la Coupe d'Afrique disputé à Port-Gentil.

Broos, la première histoire belge d'Afrique

C'est l'histoire d'un Belge, il arrive au Cameroun et un an après il gagne la Coupe d'Afrique des nations: Hugo Broos est devenu dimanche le premier sélectionneur belge à coucher son nom dans le livre d'or de la biennale du football africain.
Avec la victoire des Lions indomptables en finale contre l'Egypte (2-1), c'est aussi l'histoire d'un homme de 64 ans, ancien défenseur d'Anderlecht et des Diables rouges, qui prend humblement sa revanche contre celles et ceux qui l'avaient oublié, à peu près tout le monde.
"Cela m'étonne un peu de voir qu'aujourd'hui, tout le monde loue mes qualités en Belgique", a d'ailleurs déclaré au journal flamand Nieuwsbald l'ancien joueur blanchi sous le harnais, mais svelte comme un jeune homme, les yeux clairs et rusés qui semblent éclairer un éternel petit sourire ironique.
"Mes qualités étaient encore remises en doute il y a peu. Cela fait d'ailleurs des années que je n'ai pas reçu ma chance. Personne ne me contacte. On m'a déjà dit que j'étais trop vieux, ou trop cher, alors que durant ces six dernières années, personne ne m'a demandé ce que je voulais comme salaire", a ajouté celui qui vient de rejoindre le cercle des Européens sans grade que l'Afrique tire soudain de l'anonymat.
Arrivé en février 2016 à la tête d'une sélection qui n'avait pas gagné de match en phase finale de la CAN depuis 2010, le natif de Humbeek a immédiatement été plongé dans les joies du marigot camerounais: presse intraitable, éternelles bisbilles joueurs/fédération sur le montant des primes, sans oublier les rodomontades de Roger Milla sur le thème du +c'était mieux de mon temps+.
"Ce n'est pas agréable, certainement pas", assure Broos, critiqué jusqu'au début de la CAN. "Je n'ai pas compris pourquoi au début on ne m'a pas donné ma chance. Un journaliste doit être critique mais il faut rester correct. Et la correction n'était pas toujours là", rapporte l’AFP.
Flegmatique, Broos a résisté aux assauts venus de toutes parts en restant fidèle à lui-même: "Je fais à ma manière. Si cela ne réussit pas, tant pis pour moi. Mais je pense qu'aujourd'hui, cela a réussi".
Au chômage depuis plusieurs années, le Belge a su constituer un groupe avec des joueurs pour la plupart inconnus, pour parer aux défections de sept cadres, qui doivent se mordre les doigts de n'être pas venus au Gabon.
Alain Giresse, Hervé Renard, voire un nouveau retour de Claude Le Roy: on voyait plutôt très classiquement un Français, de préférence avec une expérience en Afrique, pour remplacer l'Allemand Volker Finke début 2016 à la tête du Cameroun.
Difficultés financières de la Fédération, dans un pays qui connaît comme le reste de l'Afrique centrale un ralentissement de son économie ? Toujours est-il que le choix des dirigeants s'est porté sur un entraîneur belge (FC Bruges, Excelsior Mouscron, Anderlecht, Genk...), qui avait découvert sur le tard les joies de l'expatriation, avec de brèves expériences de clubs en Turquie, aux Emirats arabes unis, ainsi qu'en Algérie à la JSK où il ne reste que quelques mois.
Dès son arrivée à Yaoundé, le Belge a dû convaincre les sceptiques: "Je n'ai pas peur, je suis vraiment habitué à travailler sous pression".
"Evidemment, la pression est peut-être un peu plus forte ici, dans ce grand pays. Mais vous êtes habitué à cette pression lorsque vous avez entraîné des clubs en Belgique comme Anderlecht ou le FC Bruges", a-t-il insisté, sans convaincre grand monde à l'époque.
Avec deux matches nuls initiaux contre l'Afrique du Sud, Broos met en place sa méthode: faire tourner les joueurs, miser sur le collectif plutôt que sur de fortes individualités, donner leur chance à des nouveaux venus comme Christian Basogog (Aalborg/Danemark), désigné meilleur joueur du tournoi alors qu'il n'a été sélectionné pour la première fois qu'en novembre dernier.
Sur les coups de 22h00 ce dimanche à Libreville, le sexagénaire a couru comme un gamin pour venir partager la joie de ses joueurs sur le stade de l'Amitié. La revanche des Lions, qui commençaient à subir le désamour de tout un pays, est aussi celle qu'il prend sur son propre parcours.

Libé
Lundi 6 Février 2017

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