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Essaouira : Mourir en attendant la Protection civile




Essaouira : Mourir en attendant la Protection civile
Acte 1 : Lundi 17 mai 2010 dans l’ancienne médina d’Essaouira, des touristes découvrent Hadj Moussa allongé sur sa chaise, dans sa petite boutique. Il semble avoir perdu connaissance. Les citoyens ont aussitôt appelé la Protection civile avec l’espoir de réanimer ce fan et joueur de basketball qui souffrait d’un malaise cardiaque.
Malheureusement, il a fallu attendre plus d’une demi-heure pour que les éléments de la Protection civile se manifestent sans brancard pour transporter le malade aux urgences. Une vague de protestations s’était déclenchée par la suite  parmi des touristes, des citoyens et ses amis qui ont témoigné de ce grave manquement.
«Normalement, on fait appel à la Protection civile pour secourir un cas urgent comme ce fut le cas de feu Hadj Moussa que personne ne pouvait décider de sa mort en l’absence d’un staff médical. La protection civile avait tardé à intervenir, dépourvue du strict minimum. Même si les secouristes étaient convaincus de la mort de Hadj Moussa, ils auraient dû apporter au moins un brancard pour le transporter à la morgue!» nous a déclaré un ami du défunt non sans amertume.
Acte 2 : Ramadan 2009. Un enseignant atteint de glycémie et habitant la région de Ghazoua décide de jeûner contrairement aux directives de son médecin. Quelques heures après, il subit une crise sérieuse qui avait nécessité une intervention médicale urgente. Faute de structures sanitaires à Ghazoua, sa famille a appelé les services de la protection civile pour le transporter au CHP Sidi Mohammed Ben Abdellah. Certes, les secouristes arrivèrent, mais avec beaucoup de retard, après que l’enseignant et père de famille avait rendu l’âme suite à ce malaise.
Acte 3 : Une élève interne dans un lycée d’Essaouira souffre d’une crise aiguë. Les responsables appellent la Protection civile pour transporter la jeune au CHP Sidi Mohammed Ben Abdellah. Après une heure d’attente, la jeune fille souffrante, était obligée de faire le chemin à pied vers le centre hospitalier pour recevoir des soins.
Acte 4 : Lotissement Al Amal à Essaouira. Il est minuit. Un homme âgé de 68 ans perd conscience suite à un malaise cardiaque. Sa famille appelle la Protection civile pour l’emmener d’urgence à l’hôpital. A sa grande surprise, on lui a tout simplement répondu que le commandant était absent, et qu’elle ne pouvait se déplacer avant son retour !!! La malheureuse famille s’est débrouillée toute seule pour sauver la vie du père.
Acte 5 : Douar Laarab, à quelques kilomètres d’Essaouira. Il est 07h30. Les membres d’une famille contractent plusieurs blessures graves. Ils étaient obligés d’attendre jusqu’à 10h pour voir les éléments de la Protection civile arriver après plusieurs appels de la gendarmerie Royale et des membres de la famille.
Acte 6 : Lotissement des Lagunes. Il est 06h00. Un citoyen découvre une femme évanouie dans la rue. Tentant de joindre la Protection civile au téléphone, il  a été accueilli à l’autre bout de la ligne par des insultes et des mots injurieux de la part d’un agent en permanence. Non seulement la femme n’avait pas été secourue, mais le citoyen a été traité de tous les noms.
Plusieurs sources concordantes ont affirmé que la Protection civile à Essaouira a inventé une nouvelle formule pour repousser les demandes des citoyens, leur demandant d’abord de contacter la police qui se chargera de transmettre leurs appels aux intéressés.
Les cas précités, entre autres, reflètent clairement le sérieux problème dont souffrent les habitants avec les services des secours. La médiocrité des services d’intervention de la Protection civile fait l’unanimité depuis quelques années. Il est vrai que parfois on est confronté à des petits malins qui s’amusent à déranger les services concernés, mais cela ne peut justifier en aucun cas les manquements constatés à maintes reprises.
«On fait appel à la Protection civile pour sauver des vies, et non pour embarquer des corps. S’ils refusent de secourir les gens, ou arrivent avec beaucoup de retard les mains vides, à quoi peuvent-ils servir finalement?» se demande un citoyen scandalisé par cette situation insoutenable.

Abdelali Khallad
Vendredi 21 Mai 2010

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