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Espagne : Les nationalistes d'Artur Mas s'effondrent au Parlement catalan




Espagne :  Les nationalistes d'Artur Mas s'effondrent au Parlement catalan
Les quatre partis indépendantistes remportent la majorité absolue des sièges disputés lors des élections régionales anticipées qui ont eu lieu dimanche en Catalogne, malgré un résultat décevant pour le premier d'entre eux, à la tête de la Généralité depuis fin 2010.
L'ensemble des formations qui demandent un référendum sur l'indépendance obtiennent deux tiers des 135 sièges du Parlement de Catalogne, mais leurs divergences risquent d'entraver l'organisation du scrutin.
La coalition Convergence et union (CiU, centre droit), la première d'entre elles, à laquelle appartient le président catalan Artur Mas, remporte seulement 50 des 135 sièges qui composent l'Assemblée, contre 62 auparavant.
"Mas a manifestement commis une erreur", juge José Ignacio Torreblanca, directeur de l'antenne madrilène du Conseil européen des relations étrangères, un centre de réflexion transfrontalier. "Il a défendu un programme séparatiste, et les gens lui ont montré qu'ils voulaient voir d'autres personnes mener ce programme."
Entouré par des partisans qui scandaient les mots "Indépendance, indépendance !", Artur Mas s'est cependant engagé dimanche soir à faire son possible pour organiser le référendum, même s'il a reconnu que ce serait "plus compliqué".
C'est un autre parti indépendantiste, la Gauche républicaine, qui apparaît comme le véritable gagnant, malgré sa deuxième position, après avoir plus que doublé son nombre de sièges de 10 à 21.
Deux autres petits partis, classés à la gauche de la gauche, et qui peuvent s'allier aux deux précédents, comptent seize élus, donnant ainsi aux indépendantistes une majorité absolue avec environ 60% des sièges.
Chez les partisans de l'unité avec l'Espagne, la branche catalane du Parti socialiste espagnol (PSOE) obtient 20 sièges, contre 19 pour les conservateurs du Parti populaire (PP) de Mariano Rajoy, le président du gouvernement.
 
Le Parti de la citoyenneté, une petite formation unioniste, remporte neuf sièges.
Le scrutin a atteint un taux de participation record, avec 68% des électeurs s'étant exprimés, soit 10 points de pourcentage de plus que lors des précédentes élections, deux ans auparavant.
"C'est la plus forte participation enregistrée en Catalogne lors des huit derniers scrutins, depuis 1988", a déclaré la vice-présidente de la Généralité de Catalogne, Joana Ortega, à la mi-journée.
Le séparatisme en Catalogne, comme au Pays basque espagnol, a été durement réprimé sous la dictature franquiste (1939-75) mais les 17 régions espagnoles ont obtenu une large autonomie après le retour de la démocratie et les velléités indépendantistes sont restées limitées dans les années 1980-90.
Des événements récents ont cependant alimenté le sentiment de frustration des Catalans vis-à-vis de Madrid, à commencer par le rejet en 2010 par le Tribunal constitutionnel de plusieurs articles du nouveau statut d'autonomie régional, l'Estatut, dont celui reconnaissant une "nation" catalane.
La crise économique aiguë que traverse l'Espagne est venue renforcer l'argumentaire en faveur d'une sécession.
Avec ses ports méditerranéens très actifs, son tourisme, ses usines automobiles, son industrie chimique ou son secteur bancaire, la Catalogne, forte de 7,5 millions d'habitants -soit plus que la population du Danemark- , pèse un cinquième de l'économie espagnole.
La grave récession qui frappe le royaume depuis l'éclatement de la bulle immobilière en 2007 ne l'a cependant pas épargnée: dans l'impossibilité de se financer sur les marchés depuis que ses titres ont été classés au rang d'obligations "pourries", la Catalogne a dû emprunter cinq milliards d'euros à Madrid pour payer ses factures.
Mais de nombreux Catalans rejettent leurs difficultés sur Madrid en accusant le gouvernement central de prendre leurs impôts pour les reverser aux régions les plus pauvres. Les autorités régionales évaluent le manque à gagner à 16 milliards d'euros par an.
La récente conversion d'Artur Mas, jusqu'ici partisan du statu quo, à l'indépendance a toutefois fait lever quelques sourcils en Catalogne.
Certains soupçonnent le chef de file des nationalistes de vouloir faire oublier une situation économique dramatique et les coupes franches dans les dépenses des hôpitaux et des écoles.
A la tête de la Généralité, Artur Mas a tenté de renégocier un "pacte fiscal" plus avantageux avec Madrid, mais Mariano Rajoy, y a opposé une fin de non-recevoir le 20 septembre, malgré une manifestation massive de centaines de milliers de Catalans à Barcelone neuf jours plus tôt.
Le président du gouvernement a souligné que la Catalogne devrait déposer sa candidature à l'UE en cas de sécession et a mis en garde les électeurs contre "un billet pour nulle part". Le roi Juan Carlos a lui aussi lancé un appel à l'unité.

AFP
Mardi 27 Novembre 2012

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