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Espagne : Décès de Santiago Carrillo, figure communiste historique




Espagne : Décès de Santiago Carrillo, figure communiste historique
Le dirigeant historique du Parti communiste espagnol Santiago Carrillo est mort mardi à l’âge de 97 ans et avec lui disparaît l’un des derniers grands acteurs de la vie politique de l’Espagne au XXe siècle, de la guerre civile à la transition démocratique.
Santiago Carrillo, secrétaire général du PC espagnol de 1960 à 1982, défenseur de l’eurocommunisme face à l’Union soviétique, aura traversé l’histoire de son pays depuis la guerre civile (1936-39) jusqu’à la période de transition, qui a suivi la dictature de Francisco Franco mort en 1975.
Malade depuis plusieurs mois, il est décédé à son domicile à Madrid.
«Il est mort tranquillement après s’être affaibli au cours des derniers jours», a déclaré son fils Santiago. Le défunt sera incinéré et ses cendres seront dispersées en mer au large de Gijon, dans le nord-ouest de l’Espagne, a-t-il ajouté.
Sa famille politique a salué la mémoire d’un «dirigeant historique».
«C’est plus qu’une personne de gauche qui part, c’est un morceau de notre histoire, je crois parmi les meilleures choses de notre histoire, avec ses nombreuses grandeurs, aussi ses erreurs, mais surtout ses grandeurs», a déclaré le député du parti de gauche Izquierda Unida, Gaspar Llamazares.
Santiago Carrillo a été critiqué toute sa vie durant pour la mort de milliers de prisonniers franquistes dans la localité de Paracuellos del Jarama, près de Madrid, en 1936, alors qu’il était jeune responsable républicain de la défense de la capitale, en pleine guerre civile.
Il s’est toujours défendu en assurant ne pas avoir eu alors à sa disposition de forces capables de résister à des «groupes incontrôlés».
«C’est quelqu’un qui a mené une longue carrière politique de lutte et de défense des travailleurs, depuis son engagement très jeune pour la république espagnole et la défense des libertés et du gouvernement légitime de la république, sa lutte contre la dictature, l’exil», a souligné Cayo Lara, coordinateur d’Izquierda unida.
«Ensuite ce fut une personne qui a joué un rôle très important pendant tout le processus de transition démocratique, jusqu’à la démocratie», a-t-il poursuivi, résumant la longue carrière de Santiago Carrillo.
Le regard vif tamisé derrière d’épaisses lunettes, une éternelle cigarette aux lèvres, Santiago Carrillo aura mené un parcours intimement lié à l’histoire de l’Espagne depuis les années 1930: jeune responsable républicain pendant la guerre civile, exilé en France pendant 40 ans sous le franquisme, avant de devenir secrétaire général du Parti communiste espagnol (PCE).
Né le 18 mars 1915, fils d’un dirigeant du Parti socialiste espagnol, le PSOE, il s’était initié très jeune à la politique et au journalisme.
Très tôt, il a défendu l’idée de «l’eurocommunisme», affichant son indépendance totale vis-à-vis de l’URSS, condamnant fermement l’invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes du bloc soviétique en 1968.
En 1984, il avait quitté le PCE, en perte de vitesse après la victoire des socialistes aux élections de 1982, avant de disparaître de la scène politique dans les années 1990. Chroniqueur inlassable de la vie politique espagnole, il s’était depuis consacré à l’écriture.
Une de ses dernières apparitions publiques remonte au 23 février 2011, lors d’un repas offert par le roi Juan Carlos pour le trentième anniversaire de la tentative de coup d’Etat du 23 février 1981.
Le roi, figure-clé de la transition aujourd’hui âgé de 74 ans, accompagné de la reine Sofia, s’est rendu mardi soir au domicile de Santiago Carrillo pour lui rendre hommage.
«La transition a été une oeuvre collective de tous les Espagnols, mais quelques-uns d’entre eux ont joué un rôle-clé. Santiago Carrillo est l’un d’eux», a affirmé le leader socialiste Alfredo Perez Rubalcaba.
Avec Santiago Carrillo disparaît l’une des dernières grandes figures de la transition démocratique. Manuel Fraga Iribarne, ancien ministre de Francisco Franco, était mort le 15 janvier à l’âge de 89 ans.
Autre grande personnalité politique de cette époque, Adolfo Suarez, premier chef de gouvernement de la démocratie mais aussi héritier du franquisme, est aujourd’hui âgé de 80 ans et malade.

Libé
Jeudi 20 Septembre 2012

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