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Eric Goldberg : Je pense que le Maroc a un grand potentiel pour faire du cinéma d’animation




Eric Goldberg : Je pense que le Maroc a un grand potentiel pour faire du cinéma d’animation
Eric Goldberg est l’un des plus grands hommes du cinéma d’animation. Réalisateur de Pocahontas, Fantasia 2000, Rhapsody in blue, il a 
également animé Hercule, Madame Doubtfire, 
Les Looney Tunes passent à l’action, la Panthère rose, Rox et Rouky 2, la Princesse et la Grenouille, Winnie l’Ourson et bien d’autres. Pilier de 
Disney, en février 2011, Eric Goldberg a été récompensé 
du prestigieux Winsor McCay Award pour l’ensemble de 
ses travaux dans l’animation.
Ce personnage haut 
en couleur nous accueille 
avec bonne humeur dans 
son riad, habillé d’une 
chemise jaune ornée 
de Mickey. Entretien.
 
Libé : Pocahontas a été projeté récemment dans la Médina de Meknès, comment vous êtes vous senti ?
 
Eric Goldberg : Quand j’ai vu Pocahantas en Médina, j’ai été submergé par l’enthousiasme du public. C’est de loin le meilleur public avec lequel je n’ai jamais visionné Pocahontas. Les enfants étaient à 100% dans le film, très vocaux et excités, et c’était très touchant. Lorsque Pocahontas et John Smith se sont embrassés à la fin, la salle a littéralement explosé ! Les enfants ont vraiment réagi et semblaient très heureux. C‘était quelque chose que je n’avais jamais vécu dans les projections de mes films d’animation.  Je pense que c’est une belle chose que le FICAM organise des projections pour ces enfants qui n’auraient peut-être jamais eu l’occasion de voir un film dans une salle de cinéma. Quelle belle expérience pour eux, et pour nous, réalisateurs, de voir comment ils réagissent !
 
Vous avez travaillé comme animateur et réalisateur. Quel poste préférez-vous occuper ?
 
 J’aime beaucoup les deux. Etre animateur, c’est comme être face à la caméra et être un acteur alors qu’être réalisateur, c’est plutôt être derrière la caméra.  Honnêtement, je ne vois pas de différence entre les deux, car quand je suis animateur, je dirige quand même les personnages (leurs caractères et leurs comportements), tandis que quand je suis réalisateur, je dessine beaucoup.
 
 Comment avez-vous décidé de travailler dans le cinéma d’animation?
 
Je suis né au milieu du 20ème siècle, et à cette époque, il y avait Mickey Mouse, les programmes de Disney, Betty Boop... et j’étais fasciné !  Il y a, je pense, deux choses qui m’ont le plus influencé. Premièrement, Woody Woodpecker était pour moi un personnage fantastique ; il était fou et j’adorais cela ! Mon frère, Eliott, quand j’avais 4 ans, m’a appris à dessiner Woody Woodpecker, et c’était la première fois que je posais une mine de crayon sur un bout de papier.  De plus, je me rappelle que Walt Disney avait mis en place des programmes qui expliquaient les processus et techniques d’animations. Je les regardais à la télévision et j’étais fasciné.  J’ai toujours su que je voudrais devenir animateur. 
 
Pourquoi avoir écrit deux livres pour enfants ?
 
Tout d’abord, c’était pour moi l’opportunité de travailler avec ma femme. Elle est directrice artistique et nous avons travaillé ensemble sur beaucoup de projets : Rhapsody in blue, Le carnaval des animaux.. et nous aimons faire des projets pour les enfants. Nous voulions que cela soit agréable. Nous faisions également un test car cela nous permettait de connaître la réaction des enfants et de voir s’ils aimaient notre travail. Les enfants sont très intelligents et ont une observation incroyable des détails. Il est toujours agréable de les écouter.
 
Qu’est-ce qui vous touche le plus dans le cinéma d’animation ?
 
 J’aime le fait que nous pouvons nous connecter avec les gens au moyen d’un simple papier ou d’un écran d’ordinateur. Nous pouvons créer des personnages et des histoires qui toucheront des individus. Les personnes que vous n’avez jamais rencontrées et que vous ne rencontrerez jamais sont émues et ressentent quelque chose en regardant ces films d’animation. Elles vont pleurer ou rire, et c’est un merveilleux sentiment ! Il est difficile d’imaginer l’impact qu’ont les films Disney, non seulement la première fois qu’ils sont vus, mais au fil du temps quand les nouvelles générations les regardent et que les adultes revisualisent ces films. Les meilleurs films Disney s’inscrivent dans le temps et c’est merveilleux... Je regarde toujours les anciens films de Disney car ils m’inspirent. J‘apprends toujours quelque chose de nouveau.
 
Que pensez-vous du cinéma d’animation marocain?
 
 J’ai vu certains films marocains et je pense qu’il y a un très grand potentiel dans ce pays. Certains sont d’un très bon niveau. Il serait intéressant de voir si le Maroc, et Meknès en particulier, devient le centre du cinéma d’animation en Afrique. J’ai entendu dire qu’il l’est déjà, mais dorénavant j’aimerais voir si les films marocains s’exporteront dans le monde entier et obtiendront une audience. J’ai vu des œuvres merveilleuses dans le monde entier, mais souvent les films ne s’exportent pas et ne se connectent pas bien avec le public occidental pour de nombreuses raisons qu’il faut peut-être analyser.
 

Propos recueillis par Danaé Pol
Jeudi 3 Avril 2014

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