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Entretien avec le réalisateur Abderrahman Tazi : “J'essaie de faire un travail cinématographique à la télévision”




Entretien avec le réalisateur Abderrahman Tazi : “J'essaie de faire un travail cinématographique à la télévision”
La diffusion du premier épisode de la nouvelle série «Houssein et Safia» a eu lieu jeudi dernier sur la chaîne 2M. Nous avons
rencontré son réalisateur, Abderrahman Tazi, qui nous a parlé de cette
comédie sociale de 13 épisodes.

Libé : On est tenté de croire que vous faites un travail cinématographique à la télévision où les fictions connaissent un véritable succès. Quelle en serait l'explication?

Abderrahman Tazi: C'est malheureux de perdre un public dans les salles de cinéma, mais c'est en même temps un bonheur de voir qu'il existe un public pour le cinéma à la télévision. Mais nous constatons le grand succès de tout ce qui est fiction sur la chaîne 2M. Vous avez des téléfilms qui repassent pour la huitième fois et qui font encore de 2 à 3 millions de téléspectateurs à chaque passage. C'est une chose merveilleuse dans la mesure où on a quand même une interactivité avec ce public qui a disparu à cause de la fermeture des salles et qui se trouve maintenant à la télévision. C'est pour cela que j'essaie de faire un travail cinématographique à la télévision.

La nature et l'environnement sont très présents dans votre série «Houssein et Safia», qui a été tournée dans le magnifique décor de Chefchaouen. Pourquoi cette ville et cet intérêt pour l'environnement ?

D'abord, parce que j'estime que ces régions ne sont pas exploitées suffisamment. Ensuite, je commence à être gêné de tous les tournages de séries, téléfilms qui véhiculent l’accent de la chaouia parce que tout le monde se retrouve à Casablanca. Je fais maintenant des produits en dehors de Casablanca, quoi que cela me demande financièrement plus, pour avoir aussi des accents différents. C'était le cas l'année dernière à Marrakech et à Agadir. J'aime beaucoup le Nord. Je pense qu'on doit offrir au public marocain différents accents et ne pas se contenter d’un seul parler.

Parlons justement de moyens. Est-il facile de tourner hors de Casablanca, en l'occurrence à Chaouen ?

Quand vous avez une équipe de 25 à 30 personnes et que vous tournez à Casablanca, l'avantage est qu'après chaque séance, chacun rentre chez lui. Ce qui n'est pas le cas quand vous êtes dans les régions du Nord notamment à Chaouen ou Tanger où vous devez prendre en charge tous les comédiens et les techniciens. Ce qui représente un surcoût de 25% par rapport à un tournage à Casablanca.
Cela dit, nous ne rencontrons aucune autre difficulté surtout de la part des gens du Nord auprès desquels j'ai trouvé une bonne collaboration. Et cela dure depuis plus de 25 ans. Je trouve toujours une participation absolument magnifique. Quand quelqu'un promet de vous aider, il le fait. Et quand il vous fait savoir qu'il ne peut pas, vous devez voir ailleurs. Aussi, j'ai toujours trouvé une excellente collaboration de la part des autorités et de la population y compris des techniciens et comédiens des régions du Nord qui regorgent de nombreuses potentialités sur le plan artistique. C'est aussi pour moi une source de pouvoir trouver dans ces régions des comédiens de talent.

Comment s'est déroulé le tournage ? Au-delà des talents des uns et des autres, qu'est-ce qui vous a particulièrement marqué chez ces comédiens ?

Il régnait un esprit familial pendant le tournage et surtout une harmonie entre les techniciens et les comédiens. Malgré les difficultés que nous avons eues avec le temps, du fait notamment de la pluie, tout s'est bien passé. Ce qui est important, c'est l’allocution que je fais à la veille de tout tournage sur la motivation. J'ai toujours insisté sur ce point parce qu'elle permet à chacun d’accomplir sa tâche et d'apporter ainsi un plus au groupe. Et je l'ai retrouvé aussi bien chez les comédiens, techniciens que chez les habitants.

Cette comédie sociale s’étale sur 13 épisodes. Les téléspectateurs retrouveront-ils un message dans chaque épisode ?
 
Effectivement, chaque épisode met l'accent sur un problème en rapport avec l'environnement dans lequel nous vivons : l'environnement, la protection de la nature et les rapports humains. Par exemple, dans le second épisode (qui sera diffusé ce jeudi 10), il est beaucoup question de protection de la nature, d'écologie... Les téléspectateurs retrouveront ces messages à travers des scènes où l'on discute sur le choix des couleurs, l'utilisation de la teinture, etc.

S'il y avait un seul message pour résumer la série, lequel évoquerez-vous?

Je travaille beaucoup sur le patrimoine. Et si j'insiste sur le problème du décor, c'est pour qu'on puisse avoir des choses qui nous appartiennent. Le message, c'est que nous devons préserver notre patrimoine au niveau de l'habit, de la musique, entre autres.
Votre collaboration avec la chaîne d'Aïn Sebaâ remonte à quelques années déjà. Comment s'est-elle construite ?
Ce travail s'est construit depuis 7 à 8 ans avec d'abord des téléfilms et maintenant la série. Je trouve que c'est une chaîne qui a développé énormément le genre fiction et que le public existe. Autant dire que c'est un terrain très favorable pour me permettre de poursuivre mon travail cinématographique à la télévision.

Propos recueillis par ALAIN BOUITHY
Mercredi 9 Mars 2011

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