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Entretien avec l'astronaute italien Paolo Nespoli : “Seul un engagement international constant et solide nous permettra d'aller sur Mars dans des délais raisonnables”




Entretien avec l'astronaute italien Paolo Nespoli : “Seul un engagement international constant et solide nous permettra d'aller sur Mars dans des délais raisonnables”
Paolo Nespoli était à Casablanca dans le cadre des célébrations du 150ème anniversaire
de l'Unité italienne
sous le signe «Bon
anniversaire Italie»
et de la «Semaine de la langue italienne dans
le monde ». L'astronaute d'origine italienne est venu témoigner de son expérience à bord
de la station spatiale internationale «ISS»
où il a séjourné six mois durant, de décembre 2010 à mai 2011. Une riche expérience que l'Association culturelle italienne Dante Alighieri et l'Ecole italienne «Enrico Mattei»,
en collaboration
avec le Consulat général d'Italie à Casablanca
et l'Institut culturel
italien de Rabat,
ont voulu faire partager
à des élèves et étudiants intéressés par
cette belle aventure. Entretien

Libé : Vous êtes resté 6 mois à bord de la station spatiale internationale « ISS ». Quelle a été votre première réaction lorsque vous avez appris que vous feriez partie de l'équipage ?

Paolo Nespoli: C'était une bonne et heureuse nouvelle. Je dois préciser qu'au début je devais simplement faire un vol de 15 jours; ce n'est qu'après que j'ai appris que je devais finalement rester 6 mois à bord de l'ISS. En ce moment-là, j'étais un peu surpris tellement que je trouvais cela assez long. Mais en fin de compte, j'ai découvert que rester dans l'espace durant six mois était aussi amusant qu'agréable. C'était une expérience tout à fait différente, nouvelle et intéressante à bien des égards. Mieux, c'est aussi utile pour contribuer à quelque chose.

Quelle était votre mission à bord de la station ?

J'étais un ingénieur de bord. J'ai fait 140 expérimentations à peu près sur le matériel, la technologie. Ma présence dans l'espace à bord de l'«ISS» était de réaliser principalement ces différentes expérimentations.

Que faisiez-vous de votre temps libre hors de la mission qui vous a été dévolue dans l'espace ?

Mon loisir était de faire des photos dont certaines images ont été présentées lors de mon exposé. J'ai fait 24000 photos durant ce séjour. Dont 500 que j'ai envoyées sur Terre à travers notamment Twitter, par exemple. Chaque jour, j'envoyais 4 à 5 photos. Le plus intéressant, c'est surtout les commentaires que suscitaient ces images sur Terre. Je peux dire que ce fut un temps libre vraiment intéressant.

Quand bien même vous vous sentiriez à l'aise dans l'espace, n'avez-vous pas eu des petits soucis, des choses qui vous ont manqué durant ces 6 mois ?

(Rire) Bien sûr qu'il me manquait la nourriture, ma famille, ma fille. Mais s'il y a une chose qui m'a vraiment beaucoup marqué, c'est le décès de ma mère pendant mon séjour dans l'espace. C'était un moment très dur et surtout inattendu.

On parle de plus en plus de vols spatiaux commerciaux. Quel est votre avis sur la question ?

A mon avis, c'est quelque chose qui doit venir. Parce que c'est tellement beau d'être dans ces conditions de microgravité et de voir la Terre d'en haut. C’est vraiment dommage que seuls les astronautes aient cette opportunité de vivre cette sensation. Je pense que tout le monde devrait en profiter. Il y a déjà des agences qui sont en train de construire des navettes, des véhicules pour le tourisme spatial. Ce qui est une bonne chose, d'autant plus que tout le monde pourra vivre cette aventure.

Pensez-vous qu'il y a des chances d'aller un jour sur Mars ? Est-ce réalisable ?

Il y a une certaine possibilité mais elle est encore lointaine. Pour aller sur Mars, il faut un engagement international constant et vraiment solide. Avec la crise actuelle, il serait difficile d’envisager cette possibilité. Elle est telle que chaque gouvernement a d'autre chose à penser : il n'y a pas assez d’opportunité pour penser à une initiative internationale.
Je pense par contre que cette nouvelle aventure de l'homme a toutes les chances d'être réalisée par les Chinois. Ces derniers veulent montrer au monde ce dont ils sont capables et prouver aux yeux de tous qu'ils ont les moyens technologiques d'y parvenir et qu'ils sont capables de faire des choses aussi complexes soient-elles.

Vous avez eu un moment d'échange très riche avec des élèves lors de votre exposé. Quel message aimeriez-vous qu'ils gardent de votre expérience dans l'espace ?

Mon message est très simple : il faut rêver les choses impossibles. Les rêves sont tous au début impossibles, mais après il y a des probabilités qu’ils puissent devenir une réalité. Et après c'est inévitable. Si on travaille sur ces rêves avec patience et constance et tout l'engagement souhaité, on finit par les atteindre. Donc les jeunes doivent rêver, mais en même temps ils doivent travailler sur ce rêve pour pouvoir le réaliser.

Propos recueillis par Alain BOUITHY
Mardi 25 Octobre 2011

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