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Entretien avec l’artiste peintre Mhamed Cherifi

Les cinq artistes ayant exposé aux Oudayas ont un ensemble d’univers lyriques en partage




Entretien avec l’artiste peintre Mhamed Cherifi
Mhamed Cherifi est parmi les artistes peintres
marocains qui travaillent sur la base d’une idée, sinon d’un projet. Rien n’est dû
au hasard. Chaque couleur comporte un sens. Chaque forme fait ressortir une
inspiration. Et chaque
assemblage obéit à une conception. La part du
«non projeté» reste
présente, mais ne fait que confirmer une réflexion
permanente qui fait que Mhamed Cherifi est
vraiment un artiste
de son époque, de son
terroir imaginaire.
Il se confie à Libé.  


Libé : Vous venez d’exposer à Bab El Kébir, à Rabat. Quel apport pour votre expérience artistique?

Mhamed Cherifi : Je dirai d’emblée que ma dernière exposition à Bab El Kébir – Oudayas du 6 au 26 septembre est un grand succès. Cela est dû au brassage de différentes expériences et tendances. Il s’agissait d’une exposition collective du Groupe 5. Il a été créé il y a deux ans par les artistes plasticiens Noureddine Lahrech, Benyounes Amirouche, Abdesslam Lahrach, Youssef Zohari et moi-même.
C’est la troisième exposition en 2013, après celles de la galerie Mohamed Kacimi à Fès et de la maison de la culture à Elhajab. Pour moi, c’est une nouvelle expérience, dans la mesure où je travaille avec un groupe d’amis artistes plasticiens qui me permettent d’envisager d’autres perspectives. Chacun élabore et développe son œuvre plastique et sa propre expérience. En fait, c’est une complémentarité de styles, de visions, d’inspirations. Il s’agit d’un enrichissement et d’une diversité des points de vue plastiques, techniques et humains. Bref, c’est une grande richesse, pour moi comme pour tous les autres artistes.

Qui est à l’origine de l’idée du Groupe 5 et quel en est l’objectif ?

L’idée de créer un groupe, c’était juste entre moi et mon ami Noureddine Lahrech. Mais, après plusieurs discussions nous sommes passés à l’action, à la recherche de l’homogénéité et des identités artistiques. Nous sommes cinq peintres de différentes palettes rassemblés autour d’une thématique (Voisinages lyriques) appelant au rêve, à la recherche du beau  et à la méditation. Des univers lyriques que chacun de nous a abordés à sa manière pour partager sa propre vision et sa profonde réflexion avec le monde extérieur. Ce qui donne lieu à une richesse  aussi bien pour les artistes participant à cette exposition que pour le public.

Mais l’art est personnel et individuel. Comment voulez-vous vous regrouper dans un art où la subjectivité est pleinement ancrée ?

Bien sûr que la peinture est purement individuelle et personnelle, mais l’art d’aujourd’hui peut atteindre des fins collectives qui nécessitent parfois un travail de groupe, afin d’assurer une complémentarité entre différentes  styles d’expression. (installation, jeux  de lumières et de vidéos, peintures et performance…). C’est vrai qu’au début, nous avons rencontré des difficultés pour rendre le groupe homogène, motivé  et actif, car notre but est de travailler sur des horizons nouveaux, modernes et bien structurés. La différence fait toujours la beauté, et crée aussi le sens, affirment les sémioticiens.  Aujourd’hui, le groupe est très motivé et se complète de plus en plus. Tous les membres dirigent leur regard vers un avenir brillant, plein de trouvailles et de surprises.

A un certain stade, on commence à penser son expérience. Comment évaluez-vous votre parcours à mi-chemin?

Pablo Picasso disait qu’un tableau ne vit que par celui qui le regarde. Ainsi, avoir son propre style nous semble intimement lié au fait de savoir dessiner et de bien travailler sa peinture, sa palette de couleurs  et de toucher à tous les matériaux ainsi que de faire beaucoup de recherches... Personnellement, je ne saurais évaluer mon parcours artistique. Ce sont les spécialistes qui peuvent analyser et remplir leur rôle de critique et de suivi. Mais malheureusement, le champ de la vraie critique est encore vierge, hormis quelques expériences respectables qu’on peut compter sur le bout des doigts … Ma tâche, c’est de faire mon travail d’artiste plasticien, de chercher et de trouver, à chaque fois, des nouveautés...

Quel processus pour la gestation d’une idée ?

Je dirai que je suis un peu à l’aise et satisfait, mais il y a toujours quelque chose qui veut ressortir et qui, à chaque fois, m’échappe. Je continue à retravailler pour l’atteindre et l’extirper. Nous ne pouvons être artistes qu’après avoir réussi à extérioriser nos sentiments. En nous posant toujours les mêmes questions : Comment faire pour trouver son style ? Combien de temps et d’expériences faudrait-il avant d’en trouver un ? Mais surtout qu’est-ce qu’un style ?  Je peins ce que je pense et ressens, non ce que je vois... Il faut toujours construire un monde nouveau, un art nouveau et différent, pour désagréger en quelque sorte le monde actuel … Le goût est l’ennemi de la créativité !
De nombreux artistes estiment qu’il n’y a plus ce besoin d’appartenir à une école, mais plutôt à plusieurs écoles pour tirer profit de leurs atouts. Qu’en pensez-vous?
Je peux m’appuyer sur une citation de Pablo Picasso : «Il faut savoir former pour pouvoir déformer». Former, c’est maîtriser la matière, savoir faire, dessiner, travailler la couleur, la matière, faire des études si c’est possible et toucher à tous les styles, mais à un certain niveau, il faut atteindre la déformation qui est le style… !  Reproduire et chercher ne veulent rien dire en peinture, ce qui compte c’est trouver. L’art et la création ne s’apprennent pas.

Qu’en est-il de vos projets d’avenir?

Pour mes projets d’avenir, je travaille toujours sur mes Rives, mais à chaque fois je change de technique et de matériaux. Je travaille sur d’autres supports. Je suis sur la 4ème  génération de mes Rives avec quatre styles différents sur la même thématique.  Et après mes deux recueils  de poèmes et mes tableaux (L’Encensoir indiscret avec la poétesse Amina Benmansour -Edition Marsam et Muse envoûté avec le poète Mohammed Khayat – Edition Maraya) j’ai des projets avec d’autres poètes. Cette fois-ci, sur d’autres supports de travail... Outre des scénographies, j’ai quatre pièces à réaliser pour la saison 2014.

Entretien avec l’artiste peintre Mhamed Cherifi

Propos recueillis par Mustapha Elouizi
Lundi 30 Septembre 2013

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1.Posté par dr kessouba le 01/03/2014 04:48
quand on fait les choses avec un peu d'amour;C'est peut-être lui qui rend notre ambition fascinante,
bon courage.

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