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Entretien avec Younès Megri : " J'aimerais interpréter Hassan II à l'écran "




Entretien avec Younès Megri : " J'aimerais interpréter Hassan II à l'écran "
 Younès Megri n'est plus à présenter. Acteur généreux et talentueux, il n'a pas fini de nous étonner notamment au cinéma où il s'est maintes fois distingué dans divers rôles. Autant dire que son avis sur le cinéma au Maroc et le Festival international du film de Marrakech demeure important.

Libé : Le Festival du film de Marrakech souffle cette année sa dixième bougie. Qu'est-ce que cela vous suggère comme commentaires ?

Younès Megri : Pour moi, 10 ans c'est une consécration. Cela veut dire que ce Festival existe et qu'il existera encore, parce que ces dix dernières années ont été très fructueuses au niveau des gens qui sont venus et passés par le Festival de Marrakech. Pratiquement toutes les stars mondiales sont passées ici. C'est dire que le FIFM devient un événement incontournable. Parce qu'il est difficile de ramener des gens dans un festival. C'est une consécration, confirmant que ce Festival existe maintenant et qu'il a beaucoup d'avenir devant lui. 

Ne pensez-vous pas que certains professionnels marocains aient un autre avis sur le Festival ?

Je sais que beaucoup de professionnels marocains pensent le contraire : ils pensent que c'est un festival qui a été créé par hasard. Moi, je ne suis pas de cet avis. C'est notre festival à tous, c'est notre image à tous. Par conséquent, nous devons tous participer à ce que ce festival prenne de l'ampleur  d'autant que c'est notre image qui est mise en public. Effectivement, il y a quelques professionnels qui pensent que ce festival aurait pu être différent si c'était simplement des Marocains qui s'en occupaient. Je ne partage pas leurs avis.

Pour sa première décennie d'existence, le Festival a choisi de rendre hommage au cinéma français que nombre de cinéastes et acteurs marocains connaissent bien. Quelle signification peut-on donner à cet hommage ?

  D'abord, c'est un cinéma que nous avons toujours respecté, que nous avons vu et avec lequel nous avons grandi. La nouvelle génération est peut-être maintenant différente. Ensuite, le cinéma que nous avons connu est de bonne facture et de qualité. Et puis, cela fait toujours plaisir au public de Marrakech de recevoir ce beau monde, d'admirer ces acteurs qu'il retrouvait au cinéma, qu'il ne connaissait que de nom. Et qui foulent le sol de Marrakech. On peut imaginer leur joie.
Vous avez été à la projection des films en compétition. Y en a-t-il un qui vous a  marqué?
J'en ai vu quelques-uns dont le film belgo-polonais "Beyond the Steppes" qui est réellement une pièce d'art avec d'excellents acteurs, un beau thème et un décor aussi simple reflétant l'immensité  des steppes, etc. C'est un petit bijou.

De plus en plus de cinéastes étrangers apprécient le décor naturel marocain et ont un regard très positif sur les productions marocaines. Vous qui êtes dans le milieu, ressentez-vous vraiment cette évolution du 7ème art marocain ? 

Absolument. A propos des productions étrangères que nous avons depuis deux à trois décennies, il faut se rappeler que c'est dans ce contexte que nous, en tant que comédiens, avons fait nos premières armes. N'oublions pas que dans un passé récent, il n'y avait pas d'école de cinéma. Donc, cette expérience nous a permis d'apprendre avec ces gens.
Actuellement, le cinéma marocain prend effectivement de l'ampleur. Il y a de plus en plus de productions, parce qu'il y a de plus en plus de professionnels. Que ce soit au niveau de l'actorat, des techniciens, au niveau pratiquement de tous les corps de métiers du cinéma. Et là,  nous avons un grand potentiel. On pourrait aussi ajouter que la politique  poursuivie dans le secteur du cinéma  s'est développée et que nous avons un Roi qui adore le cinéma. Ce qui est une chance pour nous de booster cet art.

Un mot sur vous, quelle est l'actualité de Megri ?

J'ai fait plein de productions cette année. J'en ai fait deux ou trois dont le dernier " Le retour du fils ", un film sur le mariage mixte  de Ahmed Boulane. Il est actuellement en post-production. J'ai joué  aussi dans un des premiers films d'action avec les frères Naciri, " Kanyamekeu ". Il y a quelques jours, on a terminé le tournage du dernier film de Hakim Noury, " Le bout du monde ". En plus de ces productions, j'ai composé beaucoup de films de musique, parce que j'en fais aussi: j'ai fait deux ou trois productions.
Vous êtes une référence dans le domaine. Y a-t-il encore quelque chose qui vous fasse rêver, vous tracasse ou que vous aurez aimé…
Oui, j'aimerais pouvoir jouer d'autres rôles plus originaux.  Par exemple, j'aurais aimé faire des films à caractère politique, me démarquer des histoires d'amour, interpréter les rôles d'hommes forts. J'espère que cela viendra avec le temps.

Selon vous, pourquoi les scénaristes s'interdisent ce genre de productions?

D'abord parce qu'il n'y a pas encore une émancipation. Les scénaristes n'osent pas encore parler des personnages qui ont traversé notre pays. Le jour où ils auront le courage de raconter cela, je serais l'un des premiers à camper un personnage politique.  

Quel est le personnage que vous auriez aimé camper dans une production politique?

J'aurais aimé interpréter Hassan II à l'écran, même si je ne lui ressemble pas beaucoup. Parce que j'adore ce caractère et cette personnalité : c'est quelqu'un  qui était très fort et exigeant envers lui-même et avec les autres. Pour construire un pays, il faut vraiment avoir de la poigne. Donc, il faut avoir le courage de le dire.  

Un mot sur les jeunes qui ont choisi de faire carrière au cinéma ?

Qu'ils écoutent les aînés, travaillent beaucoup et qu'ils sachent que le fait de devenir réalisateur du jour au lendemain ne suffit pas. Il faut aussi assister d'autres réalisateurs pour apprendre le métier et se faire un profil bas pour mieux apprendre. Ils ont bien du chemin à faire. 

Propos recueillis par Alain BOUITHY
Mercredi 8 Décembre 2010

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