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Entretien avec Rachid Moutchou du groupe de fusion Sahara Génération : «Nous sommes une passerelle entre l’ancienne et la nouvelle générations»




Entretien avec Rachid Moutchou du groupe de fusion Sahara Génération : «Nous sommes une passerelle entre l’ancienne et la nouvelle générations»
Révélation du Tremplin L’Boulevard, le groupe Sahara Génération (fondé en 2004) a donné récemment un concert au Complexe culturel Mohamed Hajji de Sala El-Jadida, à Salé, dans le cadre de l’Année culturelle Allemagne-Maroc, « Hallo Marokko». 

Libé : Vous avez joué dans une salle archicomble devant de nombreux jeunes en transe. Quel commentaire vous suggère cette belle ambiance ?

Rachid Moutchou : Les jeunes Marocains ont le rythme dans le sang. Ils sont toujours prêts à danser pourvu qu’ils en aient l’occasion. La fusion étant un style de musique très dansant et 100% jeunes, il n’est pas étonnant de les voir s’exhiber; la musique leur donne l’opportunité d’exprimer leurs talents. Vous avez vu comment ils étaient heureux dans la salle! Tous les jeunes, toutes catégories confondues, ont vraiment aimé, apprécié et suivi le groupe.

Vous officiez dans un style mêlant des sonorités marocaines et occidentales. Est-ce une façon de vous ouvrir au monde ? Y aurait-il un message derrière ce choix ?

Nous avons constaté que beaucoup de jeunes s’orientaient plus vers les musiques occidentales, notamment le jazz, blues, rock et reggae. Au point d’oublier la musique traditionnelle marocaine dans laquelle nos parents ont grandi. Pour équilibrer les choses, tout en restant ouverts sur le monde, nous avons choisi d’officier dans la fusion, qu’on appelle communément au Maroc « la nouvelle scène ».
Avec la fusion des styles musicaux, les jeunes peuvent écouter à la fois  les musiques d’ailleurs et de chez nous, et revenir ainsi à nos racines. Ils peuvent écouter davantage les musiques traditionnelles du Maroc, voire faire des recherches approfondies, car notre musique est beaucoup plus riche qu’on ne peut l’imaginer.

Votre choix est sans aucun doute très apprécié du jeune public. Dans la pratique, est-ce toujours évident de combiner des styles de musique au demeurant différents ?

Pas du tout évident. C’est toujours un casse-tête pour les musiciens qui doivent rapprocher les différents styles et trouver une transition entre la musique occidentale et la musique traditionnelle marocaine. Le public ne s’en rend pas compte parce que ce travail est le fruit d’une équipe de professionnels qui a trouvé la meilleure façon de combiner ces différents styles. Ils connaissent la musique, apprécient leur travail d’autant plus que cela vient de leur for intérieur. C’est quelque chose qu’ils vivent et racontent à travers leurs instruments respectifs.

Dans le cadre de ces fusions, le groupe Sahara Génération a-t-il des préférences?  Quels sont les styles musicaux qui ont votre faveur ?

Tout dépend des influences personnelles des membres du groupe. Généralement, on est plus porté sur le reggae, le jazz, pour ce qui est des musiques d’ailleurs. En ce qui concerne le Maroc, nous avons jeté notre dévolu sur la musique berbère, amazighe parce qu’on est tous des Amazighs. Nous venons du Sud du Maroc. On s’intéresse également à la musique chaâbi.
Le groupe entend tracer sa voie à travers la musique amazighe et tout ce qui est darija, comme nous l’avons fait à travers notre premier titre « Tamazight ». Qui a été diffusé sur plusieurs ondes  radios au Maroc comme à l’étranger. Ce premier single a même fait l’objet de reportage sur certaines chaînes de télévision, TV5 à titre d’exemple.

Vous devez prochainement enregistrer un nouvel album. Que nous réservez-vous dans cet opus ?

Le public peut se rassurer : nous garderons le même cap. Sahara Génération va se concentrer à 100% sur la musique amazighe d’autant que nous sommes persuadés de ne l’avoir pas totalement explorée.

Pour mieux explorer la musique amazighe, vous arrive-t-il de revisiter des morceaux des anciens ou de vous rapprocher d’eux?

Nous n’interprétons pas les anciens morceaux, mais nous nous en inspirons, notamment de la musique d’un grand maître avec ses instruments assez typiques.
En fait nous reproduisons avec un nouveau style la musique qu’on a écoutée durant notre enfance afin que d’autres jeunes l’apprécient à leur tour. Nous essayons de créer cette rencontre entre l’ancienne génération et la nouvelle.

En tant que jeune groupe, quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confrontés ?

L’absence d’infrastructures culturelles à Agadir est un sérieux problème pour notre groupe qui a du mal à trouver un espace pour les répétitions. Ce qui naturellement nous empêche de travailler comme il se doit. C’est une honte qu’une ville comme Agadir puisse manquer d’infrastructures.

Vous vous êtes produits à Salé dans le cadre de l’Année culturelle Allemagne-Maroc, quel est votre commentaire ?

Les relations entre le Maroc et l’Allemagne datent de longtemps. Et dans un esprit d’ouverture et d’échange, nous sommes très ravis de jouer devant un public enthousiaste aux côtés d’un groupe allemand. Nous sommes ouverts à toutes les cultures du monde.

PROPOS RECUEILLIS PAR ALAIN BOUITHY
Mercredi 28 Octobre 2009

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