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Entretien avec Othmane Alami, président de l'Association Alegria Chamalia : «Ce qui nous préoccupe, c'est plus la capacité hôtelière que l’organisation du Festival»




Entretien avec Othmane Alami, président de l'Association Alegria Chamalia : «Ce qui nous préoccupe, c'est plus la capacité hôtelière que l’organisation du Festival»
Chefchaouen sera en ébullition du 8 au 10 juillet prochain
à l'occasion de la 7ème édition de son jeune et très frétillant Alegria Festival de Chefchaouen. Evénement phare
de la cité bleue,
ce rendez-vous
culturel et artistique est l'œuvre de l'Association Alegria Chamalia (avec le soutien de l'Agence pour le développement du Nord) présidée par Othmane Alami. Ce dernier nous en parle.


Libé : Alegria Festival  Chefchaouen débute dans une semaine=, où en sont les préparatifs?

Othmane Alami : L'Association Alegria Chamalia a entamé depuis la fin de la précédente édition des réflexions sur les différents volets de cette 7ème édition. Les préparatifs ont donc commencé dès septembre 2009, d'abord sur les volets programmation et thématique, par la suite sur une évaluation des budgets correspondants et, petit à petit, sur les prix de réservations. Puis, l'étape finale, à savoir la collecte des budgets correspondants.
Aujourd'hui,  nous sommes à un niveau extrêmement avancé voire définitif sur ce que l'on veut présenter. Tant au niveau des groupes, les contrats sont quasiment tous signés, qu'au niveau des budgets où nous sommes à un niveau qui ne bouge plus. Aujourd'hui, les préparatifs ne sont que d'ordre technique et logistique, le gros du travail étant déjà fait.

Quelle est la particularité de cette édition?

Il y a deux réponses à cette question. La première sur le volet purement artistique et thématique. Comme nous l'avons dit lors de la conférence, le Festival se veut un événement axé sur la thématique latino-espagnole, en invitant chaque année une région, une thématique du monde au niveau musical. Les précédentes années c'était parfois le Maghreb, le raï, le rock et le bassin méditerranéen. En ce qui concerne le volet artistique, cette année nous revisitons le Moyen-Orient, en particulier le Liban.
Pour le volet organisationnel, nous souhaitons tous les ans avoir la maturité et un recul supplémentaires pour approfondir les messages et les objectifs que nous voulons au travers de cette manifestation. Et cette année, nous avons un peu plus de recul, de maturité et l'expérience pour pouvoir non seulement réfléchir à des projets, mais aussi les mettre en œuvre. Nous avons déjà organisé d'autres manifestations au cours de l'année et nous souhaiterions multiplier ce genre d'initiatives les années prochaines.

Qu'est-ce que le Festival a concrètement apporté à la ville et contribué à son développement ?

Le meilleur moyen de se rendre compte de la faiblesse de telle ou telle infrastructure, c'est de se confronter à des problèmes. Le Festival a clairement mis en exergue, dès les premières éditions, certaines faiblesses au niveau de la ville, capacité hôtelière, enclavement ou complexité des réseaux routiers qui y conduisent. C'est pourquoi,  d'année en année, nous insistons pour avoir des visiteurs qui sont parfois aussi des décideurs ou des partenaires privés.
Je pense que le Festival a fortement contribué au renforcement de la capacité de la ville. Puisque, depuis qu'il existe, une cinquantaine de maisons d'hôtes au moins ont été créées. Mais aussi au niveau de l'amélioration de la desserte  de la ville. Il y a des projets structurants qui verront le jour, hier c'était par exemple le dédoublement de la voie Chaouen-Tétouan qui est un projet extrêmement important et ambitieux. Ce n'est pas le fait directement du travail de l'Association mais il en est le résultat un peu indirect.

Vous qui êtes originaire de Chefchaouen, quels sont les atouts de cette ville?

Les atouts de la ville sont de deux types. Il y a le volet visuel et le volet sensationnel. Le visuel, c'est ce cachet très particulier que l'on voit à travers ce mélange chaux bleu turquoise dans la médina et la propreté. Le sensationnel avec ce côté détente, les gens sont gentils et pas envahissants. Les visiteurs se sentent bien et trouvent des sensations particulièrement intéressantes.

Un mot sur l'apport des autorités locales à la réussite de ce Festival ?

Le travail de notre organisation s'inscrit dans un domaine public. Donc nous ne pouvons réussir sans partenariat avec les principaux institutionnels, à savoir la ville et la province. Cela dit, les apports ne sont pas nécessairement financiers. C'est aussi les apports logistiques, institutionnels. A ce niveau nous entretenons d'excellentes relations avec ces partenaires que nous souhaitons maintenir.
La population de Chefchaouen est très pieuse. On a envie de vous demander comment cette manifestation a pu s'imposer sans heurter les sensibilités.
En fait, c'est une ville certainement pieuse tout en étant ouverte d'esprit. Je pense que les origines andalouses des familles qui ont conduit cette ville à sa création ne sont pas étrangères à cela. C'est une ville qui a toujours été marquée par l'ouverture. Les étrangers et les touristes viennent ici de manière détendue sans être agressés et sont toujours en discussion avec les habitants. Par ailleurs, le Festival ne constitue pas du tout un événement qui vient en contradiction avec le fait que les gens soient pieuses.

Cette manifestation draine d'ordinaire 40.000 festivaliers. Au regard du programme de cette année, estimez-vous en recevoir autant ou plus ?

Je pense qu'on tournera autour du même chiffre parce que malheureusement ce qui nous handicape c'est plus la capacité hôtelière que la réussite. Beaucoup de gens programment de venir à Chefchaouen mais malheureusement ne viennent pas pour uniquement des raisons de disponibilité hôtelière. Cela dit, sans donner de chiffres importants, notre objectif est que les choses continuent à croître au niveau capacité et donc de l'affluence. Car nous avons l'ambition et la forte volonté d'avoir un projet où l'échange et le partenariat sont de mise. Et, quand on discute avec tout le monde, en général on ne fait pas d'erreur.

Propos recueillis par ALAIN BOUITHY
Mercredi 30 Juin 2010

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