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Entretien avec Marcello Scuderi, directeur artistique de la Compagnie Noved Land

“Les grands auteurs ne sont jamais dépassés”




La Compagnie Noved Land a donné dernièrement une représentation de sa
création,  « Le cercle des conteurs de la Méditerranée », inspirée du recueil de contes « Décaméron » de Boccace écrit entre 1349 et 1353 et autres adaptations théâtrales de contes de la Méditerranée, à Casablanca. Et ce,
à l’invitation de l’Association Dante Alighieri et du Consulat général d’Italie.

Libé : Le public a beaucoup applaudi la prestation de la Compagnie Noved Land dont vous êtes le directeur artistique. Quel commentaire vous suggère cette réaction ?

Marcello Scuderi : C’est très particulier de jouer devant un public qui a d’autres références culturelles que les nôtres et de voir comment il réagit en fonction de sa culture et de ses références. C’est intéressant parce que les réactions ne sont pas forcément les mêmes à toutes les latitudes, le public de Paris ou de Rabat n’étant pas le même, et qu’elles vont arriver à des moments différents.

Vous avez proposé une création au thème un peu audacieux. Vous attendiez-vous à cette réaction du public ?

On ne se rend pas compte parce que l’année dernière, on a présenté un classique italien, la Locadiella, et le public a trouvé que c’était un texte féministe. On ne s’était pas rendu compte parce que l’ayant présenté en France depuis longtemps, jamais personne ne nous avait fait cette réflexion. En fait, on ne sait pas trop comment les gens vont le recevoir d’autant plus que ce sont des textes anciens.

Pourquoi avoir choisi ces thématiques ?

Le Décaméron raconte l’histoire de dix jeunes gens qui s’enferment dans une maison à Florence pour se raconter des histoires, survivre avec la poésie et l’imagination et ainsi échapper à la peste qui ravage la ville. Et ce qui m’a frappé dans ce texte de Boccace, c’est la joie de vivre, cette force d’attachement à la vie, à la sensualité, à l’échange et à l’humain. Ces personnages sont très vivants.

La pièce a été magistralement interprétée. Combien de temps vous a-t-il fallu pour la mettre sur scène ?

Cela fait plusieurs années que l’idée germait dans ma tête. Mais la phase d’écrire et d’adaptation a pris plusieurs mois, tout comme il aura fallu  plus de deux mois pour les répétitions. Le cheminement a été assez long avant de la présenter au public.

Vous êtes italien d’origine. C’est pourtant en français que vous avez choisi de présenter ce spectacle inspiré d’une œuvre italienne.

Ma compagnie vit à Paris et donc on travaille sur la dramaturgie italienne classique ou contemporaine toujours en français, parce que c’est ce que j’aime. Cela me permet d’avoir une distance entre ma culture et les gens auxquels je voudrais la présenter ; donc une autre culture, dans une autre langue.

Quel message aimeriez-vous que le public casablancais retienne de votre création ?

Je pense à la joie de vivre et de se raconter des histoires, se retrouver entre humains, se regarder dans les yeux, avoir de la poésie à échanger entre les êtres humains. C’est pour cela que je l’ai appelé  « cercle » parce que ça l’est. Il y a un passage entre les gens de ce cercle où j’ai voulu intégrer le public.

Selon vous, quelle serait la réaction du public français à la présentation de ce spectacle ?

Le public français connaît vaguement Décaméron à travers le film de Pasolini. Alors que c’est un classique en Italie : on l’étudie à l’école. On a fait une lecture de ce texte il y a quelques années. Cela s’est bien passé. C’était surtout une découverte littéraire pour les Français qui ont toutefois manifesté le plaisir de découvrir un auteur qu’ils ne connaissaient pas. Maintenant, je ne saurais vous dire ce qu’il en sera du spectacle. On va jouer la pièce prochainement à Lyon et la semaine d’après à Paris. Pour l’instant, je ne saurais vous répondre.

Est-ce facile de mettre en scène des auteurs classiques comme Boccace?

C’est facile parce qu’ils sont avant tout des êtres humains comme nous ; ils traitent des thèmes qui nous touchent tous. Ils ne sont pas hors de portée des humains. Pour  moi, les classiques, ce n’est pas quelque chose de confiné dans les rayons des bibliothèques auquel on ne peut pas toucher. Les auteurs classiques sont des êtres humains  et donc des grands humanistes qui nous apprennent beaucoup de choses que j’aimerais transmettre au public.

Propos recueillis par ALAIN BOUITHY
Jeudi 4 Juin 2009

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