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Entretien avec Khalid El Otmani, directeur du Festival d’Anfa : «Musiciens et public ont adhéré au concept»




Entretien avec Khalid El Otmani, directeur du Festival d’Anfa : «Musiciens et public ont adhéré au concept»
L’un des points forts du Festival d’Anfa, qui s’est déroulé
du 29 juillet au 1er août à Anfa, aura
été sans doute
la réintroduction d’une tradition
que bien de Casablancais avaient perdue de vue: la fantasia.
Un retour en fanfare orchestré par cet événement
qui proposait, à cette même occasion, deux soirées
musicales très bien accueillies par
le public. Pour cette
première, nous avons rencontré Khalid El Otmani, directeur
du Festival d’Anfa.

Libé : La ville de Casablanca compte déjà un grand événement culturel, le Festival de Casablanca. Pourquoi la création d’un autre et spécialement à Anfa?

Khalid El Otmani : Tout simplement parce que le Festival de Casablanca vise toute la ville. Or celle-ci compte environ 4 millions d’habitants, autant dire qu’on a vraiment besoin d’événements locaux qui peuvent prendre en compte la spécificité de chaque quartier. D’où l’intérêt de ce Festival qui permet d’animer cet arrondissement sachant que sa spécificité est d’avoir le plus grand quartier touristique de la ville, à savoir la corniche d’Aïn Diab.
Le Festival d’Anfa crée aussi, en parallèle, une animation sur la plage et tout au long de la corniche qui sont des lieux très fréquentés par des touristes nationaux et internationaux. Bien qu’il soit spécifique à ce quartier, il est ouvert à tous les Casablancais. Et cela se constate à travers le programme que nous avons concocté. Donc, sa réussite ne peut que servir l’image de la ville.

A vous entendre, il n’y avait vraiment pas d’animation à Anfa ?

Il y avait de l’animation puisque l’arrondissement d’Anfa proposait chaque année un petit festival organisé avec des moyens très restreints, au niveau notamment du Complexe culturel. Cependant, il n’y avait pas vraiment un événement de cette taille dans des espaces ouverts. C’est dire combien cet événement est intéressant pour le quartier et pour les habitants, d’autant qu’il fera connaître le quartier à l’échelle nationale, mais aussi la ville de Casablanca, puisque les gens viendront se défouler à la corniche avec l’intention de voir les différentes activités proposées par le Festival. Et découvrir des traditions qu’on ne rencontre plus à Casablanca. Le Festival compte une partie traditionnelle, le moussem, et tout ce qui va avec.

Le volet tradition est-ce le point fort du Festival ?

Sans aucun doute. Ce Festival a la particularité d’avoir pu assurer la renaissance du Moussem, avec le spectacle de fantasia, 14 ans après sa disparition de la scène locale. Savoir que les Casablancais n’auront plus besoin de chercher ailleurs pour revivre ce spectacle est déjà un signe de succès  de cet événement.
A ce propos, on ne saurait remercier notre partenaire, l’Association Anfa de Tbourida fantasia, qui a fait un gros travail pour rendre cela possible. Elle a fait un excellent travail qui a permis de donner à ce Festival une facette traditionnelle et moderne. Car aucun autre Festival à Casablanca ne propose cette partie de notre patrimoine.

A-t-on retrouvé cette spécificité dans la programmation?

Nous avons concocté un programme dans lequel tout le monde devait s’y retrouver, en tenant compte du fait que la population d’Anfa est très variée et que cet arrondissement abrite le centre-ville. Nous avons donc proposé la musique populaire à l’ouverture avec Haj Abdelmoughit, parce que sa musique colle bien à la tradition du Moussem et rappelle celle tradition de la région de Casablanca. Avec Raissa Fatima Tihihit, nous avons voulu offrir au public une ambiance amazighe. Le groupe Haoussa et Mayara Band représentent la nouvelle scène. Le côté orchestral, on l’a retrouvé avec Khaoula Benamrane, Hatime Ammor et Layla El Berrak. Tout avait donc été pensé pour que les festivaliers soient bien servis.

Les musiciens avaient-ils facilement adhéré à votre initiative?

Sincèrement oui. Nous n’avons pas eu de difficulté à les convaincre, ils ont tout de suite adhéré au concept. Pour la petite anecdote, un des artistes a dû faire des pieds et des mains pour se produire au Festival d’Anfa tout en voulant honorer un engagement pris dans la même soirée ailleurs, parce qu’il tenait à nous donner un coup de main.

Le bilan est-il satisfaisant ?

C’est un bilan positif vu les maigres moyens dont nous disposions. Si je devais évoquer la première soirée musicale, on a estimé à 20.000 personnes présentes ce soir-là. Ce qui est gigantesque vu le peu de temps qu’il nous a fallu pour monter ce projet.

A quoi pourrait ressembler la prochaine édition ?

Pour des raisons financières, nous avons dû annuler une partie du Festival. A savoir l’organisation d’une grande exposition de produits du terroir que devaient animer 40 coopératives issues de toutes les régions du Maroc. Mais les contraintes financières et le temps dont nous avions besoin pour cela ne l’ont pas permis. Nous allons donc revenir sur ce projet lors de la prochaine édition.

C’est un Festival dédié au quartier Anfa, ce qui laisse le champ libre à des partenariats avec d’autres événements culturels du Maroc ?

Au niveau national, nous attendons d’avoir le feedback avant de penser aux partenariats. On veut d’abord savoir comment les autres ont perçu ce concept et ce qu’en pensent les gens. Au niveau international, nous avons déjà eu des propositions d’un pays arabe bien avant même que le Festival ait commencé. Mais nous n’en dirons pas plus pour le moment.

PROPOS RECUEILLIS PAR ALAIN BOUITHY
Lundi 9 Août 2010

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