Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Entretien avec Hassan Haouideg “La situation à Dakhla est favorable au projet d’autonomie”




Entretien avec Hassan Haouideg  “La situation à Dakhla est favorable au projet d’autonomie”
Hassan Haouideg est
un acteur associatif et
politique de la région d’Oued Eddahab-Lagouira. L’association dont
il est directeur
administratif,
à savoir celle de la Régionalisation avancée
et d’autonomie
de la région Oued Eddahab-Lagouira (ARAAROEL) est l’une des associations les plus actives de la défense de l’intégrité
territoriale du pays.
A ce titre, il était membre de la délégation
marocaine ayant participé à la quatrième Commission  de l’ONU lors de sa 67ème session où il avait fait un
plaidoyer en faveur de la proposition marocaine d’autonomie interne
et de régionalisation
avancée pour les provinces
sahariennes.
Libé l’a rencontré
et lui a demandé de nous
donner son opinion
sur la situation à Dakhla. Il nous a brassé un tableau qui démontre
l’engagement des
populations de la région dans le projet d’autonomie, d’une part et fait
également état de
l’essor que connaît la ville, tant sur le plan
économique que culturel
et sportif.


Libé : Vous êtes un  acteur politique et associatif de la région. Quelle est la situation politique de votre région ?

Hassan Haouideg : On peut dire que la situation politique dans notre région est celle que connaissent tous les pays qui découvrent les avantages de la démocratie mais qui en découvrent aussi les inconvénients. Car la démocratie comporte, aussi des contraintes et des limites auxquelles il faut s’adapter. Quand vos enfants ne peuvent pas aller en classe, à cause d’une grève des enseignants, quand la rue est bloquée par une marche revendicative, quand la presse exprime les points de vue des autres qui ne sont pas forcément positifs. Ce sont là des inconvénients que la démocratie vous impose. Mais quand vous avez la liberté de dire ce que vous pensez, d’élire qui vous voulez, de dénoncer tel ou tel comportement, de voyager là où bon vous semble, ce sont des libertés que les Marocains découvrent et apprécient.

Que pouvez-vous nous dire sur la cause nationale, à savoir le problème du Sahara?

Je peux vous dire que dans notre wilaya, il y a une unanimité totale pour dénoncer l’ingérence de l’Algérie dans nos affaires maroco-marocaines. Cette ingérence, l’Algérie ne la cache pas et fait tout, avec ses réserves de pétrodollars qui se comptent par centaines de milliards pour nuire au Maroc. Ce, au moment où le Maroc fait tout pour se rapprocher de l’Algérie afin de conjuguer leurs efforts pour l’émergence de ce Maghreb que nous attendons tous avec impatience, Marocains, Algériens, Mauritaniens, Libyens ou Tunisiens, sans exception.
Je vous confirme que lors de la 67ème session de la quatrième Commission de l’ONU à laquelle j’ai pris part, nos frères algériens ont agi, comme d’habitude, pour faire échec à nos interventions devant cette Commission, en embrigadant des associations irlandaises et autres pour soutenir les thèses du Polisario dont la présence ne dépassait pas son seul représentant. Mais il savait d’avance que la marraine Algérie était là. Par conséquent un seul homme suffit.
Si l’initiative marocaine d’autonomie a été bien accueillie par la plupart des pays du monde, notamment les grandes puissances, les gouvernants algériens ne veulent pas ouvrir les yeux et comprendre que le monde est devenu un village où il n’y a pas de place pour les micro-Etats. Je peux, cependant, affirmer que nous n’avons pas de contentieux  avec le peuple algérien dont tout nous rapproche  et avec lequel nous avons des liens de sang, de langue et de religion. Sans parler de la force économique que constituera le démarrage effectif du Grand Maghreb.  

Quelle est la situation économique de Dakhla ?

Dakhla est aujourd’hui l’une des villes marocaines les plus attrayantes. Elle est d’un grand intérêt pour toutes sortes d’investisseurs. Avec son potentiel, son climat et sa nature, elle attire de plus en plus de touristes qui viennent de tous les pays du monde. Les grands efforts consentis par les autorités locales ont fait de Dakhla la plus moderne des villes du Sud. Elle n’a rien à envier aux villes centenaires du Royaume. On peut dire que d’antan, il y avait la perle du Nord, sans concurrence, qu’est Tanger. Aujourd’hui, elle doit se tenir sur ses gardes, car la perle du Sud qu’est devenue Dakhla, risque de lui dérober beaucoup de ses visiteurs. La vision que les autorités locales et les élus ont pour notre ville, va la mettre au diapason des plus importants centres touristiques et économiques du pays. Quand vous voyez qu’à partir de notre désert marocain, d’importantes quantités de fruits et légumes sont exportées vers tous les pays du monde, vous serez comme moi convaincu que Dakhla est bien partie. Le secteur des pêches qui était le plus important pôle économique de la ville  n’est, désormais, qu’un élément de l’économie de celle-ci. Les infrastructures  que vous n’avez manqué de voir, les grandes places, avec leurs fontaines, les larges avenues éclairées, le nouvel aéroport aux normes internationales, le beau palais des congrès et l’éradication de l’habitat insalubre sont des réalisations qui sont à mettre à l’actif de la vision de l’actuelle équipe, en charge des affaires de la ville. C’est une ville qui bouge. Rien que cette semaine, la ville a connu d’intenses activités : colloque des pharmaciens,  Festival du cinéma, Challenge cycliste, entre autres.

Quel message voulez-vous adresser aux dirigeants algériens?

Je voudrais dire à nos frères du peuple algérien que nous n’avons pas de contentieux avec eux et qu’ils resteront des frères avec lesquels tout nous unit, mais dont les gouvernants font tout pour nuire à nos intérêts communs. Je ne citerai comme exemple de cet acharnement que leur obstination à fermer les frontières terrestres entre les deux pays. Sans parler des séparatistes qu’ils continuent d’héberger et d’entraîner militairement. Ce qui est loin de servir les populations algériennes ou la paix dans la sous-région qui fait face au fléau  du terrorisme et qui ne peut être combattu qu’en conjuguant les efforts de tout le monde. 

Ahmadou El-Katab
Mardi 5 Mars 2013

Lu 1365 fois


1.Posté par je te felicite notre frere hassan pour l''''explication et ta propre reponse pour la proposition marocaine d''''autonomie interne et la regionalisation le 29/08/2013 00:48
je te felicite notre frere hassan pour l'explication et ta propre reponse pour la proposition marocaine d'autonomie interne et la regionalisation

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs