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Entretien avec Driss Aboulfadl, tête de liste USFP à la circonscription de Guéliz-Ennakhil : “Marrakech est capable de concilier entre le touristique et l’industriel”




Entretien avec Driss Aboulfadl, tête de liste USFP à la circonscription de Guéliz-Ennakhil : “Marrakech est capable de concilier entre le touristique et l’industriel”
«Nous comptons faire de Marrakech, en tant que région, non seulement une opportunité de
travail pour les habitants, mais aussi pour les
diplômés chômeurs des autres villes et régions».

Libé : Quelles sont les grandes lignes de votre programme électoral ?

D. Aboulfadl : Mon programme est pratiquement le même que celui du parti. Un programme que reflète sa philosophie politique et la ligne éditoriale prônée par tous ses journaux. L’objectif est d’avoir un pays démocratique moderne, une société qui répond parfaitement aux normes de cette modernité pour arriver à un vrai développement humain, basé sur une conscience politique et démocratique qui permet l’éclosion du vrai citoyen, celui qui connaît ses droits et ses devoirs.

Qu’en est-il des spécificités de la ville que vous représentez?

Quand on parle d’un système central, nous parlons de système bureaucratique, et nous avons toujours évoqué la notion de la région, de la nécessité de la doter d’une marge plus large de gérance et de liberté pour la construction d’un système régional- national qui va dans le sens de la construction d’un système national fort.  Si nous parvenons à créer un vrai système régional, à donner toutes les prérogatives possibles à la région afin de prospérer et se développer, on va créer une concurrence entre les différentes régions au lieu de se rapporter toujours au centre. On va par la même occasion créer des élites régionales qui donneront à leur tour des élites nationales. Si nous voulons maintenant parler de Marrakech en tant que capitale de cette région, on va confirmer d’abord sa position de ville touristique par excellence, vu sa situation géographique, sa notoriété aussi bien sur le plan national qu’international. Malheureusement, on doit reconnaître qu’on n’a pas bâti une industrie touristique, en complémentarité avec l’artisanat, le commerce touristique, la culture, l’agriculture, le tourisme de montagne et d’autres secteurs qui touchent à ce domaine, sans oublier le chômage des jeunes, surtout ceux porteurs de diplômes. On doit penser par exemple à construire des unités hôtelières qui entrent dans le cadre des petites et moyennes entreprises. Nous comptons faire de Marrakech, en tant que région, non seulement une opportunité de travail pour les autochtones, mais aussi pour les diplômés chômeurs des autres villes et régions. Il nous est aussi possible de créer un pôle industriel, car Marrakech est capable de concilier entre le touristique et l’industriel, à condition que les responsables soient conscients de ce que cela peut demander en termes de financement. En somme, la ville ocre ne peut pas être uniquement touristique, il faut qu’il y ait un certain équilibre entre les différents secteurs, et pour cela, pour l’industrie par exemple, il faut penser à baisser les impôts imposés au domaine, car l’emplacement de  Marrakech n’est pas le même que celui de Berrechid, qui est proche de Casablanca, de la mer et ainsi de suite. Je voudrais dire par cela que chaque région a ses spécificités, en fonction desquelles il faut la traiter différemment des autres.

Sur un autre plan, avez-vous constaté des irrégularités lors de votre campagne?    

Je ne parlerai pas d’irrégularités, mais plutôt de problèmes. La campagne se fait sur deux plans différents, celui de la ville et celui de la campagne. Pour ce qui est de la ville, on déplore malheureusement un manque de débats concernant les programmes, les idées, ce qui fait qu’on ressent une certaine froideur au niveau des discussions électorales. On déplore aussi le parti pris des citoyens par rapport à ce débat et par rapport aux élections en général. Il faut que ces derniers s’impliquent de manière positive, et j’espère que ces jours qui nous séparent du vendredi nous seront suffisants pour les convaincre d’aller massivement aux urnes. En ce qui concerne la campagne, il faut savoir que les gens participent aux élections, mais ils ont besoin d’être sensibilisés pour que leur acte soit citoyen.

A votre avis, quelle est la cause de cette frilosité?

Certains partis politiques malheureusement ne s’inscrivent pas complètement dans ces débats de programmes. Se contenter de la distribution des tracts n’est pas suffisant, il faut engager de vraies discussions pour s’approcher des gens.

Certaines personnes appellent au boycott. Qu’en pensez-vous?

Le boycott est plus difficile que la participation. Seulement, il faut que cela parte de programmes, d’arguments persuasifs et non pas de simples appels à la non participation pour remplir les rues, pour des raisons qu’ils sont les seuls à connaître. Ceux qui appellent au boycott doivent présenter une alternative parce qu’ils sont responsables devant les citoyens. Aujourd’hui au Maroc, grâce aux efforts entrepris par tous, on est sorti du Printemps arabe avec le minimum de dégâts possible. Mais, on est sorti avec une Constitution prometteuse qui met le train sur des rails démocratiques, et nous sommes, à l’USFP, conscients du fait qu’on doit œuvrer pour la construction d’une société démocratique et d’une élite capable de mener à bien son programme.  

En cas de victoire, est-ce que vous avez pensé à des alliances?

On ne peut pas parler d’alliances aujourd’hui. Moi, je vois la chose comme suit: jeudi qui précède les élections, on aura pour tâche de sensibiliser les citoyens au bon déroulement de l’opération, de les aider dans leurs choix pour l’éclosion des élites nationales compétentes. Vendredi, c’est le jour du vote, le citoyen doit assumer sa responsabilité en donnant sa voix en fonction de ses propres convictions. Samedi sera le jour des alliances, à partir bien sûr des résultats des urnes. Dans toutes les démocraties, il ne peut pas y avoir d’alliances avant le scrutin. Avant les résultats, on peut parler de rapprochement, peut-être de promesses, mais pas plus. Sur le plan régional, c’est autre chose. Là, on peut parler de lobbys, ce qu’on appelle les lobby de la ville, ou de la région. En tant que parlementaires de la même ville par exemple, on doit faire pression pour que le budget de la région, ou ce qu’on appelle la part de la région, soit étudié en fonction de certaines spécificités. Là, c’est logique que les élus de la ville se mettent ensemble pour défendre la part de la région.

Propos recueillis par KHALIL BENMOUYA
Jeudi 24 Novembre 2011

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