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Entretien avec Ana Alcaide, violoniste espagnole : «J’ai besoin de ressentir les origines»




Entretien avec Ana Alcaide, violoniste espagnole : «J’ai besoin de ressentir les origines»
Réunies sous
le signe
«Femmes
de la Méditerranée»,
la violoniste
Ana Alcaide
et la chanteuse marocaine Ilham Loulidi ont offert trois concerts bien accueillis lors du dernier Festival des deux rives. La jeune Espagnole
s’est confiée
à Libé.

Libé : Vous jouez d’un étrange instrument, le «Nyckelharpa». Pouvez-vous nous le présenter ?

Ana Alcaide : C’est vrai que cet instrument paraît bizarre, il n’est pas du tout commun. Son origine est médiévale. Et c’est en Suède  que je l’ai découvert la première fois avant de l’adapter au répertoire sépharade. Mis à part cet instrument, mes musiciens et moi jouons aussi à d’autres instruments très proches de ceux qu’utilisent les musiciens d’Ilham Loulidi.

Quelques mots sur votre collaboration avec Ilham Loulidi…

A travers cet échange musical, on essaie de trouver des interconnexions musicales entre les deux dans le cadre de ce Festival, mais aussi de pouvoir rapprocher les peuples de la Méditerranée par le biais de l’art et la culture. Nous le faisons  avec de la musique  et le fait que nous ne parlions pas la même langue ne nous a pas empêchés de construire un dialogue ensemble.

Vous avez fait des études de biologie. Comment êtes-vous retrouvée dans la musique ?

(Rire) Effectivement j’ai fait des études de biologie. Il se trouve qu’après avoir découvert le «Nyckelharpa» en Suède, j’ai eu envie de me replonger dans la musique. La chance a fait le reste: j’ai commencé à avoir des concerts et à construire ma carrière.

Vous avez vécu une expérience particulière en chantant dans la rue. Pouvez-vous nous en dire plus ?

J’habite à Tolèle, une très belle ville touristique d’Espagne qui m’a beaucoup inspirée et surtout permis de créer ma musique. Cette ville compte une forte population sépharade qui a conservé sa culture très présence notamment dans les quartiers juifs. Elle m’a toujours donné envie de chanter dans ses rues pour transmettre ce que je fais et ai appris. En plus des concerts que je donne un peu partout.

Quand on a connu une telle expérience, quelle perception a-t-on du public? Le voyez-vous autrement?

Tout est complètement différent dans la rue. On est en contact direct avec le public, la relation est plus vivante et naturelle. Contrairement à un concert où, quand bien même il n’y aura pas de barrière, on se sent éloigné du public qu’on ne peut voir ni apprécier la réaction. Le contact n’est pas direct.

Vous jouez dans la rue, comme à l’ancienne époque, avec un instrument d’époque. Ne seriez-vous pas attachée à tout ce qui est ancien?

(Rire) Peut-être ! Dans tous les cas, j’aime bien cette époque, j’ai surtout besoin de me ressourcer, sentir les origines, les racines.

Ce choix exige une recherche permanente pour justement retrouver ces racines. Est-ce un exercice facile?

Ma musique n’est pas totalement pure même si elle puise dans un contexte d’époque.  Je m’inspire d’une musique ancienne pour créer quelque chose de beaucoup plus personnel.

Votre carrière prend véritablement son envol en 2006. Quatre ans après, êtes-vous satisfaite de votre choix?

Oui, je suis très satisfaite. Parce qu’au fil des années et des spectacles, j’ai beaucoup évolué et appris de choses. C’est un cheminement personnel, un apprentissage constant. Car, il n’y a personne pour vous dire ce que vous devez faire.

Très peu de jeunes se retrouvent dans la musique ancienne, dit-on. Partagez-vous cet avis?

Il ne s’agit certes pas de musique commerciale. Pourtant, je peux vous confirmer que bien de gens et particulièrement les jeunes l’écoutent, l’apprécient et ont une bonne opinion d’elle. Ce sentiment d’indifférence auquel vous faites allusion est surtout dû à un manque d’information. Parce que quand je joue dans la rue, je remarque que les gens sont heureux.

Quel message adressez-vous au public lors de vos concerts?

Rêver. Je pense que le plus important dans un concert, c’est de s’offrir un moment d’évasion, de rêve.

PROPOS RECUEILLIS PAR ALAIN BOUITHY
Lundi 8 Février 2010

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