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Entretien avec Alymana Bathily, coordinateur de l’AMARC : Les médias communautaires contribuent à la diversité, à la pluralité et à la démocratisation




Entretien avec Alymana Bathily, coordinateur de l’AMARC : Les médias communautaires contribuent à la diversité, à la pluralité et à la démocratisation
Il n’a pas de radio communautaire. Mais il coordonne la structure qui supervise tout
le tissu des radios existant dans 33 pays en Afrique. Sociologue en matière des médias
à la retraite, il cordonne les actions et le réseau de l’AMARC (formation, pilotage, accompagnement), dans l’objectif
d’améliorer le professionnalisme et l’apport communicationnel, mais aussi pour
contribuer aux processus démocratiques dans ces pays. Voici l’entretien réalisé à Marrakech, avec ce sociologue sénégalais, en marge des travaux du projet «Médias communautaires».


Libé : Quel bilan faites-vous des radios communautaires en Afrique ?

Alymana Bathily : Elles se multiplient de plus en plus. Au Sénégal, l’on compte à peu près 80 radios, au Congo 300, au Mali 200, en Afrique du Sud 200… bref, la plupart des pays disposent d’une réglementation permettant la création de radios communautaires de proximité. D’autres pays comme le Maroc, le Nigeria, la Mauritanie … n’en disposent pas encore et se trouvent du coup privés de cet outil d’expression et de communication.
Il faut d’abord comprendre qu’il s’agit de radios appartenant à des communautés particulières : jeunes, femmes, coopératives, corporations … on a des radios communautaires dans 33 pays en Afrique. L’idée et l’esprit de l’AMARC c’est d’aider, d’accompagner et de fédérer ces radios, en les poussant à contribuer à la démocratisation et au développement social et économique du paysage dans lequel elles exercent.

Est-on arrivé à une expérience de développement à la faveur de ces radios ?

Moult expériences à cet effet. Au Niger à titre d’exemple, ces radios ont joué un rôle prépondérant dans les campagnes de vaccination, au Sénégal, on les a vues  mobiliser, sensibiliser et même contrôler de manière indirecte les élections, car cela évite les fraudes. Et, dans ces dernières années où nous vivons au rythme de changements climatiques accentués, les radios communautaires jouent un rôle majeur dans la sensibilisation et l’information, notamment en matière de mesures de précautions et des techniques agricoles.

Plusieurs observateurs craignent l’instrumentalisation des radios communautaires par des forces conservatrices et même obscurantistes ?

Effectivement, c’est une crainte qui  est légitime et cela arrive que les radios communautaires soient détournées de leurs fins, pour des raisons et objectifs politiques, mais, il ne faut pas exagérer ces peurs, étant donné la mise en place de lois et règlements bien concis et précis, de telle manière que la radio soit utilisée par les bénéficiaires, comme c’est le cas de plusieurs radios en Amérique latine par exemple. L’on conçoit les médias communautaires uniquement comme outil de diversité, de pluralité et de démocratisation.

La question du budget pose-t-elle problème ?

Certainement, il est souvent très difficile de survivre. Pour cela, les radios et leurs bénéficiaires se sont battus dans plusieurs pays et ont même négocié les conditions de leur survie. Aussi réclament-elles un accès à la manne publicitaire à raison de 20% de leur chiffre d’affaires, des subventions des fonds de l’Etat, afin d’appuyer leurs programmes et bien évidemment, il y a aussi cette base fondamentale qu’est le volontariat de la part de la communauté.

Comment évaluez-vous la dynamique lancée ici au Maroc grâce au projet porté par E-joussour et le FMAS ?

C’est la troisième fois que je viens ici à Marrakech pour prendre part aux travaux qui s’inscrivent dans le cadre du projet « Médias communautaires ». Je pense que la dynamique est actuellement sur le bon chemin. L’on voit ainsi que les professionnels, académiciens, juristes et ONG sont mobilisés, afin de lutter pour un paysage médiatique pluriel, diversifié et libéralisé. Le plaidoyer pour des médias communautaires est sur la bonne voie. C’est très encourageant comme mouvement, d’autant plus que cela est diversifié. Cela me rappelle d’autres dynamiques en Afrique, comme le Nigeria, le Zimbabwe et l’Afrique du Sud.

Propos recueillis par Mustapha Elouizi
Mardi 5 Juin 2012

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