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Entretien avec Abderrahmane Azzouzi, secrétaire général de la FDT

“Nous refusons que la résorption de la crise économique se fasse au détriment des pauvres et particulièrement la classe ouvrière”




Entretien avec Abderrahmane Azzouzi, secrétaire général de la FDT
«L’unité syndicale pour la dignité, la liberté et la justice sociale ». On aurait aimé voir le  1er Mai  2013 célébré dans un tout autre climat et une toute autre ambiance que ceux marqués aujourd’hui par cette morosité engendrée par le blocage d’un dialogue social biaisé par la faute d’une majorité qui a oublié ses promesses électorales et qui a tendance à confondre dialogue et monologue.
Vous avez dit crise ? « Nous refusons que la résorption de la crise économique se fasse au détriment des pauvres, particulièrement la classe ouvrière », dira Abderrahmane Azzouzi, secrétaire général de la FDT.



Libé : Comment jugez-vous l’invitation du chef du gouvernement à prendre part à une réunion du dialogue social ?

Abderrahmane Azzouzi : L’invitation des syndicats les plus représentatifs par Abdelilah Benkirane pour prendre part, samedi dernier, à une soi-disant réunion du dialogue social a été la goutte qui a fait déborder le vase. C’est une attitude irrespectueuse, c’est le moins que l’on puisse dire. Inviter les centrales à la dernière minute et à quelques jours de la Fête du travail est le comble du ridicule. Cette initiative est la preuve que l’Exécutif manque de respect aux syndicats.

Que reprochez-vous à l’ordre du jour qui vous a été soumis ?

C’est un ancien ordre du jour. Il manque de crédibilité, parce qu’il est identique à celui sur lequel on s’est mis d’accord avec le gouvernement lors de notre dernière réunion. C’est un ordre du jour qui n’est pas en mesure d’apporter ou de donner un coup de pouce aux négociations, si l’on peut les qualifier ainsi. Car le gouvernent a réussi à vider ce dialogue de sa substance, à le transformer en séances d’écoute et à le réduire, au final, à un monologue.

Qu’en est-il du boycott des autres centrales syndicales ?

Dans le cadre de la concertation et l’élan de coordination de nos relations, nous avons décidé, CDT et FDT, de boycotter cette réunion, et ce pour plusieurs raisons.
La réaction de l’UGTM et de l’UMT ne s’est pas fait attendre. Les deux syndicats ont pris, eux aussi, la même position et fait part de leur  décision, via des correspondances respectives, de ne pas participer à cette réunion. A l’instar de la CDT et la FDT, l’UGTM et l’UMT ont plaidé pour l’institutionnalisation du dialogue social avec la tenue de deux sessions en avril et en septembre. Les quatre centrales ont été unanimes donc à boycotter cette rencontre jugée inutile et une tentative pour le gouvernement de gagner du temps et se faire médiatiser et partant indure en erreur l’opinion publique.   Nous sommes appelés à élargir davantage  le champ de coordination et de concertation entre toutes les composantes syndicales, et ce pour l’intérêt de la classe ouvrière marocaine.  

En quoi les festivités du 1er Mai de cette année seront-elles différentes des précédentes ?

L’absence d’un dialogue sérieux et responsable pèsera de tout son poids sur les festivités du 1er Mai.  Et bien entendu, cela n’empêchera aucunement la classe ouvrière de réitérer son attachement à l’intégrité territoriale de notre pays.  
Il n’est pas sans rappeler que le 1er Mai de cette année se tient dans une conjoncture des plus moroses marquée par une série de mesures impopulaires décidées de manière unilatérale par un gouvernement qui n’arrive pas à mettre en œuvre l’opérationnalisation de la Constitution et à tenir ses promesses faites à cor et à cri avant et après son investiture.
Le 1er Mai de cette année se tient également dans une conjoncture de crise à tous les niveaux. Politique, économique et sociale, la crise est là et ses répercussions sont patentes. Nous refusons que la résorption de la crise économique se fasse au détriment des pauvres, et particulièrement la classe ouvrière.  Nous mettons en garde le gouvernement contre toute mesure irréfléchie qui ne prend pas en compte les conditions sociales fort inquiétantes.

Entretien avec Abderrahmane Azzouzi, secrétaire général de la FDT

Propos recueillis par Larbi Bouhamida
Mercredi 1 Mai 2013

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