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Entretien avec Abdelali Maazouz, délégué de l’Entraide nationale à Essaouira : “Les établissements sociaux ont connu une vraie mise à niveau”




Entretien avec Abdelali Maazouz, délégué de l’Entraide nationale à Essaouira : “Les établissements sociaux ont connu une vraie mise à niveau”
Abdelali Maazouz est délégué de l’Entraide nationale à Essaouira. Docteur en sociologie, il est le mieux placé pour analyser et
contextualiser
les problématiques sociales qui
constituent le champ de bataille de cette administration qui connaît une vraie mutation au niveau des modes de gestion, des stratégies, des programmes et des moyens. Classée en tête des zones
enclavées du Royaume, la province d’Essaouira
a bénéficié de
plusieurs projets et
programmes sociaux axés sur l’intervention de l’Entraide
nationale.

Libé : Nous constatons  une vraie dynamique  de rationalisation, de modernisation et d’extension du champ d’action de l’Entraide nationale. Quel bilan dressez-vous pour la province d’Essaouira ?

Abdelali Maazouz : Depuis sa création en 1957, l’Entraide nationale a assuré des services dédiés aux couches sociales les plus vulnérables. Aujourd’hui, elle entreprend un chantier de modernisation de ses mécanismes et modes de fonctionnement en vue d’améliorer la qualité de ses services au profit desdites couches. A cet effet, une stratégie de lutte contre la pauvreté a été élaborée en partenariat avec différents intervenants, notamment le pôle social constitué de l’Entraide nationale, du ministère de la Solidarité, de la Femme et de la Famille et de l’Agence de développement social. Cette stratégie se base sur un travail de proximité  axée sur l’appui scolaire, la formation et l’intégration des jeunes non scolarisés, l’assistance des personnes nécessiteuses et l’amélioration de l’ingénierie sociale. Elle a été couronnée par la signature d’un partenariat à Béni Mellal en 2006 qui a permis la création de 2755 établissements sociaux en 2009 assurant des services à 263.323 bénéficiaires. A cet effet, 20 établissements sociaux ont été créés dans la province d’Essaouira : maison de l’étudiante et de l’étudiant, centre des personnes à handicaps mentaux, maison du citoyen, centre d’accueil des enfants abandonnés, et un  centre  social multi- fonctionnel qui assure des services pour les femmes et enfants victimes de violence. Ces réalisations conjuguent la priorité accordée aux personnes en situation de vulnérabilité, les femmes surtout, dans le cadre de l’approche genre  à travers  un programme basé sur le renforcement des compétences professionnelles des femmes, et la réintégration des filles dans la vie scolaire. Tout en assurant le soutien et l’accompagnement requis aux enfants en situation difficile.

Dans le cadre de l’amélioration de la qualité des services des établissements sociaux, la loi 14.05 s’est fixé pour objectif leur mise à niveau sur le plan logistique, pédagogique, administratif et financier. Quel a été son impact sur les établissements sociaux à Essaouira ?

La loi 14.05 qui joint le qualitatif au quantitatif avait pour objectif la mise à niveau des structures existantes pour les rendre compatibles aux normes requises au niveau des structures d’accueil, l’encadrement, et la gestion administrative et financière. Une mesure juridique qui a orienté toutes les créations par la suite par le biais d’un constat institutionnel participatif, l’organisation de rencontres régionales pour sensibiliser les différents intervenants à l’esprit de cette loi, la création de commissions centrales et provinciales pour le suivi des dossiers de demandes d’ouverture de nouveaux établissements sociaux, le renforcement des compétences des staffs administratifs et pédagogiques desdits établissements à travers des sessions de formation et l’élaboration de guides de procédures administratifs, financiers, pédagogiques et sociaux.
La province d’Essaouira n’était pas en reste, puisque ses établissements sociaux avaient connu une vraie dynamique de mise à niveau : adaptation des nouvelles créations aux normes dictées par la loi,  organisation de sessions de formation au profit des principaux intervenants, création d’un comité provincial pour l’approbation des demandes de création et le suivi du fonctionnement. De ce fait, les demandes de création de nouvelles structures sociales ont été satisfaites à 100%, d’une manière qui a largement contribué à la lutte contre la déperdition scolaire, notamment des filles  au milieu rural.
Toutefois, il faut noter la surdensité dans certains établissements de soutien social dans certaines zones qui manifestent autant de besoins. Un constat qu’on pense résoudre par la création de nouvelles structures ou l’extension de celles existantes.

Ces dernières années, Essaouira avait bénéficié de la création de plusieurs structures sociales à l’adresse des femmes et des enfants en situation difficile. Comment évaluez- vous ces acquis ?

Effectivement, après la création du centre d’accueil des enfants abandonnés, Essaouira s’est dotée du centre Ibtissama qui assure un soutien et un accompagnement social au profit des femmes et enfants victimes de violence. Ce centre réalisé sur 750 m2 et constitué d’un espace multifonctionnel pour les femmes et une unité pour la protection de l’enfance est le fruit d’un partenariat entre l’INDH (950 millions pour la  construction), le ministère de tutelle (300 millions pour les équipements) et l’Entraide nationale. Ce centre dispense plusieurs services : accueil, écoute, hébergement, accompagnement et renforcement des compétences des victimes. Les indicateurs sont encourageants. 140 victimes sont prises en charge par le centre de soutien des femmes, et 160 enfants sont accompagnés par l’unité de protection de l’enfance. Toutes ces réalisations ne sont que le fruit de la synergie des moyens et programmes des différents acteurs locaux qui se sont accordés sur la mise en place d’une chaîne de services au profit des catégories vulnérables. 

Propos recueillis par Abdelali Khallad
Samedi 17 Mars 2012

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